Ligue 1 : Recalé par la LFP pour une L1 à 22, Amiens veut continuer à se battre

FOOTBALL L’histoire n’est pas encore terminée

B.V.

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Le président d'Amiens Bernard Joannin avant l'audience devant le Conseil d'Etat, le 4 juin 2020.
Le président d'Amiens Bernard Joannin avant l'audience devant le Conseil d'Etat, le 4 juin 2020. — FRANCK FIFE / AFP
  • Le conseil de l'administration de la LFP a repoussé l'idée d'une Ligue 1 à 22 clubs
  • Amiens, comme Toulouse, en fait les frais
  • Les dirigeants du club n'ont pas encore dit leur dernier mot

C’est mardi que tout devrait être acté. Pas vraiment connue pour faire dans la cabriole, l’Assemblée générale convoquée par la LFP devrait valider la décision prise vendredi par son conseil d’administration de bloquer la Ligue 1 à 20 clubs, laissant Amiens​ et Toulouse sur l’aire d’autoroute. Une conclusion justifiée après un « examen approfondi des enjeux d’une Ligue 1 à 20, 21 ou 22 clubs sur le calendrier des compétitions 2020-2021 », comme lui avait demandé le Conseil d’Etat début juin, en même temps qu’il décidait de suspendre les relégations des 19e et 20e du championnat au moment de l’arrêt de la saison.

Pour en arriver donc à l’impossibilité de faire rentrer 42 journées de Ligue 1 dans une année déjà bien chargée et chambardée par la crise sanitaire. A quoi s’ajoute le refus de la plupart des clubs de diluer la somme perçue sur les droits télés avec deux clubs supplémentaires.

« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, réagit l’avocat d’Amiens, Me Olivier Martin. Il y a une volonté de la Ligue de ne pas organiser une Ligue à 22. Ce n’est pas vraiment une surprise ». C’est d’ailleurs pour ça que le club se dit déjà « prêt » pour la suite. A Toulouse, et même si l’avocate du club, Me Claire Rameix-Séguin, expliquait à la Dépêche du Midi attendre de savoir « si le club voulait ou pas continuer le combat », on prépare aussi déjà la suite.

« Infaisable »

Quelle pourrait-elle être ? Un nouveau recours auprès du Conseil d’Etat, si bien sûr l’Assemblée générale de mardi va dans le sens attendu. « Le seul endroit où l’on peut avoir une discussion loyale, c’est devant le juge, explique l’avocat amiénois. Notre stratégie sera de lui dire qu’en réalité, la Ligue n’a pas répondu à l’injonction qui lui a été faite car sa décision de garder le format à 20 a été prise sur des éléments contestables ». En clair, l’impossibilité de faire rentrer les 42 journées dans le calendrier, alors qu’Amiens avait présenté quatre scénarios en prouvant la faisabilité.

Parmi les points d’achoppements centraux : les toutes premières semaines de la saison, alors que la date de reprise est fixée tard, au 23 août. « Les services de la Ligue ont regardé les calendriers, arriver à caser 82 matchs en plus c’est impossible, expliquait Raymond Domenech, membre du CA de la Ligue, sur la Chaîne l’Equipe. Si nous étions partis début août, ça se débattait, ça se discutait. Maintenant, c’était infaisable. »

Le mois d’août, bonne ou fausse excuse ?

Me Martin reconnaît une « compression » sur le mois d’août, en grande partie à cause des tours préliminaires de Coupe d’Europe et désormais le « Final 8 » de la Ligue des champions, mais espère toujours qu’on puisse démarrer le championnat avant, pour libérer quelques dates. « Il n’y a pas eu, à ce jour, de décision officielle sur la date de reprise du championnat, poursuit-il. Nous maintenons que nous avons présenté des calendriers qui répondent au format à 22. Mais je ne crois pas que ce soit l’argument n° 1 dans les décisions qui ont été prises. »

La dilution des droits TV, le calcul de leur distribution pour les matchs supplémentaires, le spectre d’une saison à quatre relégations ou encore la peur de voir de nouveaux recours émerger en ont été d’autres. « Le discours de dire “on ne peut pas”, cela veut dire qu’on est le seul pays qui n’a pas été capable de s’adapter à une situation exceptionnelle, conclut Olivier Martin. Certains pays ont été capables de finir leur championnat, d’être inventifs, ingénieux pour satisfaire tout le monde. L’UEFA, en trois semaines, s’est organisé pour faire un format de compétition. Et nous on n’est pas capables de faire quatre matchs de plus ? »