Homophobie dans les stades: Noël Le Graët estime que trop de matchs sont arrêtés

FOOTBALL « La Fédération ne donnera pas d’instruction aux arbitres », a ajouté le boss de la Fédération française de football

William Pereira

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Noël Le Graet
Noël Le Graet — FRANCK FIFE / AFP

Au tour de Noël Le Graët de donner son avis. Dans un entretien à Ouest France, le boss de la Fédération française de football a jugé excessives les interruptions de matchs dans les stades de Ligue 1 pour actes ou chants homophobes. Le Graët a par ailleurs affirmé que « la Fédération ne donnera pas d’instruction aux arbitres », à moins que les manifestations homophobes soient celles « tout un stade ».

« Je trouve qu’on arrête trop de matchs ! Cela fait plaisir à certains ministres, mais moi, ça me gêne. Le football ne peut pas être pris en otage pour des propos vulgaires. Ce n’est pas le foot, mais la société en général qui doit y réfléchir. […] On a l’impression que tous les stades sont devenus homophobes. Je conteste avec véhémence cette image qu’on donne de nous », a déclaré Noël Le Graët.

Le Graët pas tendre avec les politiques

« Le football défend des valeurs […] Je peux toujours regretter la vulgarité mais des matchs ont été arrêtés et ne le méritaient pas. A la Fédération, on ne donnera pas d’instruction aux arbitres. On le fera s’il y a une manifestation homophobe constante, avec tout un stade. Mais quand, sur 30.000 personnes, il y a 2.000 imbéciles, je ne veux pas que les 28.000 autres soient punies », poursuit le président de la FFF. « Le football sert d’alibi et cela m’agace. C’est pourtant le seul sport qui réunit toutes les classes sociales ».

Le dirigeant breton s’en prend sans les nommer aux responsables politiques qui ont porté ce discours dans l’espace public (Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes et Roxana Maracineanu, ministre des Sports). « L’homophobie, c’est le football qui l’a inventée ? Ça fait bien d’aller raconter sa science quand on n’a pas grand-chose à dire. Il y a pourtant des enjeux politiques plus importants ». Interrogé sur les moyens pour sortir de cette crise, il complète : « La sortie de crise se fera toute seule. On travaille avec les présidents de club, des gens qui ne la ramènent pas tous les matins, qui ne vont pas faire les beaux sur les plateaux de télévision ».