01:33
RC Lens-Losc : Comment les supporters des deux clubs préparent ce derby si spécial
FOOTBALL•Le RC Lens reçoit son voisin lillois vendredi (21 heures) dans un derby du Nord à huis clos mais pas sans passionFrançois Launay
L'essentiel
- Le 112e du derby du Nord aura un gros enjeu sportif vendredi entre Lens qui joue l'Europe et Lille qui joue le titre.
- Un match auquel les supporters des deux clubs ne pourront pas assister en raison du contexte sanitaire.
- Du coup, chaque camp rivalise d'imagination pour encourager ses joueurs.
Elles ont fleuri dimanche matin dans les rues du Vieux-Lille. Des affiches collées au mur sur lesquelles on distingue la caricature de trois joueurs lensois (Leca, Clauss et Kakuta) et un mot d’ordre « Eclatez-les ». Premiers à dégainer, les supporters lensois ont lancé en chambrant le 112e derby du Nord face au Losc qui se déroule ce vendredi (21h) au stade Bollaert. Pour le plus grand bonheur des joueurs concernés comme Gaël Kakuta.
« C’est beau, ça fait plaisir, même si on a modifié un peu mes tatouages (sourire). Je n’ai pas de tête de mort sur moi. Ce sont des messages qui motivent », reconnaît l’attaquant du RC Lens. Il faut dire que le contexte est très particulier à trois journées de la fin. Entre un Losc, leader de Ligue 1, qui joue le titre et des Sang et Or (5e) en lice pour une qualification en Ligue Europa, l’enjeu n’a jamais été aussi important dans un derby du Nord. « Il y a eu déjà des derbys décisifs pour la relégation mais jamais pour le titre si près de la fin de saison. C’est clairement historique », confirme Olivier Brochard, co-auteur du livre Histoires des derbys Lens-Lille
Kakuta chambre, Yilmaz n'apprécie pas
Un enjeu tel qu’il galvanise aussi les joueurs des deux équipes bien décidés à se chambrer avant un match ultra important. Premier à avoir ouvert le bal, le Lensois Gaël Kakuta n’a pas caché jeudi qu’il aimerait bien que le PSG soit sacré champion de France à la place du rival régional, actuel leader de Ligue 1. « Si on peut priver Lille du titre, ce serait beau » a ainsi lâché l’attaquant du RC Lens.
Une sortie médiatique qui n’a pas plu à Burak Yilmaz. L’attaquant lillois n’a pas mâché ses mots envers son adversaire. « Je connais bien le joueur. C’est un très bon joueur, expérimenté. Par rapport au respect, il aurait dû garder ça pour lui. En plus la semaine dernière, ils ont joué contre Paris et ils ont perdu », a fait remarquer le Kral.
Un cortège en voiture pour les fans du Losc, à pied pour ceux du RC Lens
Lancé sur le terrain, le derby n’aura malheureusement pas lieu en tribunes à cause du contexte sanitaire. Le premier Lens-Lille à Bollaert depuis 2010 se jouera donc à huis clos. « C’est nul », regrette Kakuta. Alors, histoire de participer quand même à la fête, les fans des deux camps rivalisent d’imagination pour faire oublier leur absence du stade.
A Lille, plusieurs centaines de fans feront vendredi en voiture une partie du trajet entre Lille et Lens en suivant le bus des joueurs depuis le domaine de Luchin où font fleuri ces derniers jours des banderoles d’encouragement. « On a décidé de proposer ce cortège pour accompagner le bus le plus loin possible. Ça permet de pousser les joueurs et de respecter les règles sanitaires en étant chacun dans sa voiture. On veut que les joueurs sentent qu’on est derrière eux », explique Julien, administrateur de la page Facebook «Des sièges rouges pour le Grand Stade»
A Lens, la ferveur sera aussi de mise. Jeudi après-midi, plusieurs centaines de fans se sont donnés rendez-vous devant le centre d’entraînement de la Gaillette pour encourager les joueurs avant le derby. Et vendredi, juste avant le match, un grand rassemblement est annoncé devant l’hôtel des joueurs pour accompagner le bus pendant les 600 mètres qui séparent l’hôtel du stade. « Il y aura beaucoup, beaucoup de monde. Ça s’enflamme beaucoup. Il y a un engouement très fort », annonce Norman Noisette, président de la fédération Lens United qui réunit de nombreux groupes de supporters lensois.
La frustration de ne pas être au stade pour vivre ça
A condition que la préfecture autorise ces rassemblements, la fête sera donc de mise vendredi du côté des supporters des deux clubs. Même si ce genre d’action ne fera pas oublier la frustration d’une saison passée dans le canapé. « C’est un déchirement surtout quand on voit l’enjeu sportif. Ça fait dix ans qu’on n’a pas eu de derby à Bollaert. Paris et Marseille ne me font pas rêver mais Lille ça me fait vibrer. Si on peut les empêcher d’être champions, je veux bien qu’on finisse 7e sans Coupe d’Europe. Et puis on a l’affront de l’aller à laver (4-0). Ça fait une semaine que je suis en transe », se marre Norman Noisette.
Au Losc, on espère remporter le derby pour se rapprocher d’un titre que les supporters espèrent pouvoir fêter comme il se doit. En cas de sacre, l’idée d’un défilé en péniche sur la Deûle serait dans les cartons. « Il y aura des choses. On parle d’un titre quand même », lâche Julien.
Du côté du RC Lens, on attend avec impatience la fin des restrictions sanitaires pour rattraper le temps perdu depuis un an. « Il faudra venir le jour du premier match à Bollaert à jauge pleine. On a la montée en Ligue 1 de l’an passé à fêter, cette saison à fêter, la (possible) qualification en Coupe d’Europe à fêter. On n’a rien fait depuis un an. Il y a personne dans le stade alors qu’on fait la plus belle saison depuis vingt ans. C’est rageant », reconnaît le président de Lens United. Pas besoin de préciser qu’une victoire dans le derby ferait mieux passer la pilule de cette saison si spéciale.


















