France-Albanie: Coman et Lemar sur les côtés, Tolisso... Alors ça y est, on a des plans B?

FOOTBALL Les habituels remplaçants ont profité des absences de certains cadres pour marquer des points face à l'Albanie

Au Stade de France, Nicolas Camus

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Kingsley Coman a inscrit un doublé avec l'équipe de France, face à l'Albanie, le 7 septembre 2019.
Kingsley Coman a inscrit un doublé avec l'équipe de France, face à l'Albanie, le 7 septembre 2019. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • L'équipe de France a battu l'Albanie, samedi soir, en match de qualification à l'Euro 2020. 
  • En l'absence de Mbappé, Pogba et Kanté, les habituels remplaçants, Coman en tête, ont montré qu'on pouvait compter sur eux. 
  • Ce n'était qu'un match, mais Didier Deschamps aura certainement beaucoup d'enseignements à en tirer. 

Il ne faut pas se tromper. Pour un match de rentrée, avec des absences aussi importantes que celles de Mbappé, Pogba et Kanté, les Bleus ont fait fort, samedi, contre l’Albanie (4-1). A froid, le score peut paraître tout ce qu’il y a de plus normal pour un match entre les champions du monde en titre et la 64e nation mondiale, mais les Bleus ont si souvent souffert lors de ce genre de rendez-vous qu’il ne faut pas, surtout vu les circonstances, faire la fine bouche. Didier Deschamps a pas mal d’enseignements à tirer de cette soirée, notamment sur la profondeur de banc à sa disposition et les solutions qui s’offrent à lui.

Le 4-2-3-1 dans lequel l'équipe de France a remporté le Mondial, avec Mbappé à droite et Matuidi à gauche, ne peut être amené à durer. Trop déséquilibré, on l’a vu la saison passée, surtout face à un adversaire regroupé. Ce même schéma a en revanche donné sa pleine mesure contre l’Albanie, notamment grâce à ceux qui étaient chargés d’animer les côtés, Coman et Lemar. Des habitués du poste, qui savent déborder, se recentrer, permuter, et ouvrir les horizons des joueurs axiaux.

« On a eu une grande maîtrise, des actions de grande qualité, avec une circulation rapide, de la justesse technique et des joueurs capables de percuter, d’accélérer, de déstabiliser une défense même si elle est regroupée avec trois défenseurs axiaux, apprécie Didier Deschamps. On a eu énormément le ballon. C’est rare qu’on ait fait un match avec autant de passes, je crois qu’on est à plus de 900. »

C’est vrai qu’on a vu quelques séquences à une touche assez bluffantes, comme sur l’occasion amenant la grosse frappe de Griezmann, sortie par le gardien albanais, à l’heure de jeu. Comme leur sélectionneur, les joueurs ont eux aussi pris du plaisir. « On a vu beaucoup d’enthousiasme dans notre jeu, de belles séquences, et dans l’ensemble de belles intentions sur le plan offensif », relève Oliver Giroud.

Pour parler un peu plus de lui, parce qu’il a mis un doublé et été un poison constant pour la défense albanaise, Kingsley Coman s’est peut-être enfin affirmé comme un recours plus que crédible en cas de besoin. Pour peu que son corps le laisse tranquille. « Il a un jeu qu’on n’a pas devant, avec de la percussion, des un contre un, des centres. Ça nous fait du bien », dit Antoine Griezmann.

Il s’est fixé des objectifs très haut cette année, raconte son coéquipier au Bayern, Corentin Tolisso. Il est en train de franchir un palier. Il a marqué avec le Bayern, là c’est un doublé. Il sait ce qu’il faut faire pour aller plus haut. »

« C’est un de mes meilleurs matchs en sélection. J’ai vécu une grande soirée », avoue l’intéressé, qui ne s’est pas éternisé pour débriefer. Pour compléter le tableau, on notera également le retour de Lemar à un niveau international, l’aisance de Tolisso avec le ballon et l’assurance de Lenglet. Concernant ce dernier, ce n’est toujours pas sur ce match, après sa première sélection contre Andorre en juin, que l’on pourra le juger vraiment, mais il dégage beaucoup de sérénité et voit juste à la relance.

« Ça montre qu’on est un groupe »

Que cherche-t-on à dire, avec tout ça ? Et bien pas qu’il ne faut plus faire jouer Mbappé et Matuidi, évidemment, mais qu’il faut peut-être le faire dans une autre organisation. Et réservée celle-là pour des joueurs taillés pour elle. De toute façon, Mbappé, pour continuer sur lui, est amené à se recentrer, c'est le sens de l'histoire.

DD dispose en tout cas d’un matos avec peu d’équivalents dans le monde pour s’adapter à toutes les circonstances. Et trouver des plans de rechange qui tiennent la route. Si ce match est le début de quelque chose en la matière, on est preneurs. « Il nous manquait des joueurs importants, que ce soit dans le vestiaire ou sur le terrain, mais ceux qui étaient là à leur place ont très bien fait le travail, estime Grizou. On est sur la bonne voie. Ça montre qu’on est un groupe. » A un peu moins d’un an de l’Euro, la concurrence s’annonce féroce.