France-Italie : Le Stade de France désespérément vide, symbole de la cote en berne du rugby français

RUGBY Entre 25.000 et 30.000 supporters ont assisté au succès écrasant du XV de France contre l’Italie

William Pereira

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Si vous avez peur du vide, ne regardez pas cette photo
Si vous avez peur du vide, ne regardez pas cette photo — 20 Minutes / W.P

Au Stade de France,

Un bien triste adieu. Voilà comment qualifier ce dernier match amical du XV de France avant la Coupe du monde au Japon. Le score n’y est pour rien, les hommes de Brunel ont écrasé l’Italie dans un match sans histoire. Non, il est ici question d’ambiance, de fête, de ferveur et tout ce qu’est censé sous-entendre une dernière sortie de l’équipe de France avant de prendre le large pour aller défier le monde. Tout ce qu’il n’y avait pas vendredi soir au Stade de France, où les sièges d’un vide désespérément gris prenaient largement le dessus sur les quelque 25.000 (peut-être 30.000) petits drapeaux des irréductibles soutiens du XV de France. Les olas, les olés, les « ouuuuh », et autres encouragements ont eux eu bien du mal à couvrir les cris des 30 guerriers qui se foutaient sur la tronche dans le rectangle vert.

Vide, vide, toujours plus vide. Le tour d’honneur des hommes de Jacques Brunel n’a été accompagné que par une infime ceinture de spectateurs au bord de la pelouse. Les autres, pas convaincus par les sept essais tricolores, avaient déjà déserté. Tristesse infinie. Wenceslas Lauret​ ne peut que constater : « Récemment on a eu du mal à remplir les stades. On a un certain public mais on sait que d’autres supporters ne se déplacent plus comme avant. »

En tribune de presse, ce n’est guère mieux : un creux intersidéral. Si on avait su, on aurait demandé à faire installer un transat à notre pupitre et à se faire servir un cocktail pour écrire le compte rendu, les doigts de pieds en éventail, il y avait largement la place.

De passage en zone mixte après la rencontre, Arthur Iturria n’est pas dupe et sait que la reconquête du public français passera par une bonne Coupe du monde au Japon. Ou au moins correcte. « On sait très bien que le rugby français traverse une période difficile. On est l’image du rugby français donc on va essayer de le redorer au maximum et de faire revenir les gens dans les stades. Ça passera par des victoires, petit à petit. Mais on est conscient qu’il faut s’attendre à ce que ça prenne du temps pour que le public français revienne. » Remarquez que c’est pas plus mal. Sur l’archipel nippon, les Français devront de toute façon se démerder dans des stades pas acquis à leur cause. Il faut voir ça comme un entraînement.