Mondiaux d'athlétisme : Journée noire pour les Bleus

ATHLETISME La journée de samedi a été rude, marquée notamment par l’élimination de Renaud Lavillenie et l’abandon de Yohann Diniz

20 Minutes avec AFP

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Yohann Diniz lors des Mondiaux d'athlétisme, à Doha (Qatar), le 19 septembre 2019.
Yohann Diniz lors des Mondiaux d'athlétisme, à Doha (Qatar), le 19 septembre 2019. — Martin Meissner/AP/SIPA

La deuxième journée des Mondiaux de Doha a été catastrophique pour les Français. Renaud Lavillenie (perche), Jimmy Vicaut (100 m) et Rénelle Lamote (800 m) ont été incapables de se qualifier pour la finale, tandis que Yohann Diniz (50 km marche) a abandonné et Alexandra Tavernier est arrivée seulement 6e au marteau.

Les Bleus avaient certes débarqué sans certitudes au Qatar après une saison sans relief pour la plupart de leurs leaders, mais il était difficile d’imaginer un tel scénario après seulement 48 heures de compétition.

Sortie prématurée de Renaud Lavillenie

La principale sensation de cette soirée cauchemardesque est venue de la perche, avec la sortie prématurée de Renaud Lavillenie. Le recordman du monde (6,16 m) n’a jamais réussi cette année à retrouver son meilleur niveau, loin des trois hommes à plus de 6 m, le Suédois Armand Duplantis, le Polonais Piotr Lisek et l’Américain Sam Kendricks. Une telle contre-performance est rarissime de la part de celui qui a collectionné les médailles en plus de dix ans de carrière.

Jamais le Clermontois n’avait échoué aux portes de la finale dans un grand championnat en plein air. Dans la moiteur de Doha, il a pourtant été incapable d’effacer une barre à 5,70 m, très loin de ses standards habituels.A 33 ans, Lavillenie commence à voir sa courbe de résultats décliner doucement mais sûrement, même si le champion olympique (2012) a balayé cette thèse d’un revers de main, donnant déjà rendez-vous en 2020.

Il y aura tout de même un Lavillenie en finale de la perche mardi avec Valentin (28 ans). Mais malgré sa joie personnelle, le cadet n’a pas pu cacher son émotion, lui qui rêvait tant de se retrouver mardi parmi les heureux élus avec son grand frère. « Mon cœur balance, a-t-il déclaré en larmes. Je reviens de tellement loin [une grave blessure à la cheville] et je lui dois beaucoup. Les chirurgiens disaient que jamais je ne pourrai ressauter et recourir. Etre là, c’est un délire. Passer en finale, c’est ouf. Mais un seul être vous manque et tout est dépeuplé. »

« Grosse erreur »

L’arrêt au bout d’une quinzaine de kilomètres de Yohann Diniz a été l’autre grande déception côté tricolore. Le champion du monde en titre du 50 km marche avait eu des mots très durs jeudi contre la tenue des Mondiaux au Qatar avec ses températures caniculaires. Il a préféré rapidement abréger ses souffrances plutôt que de poursuivre une course où il ne s’est jamais senti à son aise.

« Je crois que j’ai fait une grosse erreur, j’aurais dû rester sur quelque chose de positif au lieu de m’entêter à venir ici, a-t-il affirmé, totalement exténué. Je suis venu ici, je ne sais pas trop pourquoi. La tête n’y était pas, je m’asphyxiais vite. »

Dans des conditions beaucoup plus supportables sur la piste du Khalifa stadium climatisé, Alexandra Tavernier n’a pas non plus brillé. La vice-championne d’Europe du marteau (2018) constituait une sérieuse chance de médaille mais elle est passée à côté de son concours. La détentrice du record de France (74,84 m) est restée bloquée à 73,33 m, l’or revenant à l’Américaine DeAnna Price (77,54 m).

Jimmy Vicaut, éjecté dès les demi-finales du 100 m (10''16), n’a pas été plus heureux. C’est la première fois depuis dix ans qu’il n’y a pas eu de Français en finale mondiale sur la ligne droite, remportée par l’ Américain Christian Coleman (9''76). Mais l’issue était prévisible pour le recordman d’Europe (9''86), qui n’est pas allé plus vite cette saison que 10''02.

Ce sombre tableau a été complété par Rénelle Lamote (800 m) et Ludvy Vaillant (400 m haies), incapables de se hisser en finale.