Ligue 1 : L’OL ou le Losc peut-il priver le PSG d’un nouveau titre de champion ?

FOOTBALL Alors que la Ligue 1 reprend ce mercredi après dix jours de trêve, l'OL et le Losc devancent le PSG au classement

Francois Launay

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Le Lyonnais Depay et le Lillois Sanches rêvent de priver le PSG du titre
Le Lyonnais Depay et le Lillois Sanches rêvent de priver le PSG du titre — Francois Lo Presti/AP/SIPA
  • Premier et deuxième de Ligue 1 après 17 journées, Lyon et Lille rêvent de briser l’hégémonie du ¨PSG.
  • Les deux équipes semblent armées pour disputer le titre aux Parisiens.
  • Même si la tâche paraît très compliquée.

Ça faisait des plombes que pareil suspense n’était plus arrivé en Ligue 1 au début d’une année civile. Au moment de reprendre le championnat ce mercredi pour le compte de la 18e journée, le PSG n’est pas leader au classement, ni même second. Un point devant lui, deux trouble-fêtes mènent la danse. Lyon (1er) et Lille (2e) ont le même nombre de points (36) et un seul but d’écart à la différence de buts (+ 20 pour Lyon, + 19 pour Lille).

A mi-saison ou presque, Lillois et Lyonnais sont-ils vraiment capables de durer et de priver Paris d’un nouveau titre de champion ? Les raisons d’y croire existent tout comme celles qui ne laissent aucun espoir.

Oui, parce qu’ils sont en pleine confiance

Une seule défaite en 17 matchs de Ligue 1. Le rythme imposé par l’OL et le Losc en tête du championnat donne le tournis. Seulement battu à Brest en novembre, Lille est constant et impressionnant depuis le début de saison. A l’inverse de Lyon, les Dogues ont aussi joué en Ligue Europa en semaine. Un rythme fou qui ne les a pas empêchés de se qualifier brillamment pour les seizièmes de finale tout en jouant les premiers rôles au niveau national. « Ils ont montré des matchs super solides dans le contenu. Je pense que c’est l’équipe la plus armée pour rivaliser avec le PSG cette saison », lâche d’emblée Grégory Tafforeau, ancien capitaine du Losc (2001-2009) devenu consultant sur France Bleu Nord.

De son côté, l’OL a pris un peu plus de temps pour décoller. Après avoir digéré leur belle demi-finale de Ligue des champions au cœur de l’été, les hommes de Garcia ont d’abord ronronné avant de s’envoler. L’OL n’a plus perdu depuis une défaite à Montpellier (2-1) le 15 septembre. Trois mois et demi et 14 matchs de rang sans défaite qui vous posent un prétendant au titre. Hasard ou coïncidence, la dernière fois que l’OL avait rivalisé quasiment jusqu’au bout avec Paris (saison 2014/2015), le club rhodanien ne jouait pas non plus la coupe d'Europe

Oui, parce que leur effectif est taillé pour le titre

Quand on regarde les effectifs des deux équipes, les failles sont peu nombreuses. A Lyon, c’est sans doute le milieu de terrain qui impressionne le plus. Avec cinq joueurs de très haut niveau (Paqueta, Aouar, Mendes, Guimaraes, Caqueret) pour trois places, Rudi Garcia a l’embarras du choix. « Tout le monde est concerné avec une seule compétition à jouer cette saison. Il y a une grosse concurrence en interne qui pousse ceux qui jouent moins à hausser leur niveau », estime Jean-Marc Chanelet, double champion de France avec l’OL en 2002 et 2003.

Du côté du Losc, les attaquants semblent interchangeables entre Yilmaz, Yazici, Bamba, Ikoné ou encore David. « Il y a beaucoup de profils différents ce qui fait que quand tu fais tourner, tu ne perds pas de qualité dans le jeu. C’est un très gros collectif », apprécie Tafforeau.

Oui, parce que leurs entraîneurs sont expérimentés

S’il n’a jamais fait l’unanimité depuis son arrivée à l’OL, Rudi Garcia a réussi à redonner un peu de lustre au club rhodanien depuis son arrivée en 2019. En trouvant la bonne formule cette saison avec ce 4-3-3, le technicien, qui sera en fin de contrat en juin prochain, se veut sans doute revanchard.

« Il a su encaisser les coups qu’on lui a donnés il y a trois mois quand on critiquait le jeu de l’OL Aujourd’hui, il tient quelque chose et ne veut pas le lâcher. Le fait qu’il soit décrié et qu’il ne sente pas que tout le monde soit derrière lui pour une prolongation doit décupler son envie d’amener son groupe au titre de champion », assure Chanelet.

Arrivé à Lille en décembre 2017, Christophe Galtier n’a jamais semblé aussi sûr de sa force. Son 4-4-2 fait plier tout le monde ou presque cette saison. « Quel que soit l’adversaire, Galtier reste sur ses principes. Il oblige les autres à s’adapter à lui. C’est une vraie preuve de confiance en soi », reconnaît Tafforeau.

Non, parce que le mercato hivernal peut venir tout foirer

Revendu à la surprise générale en décembre dernier, le Losc a vu ses têtes dirigeantes changer du jour au lendemain. Exit Gérard Lopez, place désormais à Olivier Létang à la présidence. Des bouleversements internes qui pourraient avoir leur incidence au mercato. Officiellement, aucun joueur n’est partant. Mais si une grosse offre arrive pour un joueur phare comme Renato Sanches ou Sven, Botman, il sera difficile de faire la fine bouche. « Il ne faudrait pas que ça vienne un peu enrayer la machine », avertit Tafforeau.

Non, parce qu’un Paris en confiance est au-dessus de tout le monde

Même en étant irrégulier, même en ayant déjà perdu quatre fois en Ligue 1, même en jouant mal, le PSG n’est qu’à un point de Lille et Lyon. Et l’arrivée de Mauricio Pochettino sur le banc pourrait bien vite remettre les Parisiens sur orbite. « Quand un nouvel entraîneur arrive, tout est remis à plat. Ça crée toujours une émulation y compris chez les stars qui doivent montrer et prouver ce qu’elles valent. Ça va peut-être leur permettre de repartir sur leur rythme des saisons passées » estime Jean-Marc Chanelet. Et briser les rêves lillois et lyonnais.