Tour de France 2020 : « Il vaut mieux ça que pas de Tour de France du tout ! » Comment les spectateurs vivent la course à Nice

REPORTAGE Le départ fictif de la deuxième étape du Tour de France s’est déroulé au cœur du centre-ville de Nice, ce dimanche à quasi huis clos. Masques et distanciations sociales sont obligatoires pour cette 107e édition

Olfa Ayed

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Un public masqué assiste au départ fictif de la deuxième étape du Tour de France, avenue de Verdun à Nice.
Un public masqué assiste au départ fictif de la deuxième étape du Tour de France, avenue de Verdun à Nice. — O. Ayed / 20 minutes / ANP
  • Ce dimanche se déroulait la deuxième étape du Tour de France à Nice, soumise à des règles sanitaires strictes à cause du contexte d’épidémie mondiale de Covid-19.
  • Les cyclistes ont parcouru 186 kilomètres et quatre cols durant cette étape de grimpe.

« C’est frustrant on se dit que des fois ça serait mieux derrière la télé », soupire Karim, en vacances sur la Côte d’Azur. Le jeune homme et sa compagne, Soumia, tentent de voir les coureurs dans l’interstice situé entre deux grandes plaques noires qui séparent le public des cyclistes du Tour de France.

Cette année, la 107e édition est bien particulière. En temps d’épidémie de Covid-19, le contact entre les coureurs et le public est absent du départ fictif qui se déroulait à quasi-huis clos sur l’avenue de Verdun, dans le centre-ville de Nice, ce dimanche.

Quelques curieux tentent de voir les coureurs sur le départ par l'interstice situé entre deux plaques noires.
Quelques curieux tentent de voir les coureurs sur le départ par l'interstice situé entre deux plaques noires. - O. Ayed / 20 minutes / ANP

Mais quelques badauds, attirés par les haut-parleurs tentent de voir par les fentes des panneaux noirs. « Ah, ils sont là ! », crie le speaker à trente minutes du départ.

A l’annonce de Julian Alaphilippe, des applaudissements. « J’ai fait plusieurs Tour de France mais c’est mon premier départ. Les mesures sanitaires ne me gênent pas. Il n’y a pas de déception particulière. Il fait beau on assiste à l’ambiance, c’est bien », positive Valérie, habitante de Nice.

Le départ approche, la dizaine de spectateurs se transforme en une petite cinquantaine. De çà et là, on entend parler quelques Italiens venus pour l’occasion, mais on est loin du public international présent lors des courses. « On est dans des circonstances particulières, en contexte de Covid, on ne va pas se plaindre », réagit Etienne venu assister au top départ de l’étape de montagne. Les cyclistes s’en vont parcourir 186 kilomètres et quatre cols atteignant des hauteurs de plus de 1.500 mètres.

135 euros pour non-port du masque

Masqué, divisé par petits groupes, le public se colle aux plaques noires, le top départ approchant. Loin, bien loin de l’effervescence traditionnelle, les curieux tendent leur téléphone à la recherche d’une photo. « C’est quand même mieux comme ça plutôt qu’il n’y ait pas de Tour de France du tout, concède Rami. Aujourd’hui, on voit le départ et à notre retour à Paris, on espère voir l’arrivée en espérant qu’il y en ait une… ».

Le speaker a débuté le compte à rebours, certains filment, d’autres sifflent puis applaudissent. Derrière, des policiers surveillent. Eux aussi sont masqués. Le non-port du masque – rendu obligatoire dans la ville depuis le 20 août – expose à une amende de 135 euros. « Globalement, le port du masque et la distanciation sont respectés, annonce un représentant de la police nationale. Parfois il y a des oublis, mais des rappels à l’ordre suffisent ».

Du côté du Fan Parc, on compte tout de même plus de 4.500 visiteurs au total ce dimanche, d’après les sols connectés, installés pour l’occasion par une entreprise suisse, afin de respecter la jauge de sécurité de 450 personnes en simultané. Signe que l’intérêt pour le Tour de France est toujours là.