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SEXISMEDeux journalistes sportives témoignent du harcèlement qu'elles ont subi

Deux journalistes sportives témoignent du harcèlement qu'elles ont subi

SEXISME
Dimanche sur Twitter, Tiffany Henne et Andréa Decaudin ont livré leurs témoignages sur le harcèlement moral dont elles ont été victimes dans le passé
Une journaliste sportive, en décembre 2015. Photo d'illustration.
Une journaliste sportive, en décembre 2015. Photo d'illustration. - Charly TRIBALLEAU / AFP
Fabien Randanne

F.R.

«L’un de mes rédacteurs en chef s’est « amusé » pendant plusieurs années entre mes 20/21 ans et mes 24/25 ans à présumer de mon orientation sexuelle pour ensuite s’en moquer publiquement quotidiennement. »

Ce dimanche, sur Twitter, la journaliste Tiffany Henne a témoigné de son expérience au sein du service des sports d’une rédaction où elle a travaillé dans le passé. Elle a notamment raconté le « pire » moment du harcèlement moral dont elle a été la cible.

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« [Le rédacteur en chef] m’a enfermé dans une salle avec un collègue pour que j’avoue que j’aimais les filles et que je devais le faire pendant qu’il me filmait avec son téléphone. (…) Je sais pas combien de temps ça a duré mais hyper gênée j’ai fini par dire « Oui j’aime bien les filles j’ai plein d’amies. » Il m’a dit : « Parfait j’ai ce qu’il me faut, je couperai la fin » », a-t-elle écrit.

« J’ai supplié pour ne pas donner son nom. J’ai dû le faire »

La journaliste sportive, qui travaille aujourd’hui chez RMC Sports, explique qu’elle a fini par parler lors d’un entretien avec une nouvelle direction. « Ils ont dû me tirer les vers du nez et j’ai supplié pour ne pas donner son nom. J’ai dû le faire. J’ai supplié pour qu’il n’ait pas de sanction, je savais que ça allait me retomber dessus. Il a pris un avertissement », avance Tiffany Henne. Le rédacteur en chef n’en a pas pour autant présenté d’excuses. « Il continuait les attaques publiques mais c’était différent. « Je ne fais plus de blague sinon y en a qui vont me balancer à la direction », etc », déplore la jeune femme.

Quelques heures plus tard, Andréa Decaudin, chroniqueuse au sein de la rédaction « bienveillante » de Télé Matin, a elle aussi livré son témoignage de son passage au service des sports d’un autre employeur. « Tu nous sers plus à rien, va donc nous chercher des cafés », lui aurait ainsi lancé un rédacteur en chef qui, lors d’un entretien annuel, lui aurait reproché de ne pas être « normale » et de ne pas avoir « le bon état d’esprit ». Des propos qui ont nui à son estime de soi.

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« Comment affronter une nouvelle journée de travail, d’antenne, de direct, dans de telles conditions ? Ce même [chef] qui, une autre fois alors que je m’apprêtais à prendre l’antenne, m’a dit droit dans les yeux : « Je devrais être à ta place, c’est moi qui devrais faire de l’antenne, pas toi », s’est remémoré Andréa Decaudin sur Twitter.

Ces nouveaux témoignages s’ajoutent à celui de Clémentine Sarlat qui, il y a deux semaines dans L’Equipe avait raconté le harcèlement moral qu’elle a subi lorsqu’elle travaillait à Stade 2 sur France 2. « J’ignorais cette situation et j’ai engagé immédiatement une enquête, avait réagi ensuite Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, auprès du quotidien sportif. Le harcèlement est intolérable (…). L’égalité entre les femmes et les hommes est un combat que je ne lâcherai pas. »

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