Copa América: Les équipes de Bolsonaro ont-elles empêché l'utilisation du VAR contre le Brésil?

FOOTBALL Des soupçons font état d'interférences des services de sécurité du président brésilien sur le système de communications entre arbitres

N.C. avec AFP

— 

Jair Bolsonaro dans les tribunes du Maracana lors de Brésil-Argentine en demi-finale de la Copa América, le 2 juillet 2019.
Jair Bolsonaro dans les tribunes du Maracana lors de Brésil-Argentine en demi-finale de la Copa América, le 2 juillet 2019. — Macedo/Fotoarena/Sipa USA/SIPA

La Fédération argentine de football (AFA) a demandé vendredi à ce que la société qui fournit la technologie de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) se prononce sur des interférences présumées des services de sécurité du président brésilien sur le système de communications entre arbitres. Ces soupçons portent sur la demi-finale Brésil-Argentine, remportée 2-0 mardi par la Seleçao, en présence du président Jair Bolsonaro, qui se trouvait en tribune d’honneur et est descendu saluer les supporters sur le bord de la pelouse à la mi-temps.

« Nous sommes très inquiets du fait que plusieurs médias brésiliens évoquent des problèmes d’interférence du système de communication entre la salle d’opération vidéo (où sont revus les ralentis d’actions litigieuses) et les arbitres sur le terrain, a affirmé l’AFA dans un communiqué. Selon ces médias, ces interférences auraient été causées par une partie des équipes chargées de la sécurité du président Jair Bolsonaro », a poursuivi la fédération argentine.

L’AFA avait déjà envoyé jeudi un courrier à la Conmebol pour se plaindre de « grossières erreurs d’arbitrage », ainsi que de « manifestations politiques » de la part du président Bolsonaro. Un des responsables du comité organisateur de la Copa América, Thiago Januzzi, a qualifié vendredi de « normale » l’apparition du président sur le bord de la pelouse.

D’après le site Globoesporte.com, « des problèmes de communications se sont produits en raison d’une interférence avec le signal de radio utilisé par les services de sécurité » du chef de l’Etat. L’AFA cite notamment deux actions litigieuses de possibles pénalties en faveur de l’Argentine pour lesquelles la VAR n’a pas été utilisée.

« On a l’impression qu’on nous a privé de quelque chose »

Le président de la fédération, Claudio Tapia, parle d’un « manquement à l’éthique, la loyauté et la transparence ». « Plus le temps passe, plus on a l’impression qu’on nous a privé de quelque chose, a réagi pour sa part le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, vendredi. Sur le terrain, nous avons fait ce qu’il fallait pour aller en finale. Quelque chose s’est passé, c’est comme ça. » L’Argentine doit jouer le match pour la troisième place contre le Chili, samedi, à Sao Paulo.

Le président Bolsonaro a déjà affirmé qu’il comptait se rendre à la finale entre le Brésil et le Pérou, dimanche, au stade Maracana de Rio de Janeiro. « Sa présence sur la pelouse n’est pas au programme, mais nous nous attendons à ce qu’il vienne au stade », a affirmé le responsable du comité organisateur.