ASSE-Rennes : Le peuple vert met le feu au Chaudron après la qualification de Saint-Etienne en finale de la Coupe de France

FOOTBALL Les supporters stéphanois ont envahi la pelouse de Geoffroy-Guichard après la qualification à la dernière minute de l’ASSE, ce jeudi, face au Stade Rennais (2-1)

Manuel Pavard

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Les supporters stéphanois ont envahi la pelouse par milliers dès le coup de sifflet final.
Les supporters stéphanois ont envahi la pelouse par milliers dès le coup de sifflet final. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • L’ASSE s’est qualifiée pour la finale de la Coupe de France en battant le Stade Rennais (2-1) dans un Chaudron en ébullition.
  • Dès le coup de sifflet final, des milliers de supporters stéphanois ont envahi la pelouse du stade Geoffroy-Guichard.
  • Pour la majorité des supporters, trop jeunes pour avoir connu la décennie dorée des 70’s, ce sera l’occasion d’effacer des années de frustration – malgré la Coupe de la Ligue de 2013 – et de tenter de prendre une revanche sur la dernière finale de Coupe de France perdue face au PSG, en 1982.

Au stade Geoffroy-Guichard (Saint-Etienne),

Et tout d’un coup, le Chaudron est entré en ébullition ! Le mouvement de foule a été aussi soudain que spontané. Dans la seconde suivant le coup de sifflet final – et donc une petite minute après le but salvateur de Boudebouz – une marée humaine déferlant des quatre coins du stade a envahi la pelouse de Geoffroy-Guichard.

Une gigantesque clameur a alors retenti, avant de voir les joueurs stéphanois revenir très vite sur le terrain, à l’entrée du tunnel, afin de célébrer leur qualification pour la finale avec leurs supporters. « On voulait amener ce public au Stade de France, il le mérite. lls sont toujours derrière nous », a réagi Timothée Kolodziejczak en zone mixte, après le match.

Une marée humaine a commencé à déferler sur la pelouse pour fêter la qualification des Verts.
Une marée humaine a commencé à déferler sur la pelouse pour fêter la qualification des Verts. - M. Pavard / 20 Minutes

Bien sûr, il restera un obstacle, et pas des moindres, pour espérer ramener dans le Forez une Coupe de France fuyant l’AS Saint-Etienne depuis 1977. Mais ce jeudi soir, le peuple vert n’en avait cure, seule comptait cette victoire héroïque décrochée face au tenant du titre rennais.

Une ambiance bouillante dès le coup d’envoi

La génération de supporters actuels n’a en effet pas souvent été à pareille fête. Leurs parents et grands-parents, eux, ont vécu les grandes heures des Verts, des poteaux carrés de Glasgow aux matchs de légende contre le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven, en passant par les pelletées de titres de champion de France des années 1960 et 1970. Mais ces vingtenaires, trentenaires et quadras, tous trop jeunes pour avoir connu l’âge d’or de l’ASSE, n’ont eu pour seul trophée à se mettre sous la dent qu’une Coupe de la Ligue en 2013.

Alors naturellement, ultras et supporters stéphanois ont pris le taureau par les cornes pour créer une ambiance bouillante et incandescente dès le coup d’envoi. Tifos géants, chants se répondant d’un kop à l’autre, tambours, pression constante sur les Rennais… Magic Fans et Green Angels ont été à la hauteur de leur réputation et de celle de Geoffroy-Guichard. Un Chaudron qui, même aux trois-quarts rempli (32.000 spectateurs pour une capacité d’environ 42.000 places) – match en semaine oblige –, reste un stade si spécial.

La revanche de 1982 face au PSG, un joli clin d’œil du destin

« Avec tout ce monde, ces tifos magnifiques, cette ambiance, on ne pouvait pas perdre, ce n’était pas possible », soulignait ainsi le jeune défenseur central William Saliba, en zone mixte. Pour le peuple vert, ce ticket pour le Stade de France, c’est d’ailleurs une vraie bouffée d’oxygène au milieu d’une saison terriblement déprimante. Mais c’est aussi un joli clin d’œil du destin et la fin de plusieurs décennies de frustration. Car sans faire offense à la Coupe de la Ligue, sa vénérable rivale possède un autre prestige.

Il y a 38 ans, le 15 mai 1982, l’ASSE disputait et perdait sa dernière finale de Coupe de France. Et l’adversaire s’appelait déjà le Paris Saint-Germain. Un doublé de Platini avait répondu à l’ouverture du score parisienne de Toko, mais comble de l’ironie, c’est l’ex-Stéphanois Rocheteau qui avait égalisé à l’ultime minute des prolongations. Malheureusement pour Saint-Étienne, le dernier cadeau offert aux Verts par Platoche, alors en partance pour la Juve, n’avait pas suffi. La séance de tirs au but tournait en faveur du PSG, qui dépucelait ainsi son palmarès.

Si la majorité des milliers de supporters de l’ASSE qui garniront les travées du Stade de France n’ont aucun souvenir du précédent de 1982, les plus anciens apprécieront quant à eux ces retrouvailles. Et pour les plus jeunes, rien de tel qu’une bonne revanche contre l’ogre parisien pour ajouter une petite dose de piment à un match déjà très épicé.