Euro 2019 de volley : Tarifs trop élevés à Nantes ? Les organisateurs s’expliquent

VOLLEY L’équipe de France doit jouer samedi son 8e de finale. La politique tarifaire de l’événement fait débat et seule la moitié de la totalité des places est partie

David Phelippeau

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L'équipe de France devrait jouer devant une salle quasiment pleine samedi au Hall XXL.
L'équipe de France devrait jouer devant une salle quasiment pleine samedi au Hall XXL. — PASCAL GUYOT / AFP
  • Trois rencontres de l'Euro 2019 de volley (dont au moins une de l'équipe de France) se tiennent au Parc des expos de la Beaujoire, samedi, dimanche et mardi.
  • La politique tarifaire des organisateurs est jugée exorbitante par beaucoup d'observateurs, notamment les dirigeants des clubs pros nantais.
  • Les organisateurs se defendent.

Cela aura sans doute échappé à beaucoup de Nantaises et Nantais, mais à partir de samedi et jusqu’à mardi inclus, le Hall XXL du Parc des expositions de la Beaujoire accueille trois matchs de l’ Euro 2019 de volley. La crème de la crème du vieux continent sera donc présente dans la Cité des ducs, avec samedi (8e de finale) voire mardi (1/4 de finale), l’équipe de France à l’œuvre.

Les 8.000 places dans les gradins du Hall XXL, installés pour la compétition par Nantes Métropole, seront-elles toutes occupées pour les rencontres ? Non, répondent certains observateurs, écœurés par la politique tarifaire des organisateurs. L’événement aurait dû fédérer la famille du volley sur Nantes, au contraire, il l’a déchirée.

Des tarifs de 15 euros à 90 euros

« On cible une population élitiste avec de tels tarifs alors que cet euro devait être un événement populaire et aurait dû toucher un maximum de personnes, s’insurge Sylvain Quinquis, le manager général du VB Nantes (club féminin). Là, clairement, certaines personnes ne pourront pas y aller. Est-ce que le volley peut se permettre ça ? » Les « fameux » tarifs, pointés du doigt aussi sur les réseaux sociaux, vont de 15 à 90 euros, les « packs trois matchs » de 122 euros à 230 euros.

Alors que certains prédisent un fiasco en termes d’affluence, les organisateurs sont très sereins. « Mais on est à presque 12.000 personnes [sur 24.000 pour les 3 matchs] à l’heure où on se parle, s’agace Françoise de Bernon, présidente de la Ligue des Pays de la Loire de volley. On devrait être quasiment à guichets fermés samedi [6.000 places prises] pour les Bleus et mardi, ça dépendra si c’est bien l’équipe de France. »

« Des organisateurs déconnectés du terrain… »

Christophe Guégan, coprésident du Nantes Rezé Métropole volley, n’en démord pas. Avec ces « prix exorbitants » ou encore « cette absence de tarifs adaptés aux enfants, aux familles », « les organisateurs sont sur un nuage et déconnectés du terrain. On se désolidarise de cet événement. Il n’y a déjà pas d’engouement en France pour le volley, mais ce n’est pas avec ce type d’actions qu’il sera attractif ! » Des déclarations qui font sortir de ses gonds Françoise de Bernon, qui avoue néanmoins regretter « personnellement » l’absence de tarifs enfants ou famille par exemple : « C’est une compétition internationale. On ne dit jamais rien pour le foot ou le hand. Et pour le volley, on a du mal à mettre la main à la poche. Comment peuvent parler ces gens qui ne font rien pour l’Euro ? [les deux clubs précisent qu’ils ont mené des actions autour de l’Euro et qu’ils ont proposé leurs services aux organisateurs] »

Un Euro coûteux à organiser

A Montpellier, où se jouent certains matchs du premier tour, l’affluence est pour l’heure médiocre [moins de 500 spectateurs parfois]. En revanche, l’équipe de France attire toujours au-delà de 5.000 personnes (sur 8.000). Loïc Duroselle, directeur du comité d’organisation de la compétition, estime, lui de son côté, qu’il est incongru de comparer le volley à d’autres disciplines comme le hand ou le foot. « On n’a pas la même dynamique. Notre dernier euro en France, c’était en 1979. Notre dernier Mondial en 1986. Notre objectif est de franchir un palier important. »

Pour y arriver, l’organisateur persiste : la politique tarifaire appliquée est la bonne. « Les tarifs sont élevés, mais on a appliqué une grande gamme d’offres, justifie-t-il. Par ailleurs, nous avons un cahier des charges drastique. Il y a un équilibre à trouver entre une compétition coûteuse à organiser [budget à hauteur de 5,5 millions d’euros] et faciliter au maximum l’accès à l’événement au grand public. C’est une vraie stratégie à long terme, et non à court terme comme on nous le reproche. Je suis sûr que les clubs en bénéficieront à l’avenir. » A Nantes, ils n’en sont pas convaincus du tout.