PSG-Galatasaray : Une masterclass et un « grand cœur »… Neymar a troqué son spleen pour l’altruisme

FOOTBALL Son match contre le Galatasaray prouve que Neymar est sur la voie de la rédemption

William Pereira

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Neym-Art
Neym-Art — Christophe Ena/AP/SIPA

Les mots sont de Neymar, au micro d’RMC Sport : « Jouer sur un terrain comme ça c’est la chose que je préfère. Peu importe où je suis. Quand il y a deux poteaux, un ballon, des coéquipiers, voilà, j’ai tout ce qu’il me faut ». La vérité est un peu plus nuancée. A Montpellier, le week-end dernier, il y avait aussi un ballon, des poteaux, des coéquipiers, ce qui ne nous avait pas empêchés de le sentir moins heureux que mercredi au Parc. Si Tuchel, Sarabia – en zone mixte – et Ney ont souligné la prestation d’ensemble face au Galatasaray, on ne manquera pas de dire que le Brésilien a grandement contribué à magnifier le collectif.

Dans son style préférentiel, il est souvent venu chercher le ballon au milieu, trouver un pivot devant sur lequel s’appuyer pour ensuite distiller des caviars ou conclure, comme à la 46e minute, d’une frappe croisée du gauche. Le mystère ne réside pas tant dans la performance – conjugaison d’un talent évident et d’une absence d’opposition respectable – que dans l’envie de la star parisienne. Pourquoi hier ? Pourquoi sortir de son chapeau son meilleur tour de passe-passe à l’occasion d’une simple répétition dénuée d’enjeu ? Il y a bien longtemps qu’on a arrêté d’essayer de comprendre le bonhomme, m’enfin comprenez que ça nous chatouille un peu.

Il a donné de sa personne… et un penalty à Cavani

Petite théorie : Neymar a en réalité besoin d’un peu plus qu’un ballon et une équipe pour être heureux. Il lui faut aussi un tant soit peu de reconnaissance du public. C’est le carburant des joueurs de sa trempe et son ego. Et, depuis ses caprices estivaux pour retourner à Barcelone, couplés à une certaine désinvolture sur le terrain, c’est peu dire que les supporters du Paris Saint-Germain ne le portent plus dans leur cœur. L’histoire retiendra peut-être que ce mercredi 11 décembre aura marqué le début de sa remontada dans le cœur des Parisiens. Force est de constater plusieurs signaux encourageants :

  • Il a fait preuve de classe en laissant un Edinson Cavani dépressif tirer le penalty du 5-0, ne manquant pas d’être le premier à sauter dans les bras de l’idole du CUP après sa réalisation.
  • Il a ciré les chaussures de l’Uruguayen au coup de sifflet final : « Edinson Cavani est un excellent tireur de penalty, un grand joueur, c’est le Matador après tout. La seule chose qui lui manquait c’était de marquer. Comme ça il a pu marquer et tout le monde repart heureux. »
  • Thomas Tuchel l’aide bien dans son entreprise de réhabilitation : « C’est un beau geste de sa part, je suis très heureux car je l’ai toujours dit : c’est un gars au grand cœur. C’est le défi qu’il le montre à tout le monde. Tout le monde peut voir qu’il est très sensible. J’espère que c’est un symbole pour l’équipe et cette saison. »

Neymar pense déjà aux 8es de finale

Tuchel, qui avait déjà mis en exergue l’attitude positive de son joueur à Montpellier, met aussi le doigt sur un élément plus rationnel : remis de ses blessures, le Brésilien est désormais presque au top de ses capacités. « On peut attendre qu’il gagne en capacité physiquement. Il était déjà fort et décisif à Montpellier dans un match difficile. C’est plus facile pour lui d’accélérer. » Les défenseurs du Galatasaray ne le contrediront pas. Reste maintenant le plus difficile : durer. Retrouver son meilleur niveau sans se blesser. Car l’intéressé n’oublie pas ses absences en huitièmes de finale de C1 et espère cette fois être acteur des prochains matchs autrement que sur un gros plan sur son visage hagard (remember Manchester United). « C’est très important pour moi, je sais que je n’étais pas là avec mon équipe l’année passée. » S’il réussit à être de la partie à ce niveau, les choses pourraient bien être différentes.