Antoine Bourdeix: «La Chine a donné une image positive d'elle-même»

JEUX PARALYMPIQUES Des Jeux positifs pour la Chine...

H.D.

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La cérémonie d'ouverture

Le show pékinois d’ouverture d'ouverture le 8 août bluffe le monde entier annoncant des Jeux grandioses.
La cérémonie d'ouverture Le show pékinois d’ouverture d'ouverture le 8 août bluffe le monde entier annoncant des Jeux grandioses. — AFP

Entretien avec Antoine Bourdeix, représentant de Publicis Consultants en Chine. Il nous parle de l'image de la Chine après les JO et les jeux paralympiques....

 
Qu’en est-il de l’image de la Chine après ces Jeux?
La Chine a réussi le pari de montrer une image positive d’elle-même en très peu de temps, même si elle suscite encore beaucoup de débats à l’étranger. On assiste à son ouverture depuis 30 ans, et cela s’est accéléré en 2001 avec l’entrée dans l’OMC et l’obtention de l’organisation des Jeux. Cette ouverture procède d’une forte volonté d’apparaître à nouveau comme une grande puissance, ce qui est à rapprocher de l’ouverture du Japon et de la Corée, les deux autres pays asiatiques hôtes des Jeux. Comme eux, la Chine a réalisé son pari en organisant des Jeux à sa dimension. Pour reprendre la phrase de Jacques Rogge lors de la cérémonie de clôture, ces Jeux ont été exceptionnels, même si depuis un an la Chine a été observée sous toutes les coutures et a été beaucoup plus critiquée qu’elle ne l’était auparavant. On s’inquiétait par exemple de la pollution, et le record de vitesse du marathon hommes a été battu. Les JO permettent donc à la Chine de marquer la transition entre son statut d’atelier du monde et celui de puissance mondiale.

Pour lire un bilan des jeux paralympiques, c'est ici...

Pensez-vous que les sponsors aient profité de ce changement?

Ce qui est intéressant par rapport à ces jeux, ce sont les coups médiatiques, comme Li Ning porteur de la torche, ou Puma qui sponsorisait le champion du 100m. Dans ce dernier cas, Puma s’en est bien tiré, ce qui n’était pas prévu. Ce qui va intéressant à voir maintenant, c’est l’évolution du marché du sponsoring avec l’apparition de nouveaux athlètes chinois, alors qu’avant, seuls Yao Ming et Liu Xiang se partageaient les sponsors.

Est-ce que l’image de la Chine à l’étranger est aujourd’hui plus réaliste?

Toute la difficulté quand on parle de la Chine, c’est d’arriver à la saisir dans toute sa diversité et de ne pas la réduire à une opposition binaire, autrement dit, d’avoir une image mesurée. Pendant les Jeux, les coups de projecteurs médiatiques ont montré à la fois une Chine exceptionnelle et une Chine plus critiquable. Aujourd’hui, il faut trouver la juste mesure pour essayer de définir ce qu’elle est réellement. La Chine a su montrer qu’elle avait évolué, l’étranger se rend maintenant compte peu à peu qu’elle est en train de devenir un acteur responsable de la mondialisation.