Euro de Volley : Plongée dans l’usine à champions où 80 % des Bleus ont fait leurs armes

FORMATION La quasi-totalité de l’équipe de France qui dispute les quarts de finale de l’Euro de volley à Nantes contre l’Italie a été pouponnée au CNVB de Montpellier

Jérôme Diesnis
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Un Ervin Ngapth aérien lors de la victoire de l'équipe de France de volley contre l'Italie en match de poule, à MOntpellier
Un Ervin Ngapth aérien lors de la victoire de l'équipe de France de volley contre l'Italie en match de poule, à MOntpellier — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Créé en 1983, le centre national du volley-ball fut la première structure en Europe consacrée à la formation au haut niveau des jeunes joueurs les plus prometteurs.
  • Douze des quinze membres de l’équipe de France qui participent à l’Euro de volley y ont affûté leurs armes.
  • Vainqueur de ses premiers matchs dans la compétition, la France accueille l’Italie en quarts de finale de l’Euro de volley, ce mercredi soir (21 h) à Nantes.

Benjamin Toniutti, Earvin Ngapeth, Julien Lyneel connaissent les lieux par cœur. Les chambres du Creps, la salle de musculation, l’enceinte ronde... Tout ça n’a aucun secret pour eux. La quasi-totalité de l’équipe de France (12 joueurs sur 15), qui affronte l’Italie ce mercredi soir en quarts de finale des championnats d’Europe de volley, a été façonnée au centre national du volley-ball (CNVB), installé au Creps de Montpellier.

Benjamin Toniutti a fait ses armes au CNVB à Montpellier avant d'occuper la passe en équipe de France, ici contre l'Italie à Montpellier en match de poule de l'Eurovolley.
Benjamin Toniutti a fait ses armes au CNVB à Montpellier avant d'occuper la passe en équipe de France, ici contre l'Italie à Montpellier en match de poule de l'Eurovolley. - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Ce n’est pas un hasard si les Bleus y avaient installé leur camp de base lors de la phase de poule, terminée avec cinq victoires en cinq matchs au compteur. « Quand on est un jeune joueur et qu’on arrive ici, on sort d’une structure amateure », souligne l’ex-international Loïc Le Marrec (140 sélections), passé par le CNVB avant de boucler la boucle comme entraîneur, une fois sa riche carrière de joueur terminée. « La première chose qu’on y apprend, c’est qu’il faut travailler, car le talent ne suffit plus. Avant d’arriver, les joueurs sont les meilleurs de leur club ou de leur région. Mais là, ils doivent sortir de leur zone de confort, ça fait mal. Mais à la sortie, l’adaptation à un groupe est assez facile. »

« Le rythme et l’hygiène de vie de professionnels »

Fondé en 1983 par le président de la Fédération française de volley, Jacques Shaw, le CNVB fut la première structure en Europe consacrée aux jeunes. Une usine à champions : 90 %des joueurs en sortent avec un contrat professionnel en poche. « Il y a déjà un écrémage à la base, puisque ce sont les meilleurs qui sont repérés, souligne le central Nicolas Le Goff, qui a fait ses armes au CNVB. Ensuite, on vit volley, avec les cours à côté. On a toutes les facilités pour travailler et progresser. A 17, 18 ans, le rythme et l’hygiène de vie sont ceux d’un professionnel. Il y a de la rigueur, c’est primordial à cet âge-là. »

Trévor Clévenot (ici contre l'Italie à Montpellier) est l'un des rares joueurs français à l'Eurovolley à ne pas être passé par le CNVB.
Trévor Clévenot (ici contre l'Italie à Montpellier) est l'un des rares joueurs français à l'Eurovolley à ne pas être passé par le CNVB. - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Cet été, une dizaine d’éléments ont quitté le pôle, trois ou quatre ans après y être entrés. Tous ont été recrutés en Ligue A ou Ligue B. « C’est un centre d’excellence », détaille Laurent Tillie, le sélectionneur des Bleus, qui loue « le bon relais vers le championnat français, un peu moins fort que certains de ses homologues étrangers, ce qui permet de donner du temps de jeu aux jeunes. » L’intégration d’une équipe du CNVB en Ligue B en 2018-2019 (et une autre en élite amateur) a accéléré la formation des « élèves ». « Ils croisent des joueurs plus aguerris, reprend Loïc Le Marrec. Les résultats n’ont pas été forcément ceux escomptés, avec notamment beaucoup de défaites au tie-break. Mais cette expérience va les aider à progresser. »

En attendant, pour certains d’entre eux, de défendre à leur tour le maillot bleu. Comme le font leurs aînés, auteurs jusqu’à présent d’un sans-faute dans « leur » Euro.