Top 14: Le comité d'éthique de la FFR sermonne la Ligue sur l'affaire du salary cap de Montpellier

RUGBY La Ligue qui avait elle-même critiqué la décision de la Fédé

N.C. avec AFP

— 

Le demi d'ouverture sud-africain Handre Pollard (à droite) est la dernière grosse recrue en date du Montpellier Rugby.
Le demi d'ouverture sud-africain Handre Pollard (à droite) est la dernière grosse recrue en date du Montpellier Rugby. — GAIZKA IROZ / AFP

Le comité fédéral d’éthique et de déontologie du rugby français, saisi en novembre par la FFR, a remonté les bretelles de la Ligue nationale au sujet de l'affaire du salary cap du club de Montpellier, selon un avis rendu jeudi.

Sur fond de guéguerre entre la Fédé et la Ligue

En novembre, la commission d’appel de la Fédération avait dédouané partiellement le MHR, sanctionné par la Ligue à payer 470.000 euros pour avoir dépassé le plafond de la masse salariale lors de la saison 2017-2018 (400.000 au titre du dépassement et 70.000 au titre du manquement à la communication de certains éléments).

La LNR​, qui a fait de ce plafond, fixé à 11,3 millions d’euros par saison, son cheval de bataille, avait réagi en déplorant « la remise en cause de cette décision de première instance ». En réponse, la FFR avait dans la foulée saisi ce comité d’éthique après une « grave remise en cause » de la part de la Ligue, selon ses propres mots

Quelques mois plus tard, le comité d’éthique a donc rendu son verdict, déboutant la Ligue. Le comité a ainsi estimé que « la décision rendue par la commission d’appel de la FFR et critiquée par la LNR repose sur des motifs qui lui sont propres et dont il ne revient désormais qu’au juge d’apprécier la légalité ».

Par ailleurs, le comité d’éthique rappelle que les « mesures prudentielles » mises en place en raison des liens entre Mohed Altrad, président de Montpellier, et la FFR, dont le groupe Altrad est un des principaux partenaires, avaient été décidées conjointement par la Ligue et la Fédération. Ainsi par exemple, les membres de la commission d’appel sont nommés à parts égales par les deux instances.

Des tensions depuis 2007

Enfin, le comité a précisé qu'« en cas de nouvelle atteinte à l’éthique et à la déontologie sportive liée au non-respect du pouvoir d’appréciation indépendant des commissions (…) il examinera l’opportunité d’engager des poursuites disciplinaires ».

Ces tensions entre les deux institutions rappellent celles de 2017, quand Bernard Laporte, fraîchement élu à la tête de la Fédération, avait tenté d’imposer ses points de vue à la Ligue, qui gère le secteur professionnel du rugby français (Top 14 et Pro D2).

« L’affaire Laporte-Altrad »

En 2017, le MHR, qui entretient des relations tendues avec la Ligue, avait été épinglé par la LNR (amende de 70.000 euros et suspension de terrain) pour les banderoles hostiles déployées lors d’un match contre le Racing 92. La Commission d’appel de la FFR avait réduit cette sanction et levé la suspension de terrain.

Les révélations du JDD selon lesquelles Laporte était intervenu auprès du président de la Commission, Jean-Daniel Simonet, pour qu’il fasse preuve de clémence envers Montpellier avaient déclenché « l’affaire Laporte-Altrad ». Des perquisitions avaient été menées début 2018 au domicile d’Altrad et au siège de la FFR à Marcoussis.