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Mais pourquoi Burak Yilmaz n'a-t-il débarqué qu'à 35 ans en Europe ?

Losc : Mais pourquoi Burak Yilmaz n’a-t-il débarqué qu’à 35 ans en Europe ?

FOOTBALLL'attaquant turc brille cette saison sous les couleurs de Lille en Ligue 1
François Launay

François Launay

L'essentiel

  • Décisif dimanche soir à Lyon, l’attaquant turc brille cette saison au Losc.
  • A 35 ans, Yilmaz vit pourtant sa première expérience dans un club européen hors Turquie.

Ses deux buts et sa passe décisive dimanche soir à Lyon n’ont pas fait des heureux qu'au Losc. Depuis le début de saison, c’est toute la Turquie qui bombe le torse devant les performances de Burak Yilmaz ​en Ligue 1. « Nous, les Turcs, on est très solidaires quand un joueur part à l’étranger. On le soutient quoi qu’il arrive. Surtout qu’on avait des doutes qu’il réussisse à l’étranger à 35 ans », raconte Atakan Anil, spécialiste du football turc et fondateur du compte Twitter SüperLig, consacré au championnat turc.

A l’exception d’une saison en Chine plus lucrative financièrement que sportivement, le Kral (le roi) n’avait jamais quitté la Turquie. Révélé en 2006 à Besiktas alors entraîné par un certain Jean Tigana que Yilmaz considère comme son père, l’attaquant est devenu prophète en son pays malgré un sens particulier de la fidélité.

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« Il s’est toujours bien senti à Istanbul »

« Burak Yilmaz, c’est une immense carrière. Il a joué dans les quatre gros clubs turcs (Besiktas, Galatasaray, Fenerbahce, Trabzonspor), il a été meilleur buteur du championnat turc, il a fait des supers perfs en Ligue des champions avec Galatasaray. S’il a eu des propositions avant Lille, il s’est toujours bien senti à Istanbul », raconte Ibrahim Alci, président de l’association Franco-Turcs du Nord.

Pourtant à l’issue d’une saison 2012/2013 où il avait inscrit sept buts avec Galatasaray en Ligue des champions, son départ vers un club européen prestigieux semblait évident. « Quand il a brillé en Ligue des champions avec Galatasaray, tous les Turcs ont cru qu’il allait rejoindre un cador européen. Mais il aime aussi beaucoup son pays où il est très respecté. C’est d’ailleurs un grand regret de ne pas l’avoir plus tôt en Europe », concède Atakan Anil.

Revenu en Turquie en 2017 après son escapade pékinoise, Yilmaz s’apprêtait à finir sa carrière sur les bords du Bosphore avec le brassard de capitaine d’un Besiktas qui a toujours été son club de cœur.

Sa rencontre avec Campos a tout déclenché

Mais une rencontre avec Luis Campos va tout faire basculer. Après l’échec inattendu de la prolongation de contrat de Loïc Rémy fin juin 2020, le directeur sportif du Losc se met à la recherche d’un attaquant d’expérience en plein cœur de l’été. Agent du joueur, Hassan Torun a raconté lundi soir sur RMC les coulisses de son arrivée dans le Nord.

« Luis Campos est venu passer dix jours avec moi à Istanbul. Il a réussi à le convaincre de quitter Besiktas pour venir à Lille ce qui n’est pas évident. Burak est vraiment venu à Lille pour Luis Campos et le projet qu’il lui a présenté. Il a trouvé les mots justes. Campos est très fort. Et la venue de Burak au Losc n’a rien à voir avec l’argent », a insisté l’agent.

Une communauté turque au Losc

« Campos a été le déclic », confirme Ibrahim Alci. « Il l’a persuadé du rôle important qu’il pouvait jouer au Losc avec sa hargne et son aura. Et Burak s’est fixé un dernier objectif dans sa carrière en essayant de performer dans un club à l’étranger » poursuit ce Nordiste devenu proche du joueur depuis son arrivée au Losc.

Un autre argument de poids a aussi beaucoup joué en faveur du club nordiste. Avec la présence de ses compatriotes Zeki Celik et Yusuf Yazici, Yilmaz savait qu’il ne débarquerait pas en terre inconnue.

Tranquille dans sa vie lilloise loin de la folie stambouliote

Enfin, la tranquillité d’une vie de famille lilloise avec sa femme et ses deux filles, loin, très loin de la folie stambouliote a fini de faire pencher la balance. Traqué à Istanbul pour tous ses faits et gestes ; le Kral est beaucoup moins embêté dans la capitale des Flandres. « En Turquie, il ne peut pas se déplacer comme il veut. Ici, les gens ne le reconnaissent pas forcément tout de suite donc il peut se promener sans problème au centre commercial. Mais il n’est pas non plus dans l’anonymat », assure Ibrahim Alci.

En même temps, avec 12 buts et 5 passes décisives en 24 matchs de Ligue 1, compliqué pour lui de rester discret. Sous contrat au Losc jusqu’en juin 2022, Yilmaz n’est pas encore sûr de rester dans le Nord la saison prochaine. Tout dépendra d’une fin de saison où le Kral rêve de décrocher un titre de champion avant d’aller disputer l’Euro en tant que capitaine d’une belle équipe de Turquie. A presque 36 ans, la retraite n’est pas encore d’actualité.