Wimbledon: De la paire Mahut-Herbert au circuit féminin, Murray attise les convoitises et brise des cœurs

TENNIS Andy Murray veut jouer en double et double mixte et ça secoue pas mal de monde

William Pereira

— 

Nico, assieds-toi faut que j'te parle
Nico, assieds-toi faut que j'te parle — Ella Ling/BPI/REX/SIPA

Rangez vos Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic, votre next gen et tout le bazar qui traîne autour : la vraie star de Wimbledon sera Sir Andrew Barron Murray. Ou Andy Murray, si vous préférez. De retour sur pattes grâce à une prothèse métallique posée au niveau de la hanche, le Britannique a provisoirement mis de côté l’idée d’un départ à la retraite pour retaper dans la balle jaune en double. Avec un certain succès, puisque le double-vainqueur en simple au All-England club a remporté le tournoi du Queens en battant la paire numéro 1 mondiale (Farah-Cabal) au côté d’un autre « vieux », l’Espagnol Feliciano Lopez.

De bon augure pour la quinzaine qui s’annonce du côté de Londres, où Murray ne jouera pas en simple pour épargner sa hanche mais nourrira des ambitions en double, comme en témoigne son choix de s’associer à son pote Pierre-Hugues Herbert, déjà vainqueur sur le gazon anglais en 2016, avec qui il s’entraîne sur place depuis samedi en vue de leur entrée en lice mercredi face au tandem Copil-Humbert. L’association entre les deux hommes est « une longue histoire » gérée en coulisses pour reprendre les mots de l’Ecossais en conférence de presse pendant sa semaine au Queen’s.

« Mon coach l’a approché il y a plusieurs semaines. Dans un premier temps, il avait décidé de ne pas jouer le double à Paris et Wimbledon. Il voulait se concentrer sur le simple. Et puis, il a discuté avec son staff et a considéré que ça pouvait être un truc sympa à vivre. » Un truc « incroyable », même, à en croire le Français, lequel considère pourtant que continuer de jouer en double en Grand Chelem, c’est hypothéquer ses chances en simple sur lequel il souhaite désormais se concentrer. Il en avait même informé son binôme, Nicolas Mahut, en début de saison après avoir réalisé le Grand Chelem en carrière. Vous imaginez bien le bazar que la trahison a pu causer dans le couple, d’autant plus que Mahut a le moral dans les chaussettes après son éliminations en qualifs sur le tableau simple à Wimbledon.

Mahut (à L’Equipe: « Je n’ai pas du tout envie de commenter cette décision. Il sait ce que j’en pense, je m’en suis expliqué avec lui et je ne veux pas m’étaler. »

Herbert : « Nico est la première personne à qui je l’ai dit. Ce n’est pas une situation facile pour lui et je comprends qu’il ne comprenne pas ma décision. j’ai changé d’avis parce que c’est complètement différent. Jouer avec Andy Murray à Wimbledon, ça serait spécial pour moi. »

Pour les fans du duo, sachez que ceci n’est pas une rupture. P2H est motivé à l’idée de retrouver son frère d’armes dans un futur proche. « On rejouera ensemble », a-t-il promis. #Bromance.

Le cas du double mixte

Si Andy Murray brise des cœurs chez les hommes, il suscite aussi la convoitise du circuit féminin à qui il a lancé un appel afin de disputer le double mixte. Une décision pas encore actée à 1.000 % – il a jusqu’à mercredi pour s’inscrire – puisque son staff craint le surmenage. En Angleterre, on évoque même une querelle entre le joueur et son coach, Jamie Delgado. « Je ne sais pas qui gagnera, mais on arrivera à trouver un accord », se marre Murray, cité par le Telegraph. En attendant, il n’a toujours pas trouvé de partenaire.

« J’avoue que j’ai été éconduit par plusieurs joueuses. J’ai demandé à des filles qui jouaient déjà en simple et double dames et elles ne voulaient pas s’aligner sur trois compétitions, ce que je comprends si vous avez des ambitions. » Comme pour le double hommes, l’Écossais ne souhaite pas s’associer à n’importe qui. Il a sondé Kiki Mladenovic et Ahleigh Barty, « la meilleure partenaire possible » sans succès. A chaque fois la raison est la même : les joueuses ne peuvent pas courir le risque de s’ajouter une charge de travail supplémentaire. D’autant qu’à Wim, il suffit d’un ou deux jours de pluie pour chambouler le calendrier et faire s’empiler les matchs les uns sur les autres. Pas pratique.

La partie « lolesque » de l’histoire, c’est que les moult râteaux reçus par le plus grand défenseur des droits des femmes sur le circuit ATP – cocasse – ont précédé une vague de candidatures féminines sur Twitter. A commencer par celle de la Belge Kirsten Flipkens avec qui il avait déjà joué à Wimbledon en 2006. Un tweet assez clair :

D’autres ont aussi fait un appel du pied à l’Ecossais sur les réseaux sociaux, Naomi Broady, Coco Vandeweghe et Barbora Strycova. Mais la candidature la plus inattendue est venue de… Billie Jean King. L’Américaine de 75 ans, retraitée depuis 1990 et qui s’est imposée quatre fois en mixte à Wimbledon, s’est dite prête sur Twitter à reprendre du service : « libre, j’enfile mes chaussures. »

Plus sérieusement, c’est peut-être la plus grande de toutes qui pourrait finir par prendre la raquette au côté du local de l’étape. Serena Williams dit aller mieux et s’est rendue « disponible » pour le Britannique. Un tandem Andy-Serena, ça serait fou. On en oublierait presque le « big three » pour de vrai.