Harcèlement sexuel : Le patineur Morgan Ciprès définitivement relaxé en France

ACCUSATION Pour la commission disciplinaire de la Fédération française des sports de glace, « la matérialité des faits poursuivis » est « non établie en preuve »

20 Minutes avec AFP

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Le patineur Morgan Ciprès lors des Mondiaux de Milan, le 28 mars 2018.
Le patineur Morgan Ciprès lors des Mondiaux de Milan, le 28 mars 2018. — Luca Bruno/AP/SIPA

Morgan Ciprès peut souffler et reprendre l’entraînement plus sereinement. Le patineur français, soupçonné d’avoir envoyé des photos obscènes à une mineure fin 2017, a été relaxé par la commission disciplinaire de la Fédération française des sports de glace (FFSG) qui ne fera pas appel.

La Fédération n’a pas eu connaissance d’une plainte

Dans sa décision rendue mardi, la FFSG indique qu’il « n’a été porté [à sa] connaissance (…) ni plainte de la victime présumée ni élément de nature à établir l’existence d’une procédure pénale ». De plus, il « ne figure au dossier aucun élément objectif (photographies, messages, lettre…) de nature à établir la preuve de l’infraction reprochée ». Ainsi, une « décision de condamnation ne saurait ressortir des seules coupures de presse et de la lettre d’un avocat américain adressée à la FFSG pour l’inviter à contacter son assureur », ajoute la commission, pour qui « la matérialité des faits poursuivis » est « non établie en preuve ».

Morgan Ciprès, champion d'Europe 2019 avec Vanessa James, en couples, est soupçonné d’avoir envoyé deux photos de son sexe à une jeune patineuse de treize ans. L’avocate de la jeune fille, Andrea Lewis, a regretté « une décision scandaleuse ». Selon elle, la FFSG « démontre qu’elle se préoccupe davantage de l’argent que d’enfants victimes, en ignorant des preuves accablantes, mais aussi des dommages physiques et émotionnels infligés à une jeune fille par quelqu’un qu’elle admirait et en qui elle avait confiance ». L’affaire pourrait donc ne pas en rester là aux Etats-Unis.

Scandales dans le monde du patinage français

La commission disciplinaire avait été saisie le 23 avril par la nouvelle présidente de la FFSG, Nathalie Péchalat, élue mi-mars après la démission de Didier Gailhaguet, emporté par le scandale des violences sexuelles qui a secoué le patinage français début 2020.

Dans une décision distincte rendue lundi, la commission de discipline s’est aussi déclarée incompétente à l’égard de l’ancien entraîneur Gilles Beyer pour les faits de viol dont l’accuse l’ancienne patineuse Sarah Abitbol au début des années 1990. Il n’était en effet plus titulaire d’une licence à la FFSG au moment où elle a statué en juillet. L’ancien entraîneur fait par contre toujours l’objet d’une enquête du parquet de Paris, notamment pour « viols ».