L'avenir se dessine en bleu pour Vincent Collet

Stéphane Marteau

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C'était le 1er octobre dernier, quelques semaines après le crash de l'équipe de France lors des qualifications à l'Euro 2009. Alors que son nom n'apparaissait pas encore parmi les prétendants à la succession de Michel Gomez, Vincent Collet confiait son amour des Bleus et n'écartait pas l'idée d'en prendre un jour la direction. « On verra en temps voulu, mais j'aime l'équipe de France ». Ce temps-là semble arrivé puisque le coach de l'Asvel rencontrera samedi Yvan Mainini, le président de la fédération française, pour évoquer le sujet (lire encadré).

A 45 ans, le Normand a suffisamment fait ses preuves avec Le Mans et aujourd'hui l'Asvel pour prendre en main les destinées de la sélection nationale, une consécration pour ce vrai passionné de basket. Un sport qu'il a découvert tout petit grâce à son père très investi dans le club de Montivilliers.

En dépit d'un physique peu athlétique, Vincent Collet a réalisé une belle carrière au plus haut niveau, avec en point d'orgue un titre de champion de France obtenu avec Le Mans en 1982. Mais c'est en tant qu'entraîneur qu'il a acquis ses lettres de noblesse, toujours au sein du club de la Sarthe où il a succédé en 2000 à son mentor, Alain Weisz. Vainqueur des trois compétitions nationales (Coupe de France en 2004, Semaine des As et Championnat de France en 2006) et élu coach de l'année en 2001 et 2004, Vincent Collet a révélé de jeunes pousses prometteuses telles que Yannick Bokolo, Alain Koffi et Nicolas Batum. A Villeurbanne, où il a débarqué cet été, il a permis à Ali Traoré de franchir un cap et d'en faire un candidat crédible au poste de pivot en équipe de France.

Loué pour la qualité du basket proposé par ses différentes équipes, Vincent Collet insiste sur l'aspect défensif et prône le sens du partage et du collectif. Des valeurs sur lesquelles il ne devrait pas transiger s'il venait à diriger l'équipe de France où il devra réussir l'amalgame entre les différentes générations. Et plus particulièrement celle des joueurs évoluant en NBA. Toutefois, l'actuel coach de Villeurbanne a l'avantage d'avoir pratiqué certains d'entre eux (Tony Parker, Boris Diaw et Ronny Turiaf) à l'époque où il était adjoint d'Alain Weisz en sélection nationale. C'était lors de l'Euro 2003 en Suède qui s'était soldé par une défaite face à l'Italie lors de la finale pour la 3e place synonyme d'absence aux JO 2004. Une expérience qui lui a laissé un goût amer et qui le motive d'autant plus à réussir à la tête des Bleus. ■