Rugby : Le Stade Nantais crée une société anonyme pour viser la montée en Pro D2 d’ici à 2023

RUGBY Le Stade Nantais, club de rugby de Fédérale 1, va passer en société et ambitionne de rejoindre la Pro D2 dans les 3 ans à venir.

Guillaume Leroux

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Le Stade Nantais, ici lors de son match contre Dax ambitionne de devenir un club professionnel dans les 3 ans à venir
Le Stade Nantais, ici lors de son match contre Dax ambitionne de devenir un club professionnel dans les 3 ans à venir — Tibophoto
  • Le Stade Nantais ambitionne de monter en Pro D2 dans les 3 ans à venir.
  • Il va créer une société pour permettre une levée de fonds.
  • Le club table sur un budget situé entre 4 et 4,5 millions d’euros.

Principal club de rugby de la métropole nantaise, le Stade Nantais évolue en Fédérale 1 (troisième division nationale) depuis quatre saisons. Structuré, il vise désormais plus haut et ambitionne de devenir un club professionnel d’ici 2022. Ses dirigeants l’ont annoncé mardi soir à l’occasion d’une soirée organisée à l’intention de partenaires économiques. Explications.

La saison du Stade Nantais

Après 18 journées de championnat, le Stade Nantais occupe la 4e place de sa poule. Si l’Union Cognac/Saint-Jean d’Angély caracole en tête, trois équipes peuvent encore se jouer la deuxième place : Dax (60 points), Saint-Jean-de-Luz (59 pts) et Nantes (57 pts). Le cinquième, Trélissac (50 pts) paraît décroché.

Dimanche dernier, sur son terrain, Nantes s’est arraché pour obtenir un précieux match nul contre Dax (23-23). A quatre journées du terme du championnat, le Stade Nantais, invaincu à domicile cette saison, peut toujours espérer terminer deuxième et se qualifier ainsi pour le Trophée Jean-Prat qui réunira les deux meilleures équipes des quatre poules de Fédérale 1. Les deux finalistes seront promus en Pro D2 sous réserve de disposer des finances nécessaires.

Objectif Pro D2 d’ici 2022

Les dirigeants veulent faire passer le club dans une autre dimension. « On aimerait qu’il y ait une équipe professionnelle de rugby à Nantes pour la coupe du Monde qui se déroulera en France, en 2023 », lance le président du Stade Nantais, Jean-Marc Allègre. D’ici au 1er juillet prochain, une société anonyme sportive professionnelle (SASP) ou société par action simplifiée (SAS) sera créée. Entre ces deux entités juridiques, le club hésite encore. Arrivé en décembre au club en tant que secrétaire général, Gary Poinas, ancien directeur du développement du club de foot de Troyes (Ligue 2), devrait prendre des responsabilités dans cette société.

« Si l’on veut monter en Pro D2, créer une société est une obligation. Nous pensons qu’il vaut mieux anticiper, explique Pierre Magimel, vice-président du club. Le Stade Nantais est aujourd’hui une véritable équipe de Fédérale 1. C’est le bon moment pour passer cette étape. » « Nous tablons sur un objectif de recettes de 2,2 millions d’euros, contre 1,4 million aujourd’hui. Avec les subventions et les droits télés, nous disposerions d’un budget situé entre 4 et 4,5 millions d’euros, estime Jean-Marc Allègre. La création de la société va nous permettre de lever les fonds qui nous manquent pour aller en Pro D2. »

L’exemple vannetais

Pour se développer, le Stade Nantais souhaite s’inspirer du RC Vannes. Le club breton évoluait en Fédérale 2 en 2006. Saison après saison, il s’est imposé comme un club de Pro D2 solide et structuré. « A Vannes, on a fait un choix différent de celui de Nantes, explique Christophe Grolleau, ancien directeur général du club. On a attendu d’être sûr de monter en Pro D2 pour créer la SASP. Depuis 2016, on est passé d’un budget d’1,6 million d’euros à un budget de 9 millions d’euros et nous comptons 30 actionnaires. »

Qui du stade ?

Le Stade Nantais évolue au stade Pascal-Laporte, quartier Breil-Malville, qui peut accueillir jusqu’à 2.700 personnes. « On dépasse régulièrement les 1500 spectateurs », précise Jean-Marc Allègre. Si le club venait à monter, il n’envisage pas jouer dans un autre stade. Il n’évoluera donc pas à la Beaujoire comme cela avait été évoqué alors que la construction d'un deuxième stade était annoncée. « Ça aurait été ridicule », s’amuse Pierre Magimel. « Nous n’avons pas d’autres issues que l’amélioration de Pascal-Laporte. Il y a des solutions assez simples à mettre en œuvre », pense Jean-Marc Allègre.