Lyon: Ils vont tenter de faire planer leurs engins insolites lors de la compétition Red Bull Jour d’Envol

LOUFOQUE Parmi les 40 équipes du Red Bull Jour d’Envol, deux équipes lyonnaises espèrent bien gagner à domicile

Benjamin Terrasson

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Romain et Stéphane de l'équipe Bat'Pompier avec leurs collègues Lancer le diaporama
Romain et Stéphane de l'équipe Bat'Pompier avec leurs collègues — Benjamin Terrasson
  • C’est la deuxième fois, après Marseille en 2009, que Red Bull Jour d’Envol se tient en France.
  • Les Bat’Pompier de la caserne de Confluence et les étudiants de Up up up vont représenter Lyon.
  • 20.000 personnes sont attendues dimanche pour assister à cette compétition déjantée.

Une quarantaine d’objets volants non identifiés loufoques doivent s’écraser dimanche, dans la bonne humeur, dans le bassin de la Darse à Confluence. Pas de panique, ce n’est que la compétition Red Bull jour d’envol qui pose ses valises à Lyon. Depuis 1992, la marque de boisson énergisante organise cette rencontre totalement fun partout dans le monde. Après Marseille en 2009, elle vient pour la seconde fois en France.

Le principe est relativement simple. 40 équipes de quatre personnes ont été sélectionnées pour fabriquer un engin plus ou moins volant, plus ou moins original. Le jour J, un pilote prendra place dans la machine infernale construite avec ses coéquipiers. Ces derniers seront chargés de pousser l’engin posé sur un chariot à roulette du haut d’une rampe de 6 mètres, perchée au-dessus de l’eau.

Le but est d’aller le plus loin possible. Pour information, le record de distance est de 73,64 mètres, détenu par une équipe californienne d’ingénieur en aérospatial. Les pompiers de la caserne de Confluence, habitués aux coups d’éclats avant leur bal du 14 juillet, ont décidé de relever le défi. Romain, l’un des membres de l’équipe des Bat’pompier, ne le cache pas, il vise la gagne. « On va au moins planer sur 80 mètres », lâche-t-il dans un rire. Benoît, le concepteur de l’appareil, ébéniste avant de devenir pompier, tempère quelque peu l’enthousiasme de son coéquipier. « Déjà, si le pilote et notre engin touchent l’eau un peu plus loin que le chariot sur lequel on va le pousser ce sera pas mal ».

Un tiers de la note pour la distance parcourue, deux tiers pour le style

Mais la distance seule ne compte pas. Le jury, composé de sportif de haut niveau, dont le médaillé olympique de Ski alpin Luc Alphand, prendra en compte dans noter les concurrents la distance parcourue, pour un tiers, pour deux l’originalité. Autant dire qu’il faudra plonger avec style dans la darse de Confluence. C’est justement le point fort de la seconde équipe lyonnaise, si l’on en croit sa capitaine, Elise, étudiante de 22 ans.

« On s’est inspiré du film Là-Haut, où une maison s’envole grâce à des ballons, donc on mise beaucoup sur le visuel des ballons ». Les Bat’Pompier ont, eux, choisi de prendre les manettes d’un véhicule qu’ils maîtrisent déjà, leur ambulance. « La grande aile qui surmontera l’ambulance sera bleue pour représenter les gyrophares », détaille Romain, la main posée sur l’aile en question, à moitié prête. « Il nous reste encore pas mal de boulot… On va sans doute y passer la nuit », confesse-t-il dans un sourire.

Elise a construit seule son OVNI

Effectivement, victoire ou non, les deux équipes lyonnaises ont donné de leur personne dans la construction. Les amis de lycée d’Elise avec lesquels elle concourt ne sont pas à Lyon, elle a dû construire leur aéronef en grande partie seule. « Depuis deux semaines, je suis dessus de 18 heures à minuit ». Fabriqué en polystyrène, l’engin occupe une place non négligeable dans sa chambre d’étudiante de 30 m². « Au début, nous n’avons pas trop réfléchi à comment l’emmener jusqu’à la darse », admet-elle. La voiture prêtée par un ami fera l’affaire.

L’investissement est également financier. A la caserne de Confluence, on estime avoir mis aux alentours de 300 euros pour construire l’ambulance volante. « On a utilisé pas mal de matériaux de récup’ pour éviter les frais, l’aile par exemple est faite avec de la toile de parapente qui était destinée à être détruite », explique Benoit. L’entourage est d’ailleurs mis à contribution. « Ma belle-mère a cousu la toile de l’aile », détaille Romain. Elise, elle, a récupéré la table de sa mère pour en faire le chariot.

Les conditions de construction fixées par Red Bull sont plutôt strictes. Pour ne pas polluer la darse où vont se jeter les équipes, aucun matériau ne doit se dissoudre dans l’eau. De même l’OVNI ne doit pas excéder les 180 kg, pilote compris, et doit mesurer maximum 5 mètres de large et 6 mètres de longueur. Un contrôle technique sera effectué avant la compétition. « Il faut qu’on re-pèse l’aile une fois finit pour vérifier qu’elle passe le contrôle », précise Benoit.

Ensuite il n’y aura plus qu’à s’élancer. 20.000 spectateurs sont espérés par les organisateurs de la compétition. Les Bat’Pompier comptent bien profiter de jouer à domicile pour rameuter les 1.300 personnes qui suivent la page Facebook de la caserne de Confluence.