Roland-Garros : « Nous avons été surpris par cette annonce »… Quelles conséquences du report pour les autres tournois ?

TENNIS Le tournoi du Grand Chelem parisien se jouera avec une semaine de décalage cette année, ce qui empiètera sur la saison sur gazon

Nicolas Camus

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Une des allées menant au court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, le 1er octobre 2020.
Une des allées menant au court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, le 1er octobre 2020. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
  • La FFT a annoncé ce jeudi le report d'une semaine de l'édition 2021 de Roland-Garros. 
  • Grâce à ces quelques jours d'attente supplémentaire, les organisateurs espèrent pouvoir accueillir plus de spectateurs - et accessoirement proposer des services hospitalités à ses partenaires. 
  • Ce report a toutefois des conséquences sur d'autres tournois qui devaient se jouer avant ou juste après, et notamment les premiers de la saison sur gazon. 

Cette fois, la FFT a mis les formes. Un an après s’être mis une bonne partiedu monde du tennis à dos en annonçant toute seule dans son coin le report de Roland-Garros de mai à septembre, la Fédération a mené un large tour de table avant de bouger ses dates pour l’édition 2021. Pas de grand saut du printemps à l’automne, mais un décalage d’une semaine pour le tournoi du Grand Chelem parisien, qui se déroulera du 30 mai au 13 juin.

Cela ne semble pas grand-chose, mais dans un contexte sanitaire qui évolue chaque semaine, ces quelques jours de rab rapprocheront peut-être Roland de ce qu’il est en temps normal. « Ce report devrait nous permettre d’optimiser nos chances d’accueillir des spectateurs, estime le nouveau président Gilles Moretton dans le communiqué envoyé par la Fédé. Que ce soit pour les fans, les joueurs mais aussi pour l’ambiance, la présence du public est essentielle au tournoi. »

Une ouverture pour les hospitalités ?

Personne n’a envie de revivre le Roland tristoune de septembre-octobre dernier, avec des joueurs en doudoune sur le court et des gradins désespérément vides. Question d’image et de finances. Comme le faisait remarquer L’Equipe jeudi, l’objectif du gouvernement est de rouvrir les terrasses mi-mai et de permettre aux restaurants de servir en intérieur à partir du 1er juin. De quoi espérer pouvoir proposer les si importantes « prestations hospitalités » aux entreprises et sponsors intéressés.

Interrogée sur cette perspective, la FFT n’a pas souhaité donner suite dans l’immédiat. « Nous continuons de travailler avec les services de l’Etat afin de mettre au point les conditions d’organisation les plus adaptées sur le plan sanitaire et les protocoles sanitaires », nous a fait savoir la Fédération, qui n’a « pas d’autres éléments à donner ».

Ce report n’est toutefois pas sans dommages collatéraux, évidemment. Notamment sur la saison sur herbe, qui sera amputée d’une semaine. Il n’y aura que quinze jours entre la finale de Roland-Garros et le début de Wimbledon. Si la FFT a effectivement discuté avec l’ATP, la WTA et le Grand Slam Board (l’organe représentatif des quatre tournois majeurs), les infos ne sont pas toujours redescendues jusqu’aux tournois impactés par ce changement de calendrier. « Nous avons été surpris par cette annonce, nous a répondu le groupe allemand e/motion, organisateur du tournoi ATP de Stuttgart, censé lancer la saison sur gazon des messieurs du 5 au 13 juin. Roland-Garros a mis l’ATP et son conseil d’administration devant le fait accompli. »

Sans aller jusque-là, les dirigeants du tournoi WTA de Nottingham, qui concerne les femmes aux mêmes dates, indiquent qu’ils se voient obligés de « réfléchir à une éventuelle modification de [leur] calendrier ». Pour les tournois qui devaient se dérouler juste avant la première semaine de Roland, en revanche, l’horizon pourrait se dégager un peu. Des joueurs et joueuses pourraient être tentés de parfaire leur préparation avant de rejoindre Paris.

« On est tous dans le même bateau »

Les ATP 250 de Genève et Lyon sont dans ce cas. « On peut imaginer que certains joueurs qui ont l’habitude de couper un peu avant un Grand Chelem se disent qu’ils peuvent venir chez nous tout en gardant une semaine ensuite pour se préparer, note le directeur du tournoi suisse Thierry Grin auprès de 20 Minutes. Mais on ne table pas trop là-dessus non plus. Pour l’instant nous n’avons pas le droit d’accueillir des spectateurs. Sans billetterie, le prize money diminue et il n’est pas toujours facile d’attirer des têtes d’affiche. »

Dès la nouvelle du report, ce dernier s’est entretenu longuement avec les propriétaires du tournoi, remporté notamment deux fois par Stan Wawrinka (2016 et 2017). « Pour l’instant, on n’envisage pas de changer de date, dit-il. Mais les choses pourraient évoluer. »

Stan Wawrinka aime parfois venir jouer à la maison avant de se rendre Porte d'Auteuil.
Stan Wawrinka aime parfois venir jouer à la maison avant de se rendre Porte d'Auteuil. - Martial Trezzini/AP/SIPA

En tout cas, il n’en veut pas au tournoi parisien d’avoir chamboulé le calendrier. « Les intérêts d’un Grand Chelem sont au-dessus, ce sont les quatre Majeurs qui sont primordiaux dans une saison, estime Thierry Grin. Maintenant, on est tous dans le même bateau. Que vous soyez Roland-Garros ou un ATP 250 à Genève, vous travaillez pour le tennis, pour que tout le monde s’en sorte. On n’a pas envie que le bonheur des uns fasse le malheur des autres. »

Malmené depuis plus d’un an maintenant, le tennis, comme tous les autres sports, tente de s’organiser au mieux. « On navigue à vue par rapport à tout ça », résume le directeur suisse. Alors si tout le monde fait des efforts pour travailler ensemble, c’est toujours mieux. « La WTA et l’ATP travaillent en liaison avec toutes les parties impliquées par le report afin d’optimiser le calendrier avant et après Roland-Garros pour les joueurs, les tournois, les fans », ont d’ailleurs assuré les deux instances dans un communiqué commun, jeudi.