FC Nantes: «Il me dégoûte», Emiliano Sala en voulait beaucoup à Kita avant sa disparition

DRAME Mercredi soir, La chaîne L'Equipe diffusera un reportage sur le transfert et la mort de l'ancien attaquant du FCN en janvier

David Phelippeau

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Le poster de Sala à la Beaujoire.
Le poster de Sala à la Beaujoire. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
  • Un reportage sur le transfert et la mort de Sala sera diffusé dans l’émission « L’Equipe Enquête » sur La chaîne L’Equipe mercredi soir.
  • Une note vocale inédite indique que l’Argentin ne portait pas dans son cœur le président Kita avant l’accident d’avion.

En privé, il ne mâche pas ses mots à l’encontre de sa direction. Mercredi soir, l’émission L’Équipe Enquête diffusera un reportage consacré à « Emiliano Sala, les secrets d’un destin brisé ». Dans ce sujet d’un peu plus d’une heure que 20 Minutes a pu visionner, une note vocale (inédite) adressée par Emiliano Sala à un de ses proches a retenu notre attention. Il l’envoie le 6 janvier, soit treize jours avant son transfert à Cardiff City et quinze jours avant sa disparition. Il évoque un appel de Franck Kita, directeur général délégué du FCN, à Meissa N’Diaye, l’agent de l’Argentin.

« Eux [Waldemar et Franck Kita] veulent me vendre. Il y a l’offre de Cardiff aujourd’hui. De leur côté, ils ont négocié pour gagner beaucoup d’argent. Donc eux veulent absolument que je parte là-bas. C’est vrai que c’est un bon contrat, mais sportivement, ce n’est pas intéressant pour moi. Eux essayent par tous les moyens que j’aille là-bas. Moi, je n’ai pas peur d’aller là-bas. Mais, je me dis que Meissa doit me trouver quelque chose de mieux d’ici à la fin du mercato. »

« Lui, il ne s’intéresse qu’à l’argent »

Emiliano Sala explique à son proche qu’il ne veut et peut plus rester à Nantes : « Meissa, il a dit non à Cardiff car il ne veut pas que j’aille là-bas. Il pense qu’on est dans une situation de force dans tous les domaines par rapport au foot, au contrat etc. Mais, moi, je m’en fous d’être en position de force. C’est vrai que j’aimerais trouver quelque chose d’intéressant au niveau sportif et contractuel, mais parfois tu ne peux pas les deux. »

Il poursuit alors sans concession avec le président nantais : « D’un autre côté, je ne veux pas parler avec Kita parce que je n’ai pas envie de m’énerver. C’est une personne qui me dégoûte quand il est en face de moi. Lui, aujourd’hui, il veut me vendre à Cardiff car il a fait une super négociation, il va rentrer l’argent qu’il veut. Lui, il veut que je parte là-bas, il ne m’a même pas demandé à moi. Lui, il ne s’intéresse qu’à l’argent. […] Je ne sais pas quoi faire car comme je t’ai dit c’est moi qui dois me lever tous les matins et voir le visage de cette personne-là. […] Donc, c’est très dur, très dur parce que j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui se mettent à ma place. »

Pour rappel, Emiliano Sala s’était engagé pour un salaire de près de 300.000 euros mensuels avec Cardiff, soit six fois plus que ce qu’il touchait à Nantes.

Kita « surpris de cette haine »

Ce mardi matin, le journal L'Equipe révèle que le président Kita se défend en réaction à ce reportage qui ne l’épargne pas. « Je suis un peu surpris de cette haine à mon égard. Surpris et déçu car je me comporte du mieux possible avec les gens. » Il poursuit sur le règlement du transfert (17 millions d’euros) qu’il n’a toujours touché : « Je ne veux même pas de cet argent et peut-être que je ne le toucherai jamais. Mais n’oubliez pas qu’il y a Bordeaux et on doit le rémunérer [Bordeaux doit toucher 50 % du transfert]. […] Je ne joue pas avec cela. Je ne suis pas un comédien. J’étais davantage bouleversé que certains le croient. »