OM: Eyraud «extrêmement déçu» par la saison, McCourt n'en pense pas moins

FOOTBALL Jacques-Henri Eyraud n’apprécie qu’à moitié la saison de l’Olympique de Marseille

W.P, avec AFP

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Jacques-Henri Eyraud au Vélodrome.
Jacques-Henri Eyraud au Vélodrome. — C. Paris / AP / SIPA

Pas de titre, une chance infime de jouer en Coupe d'Europe l’année prochaine, un parcours catastrophique en Ligue Europa. L’année de l'Olympique de Marseille a encore été un long chemin de croix pour les supporters phocéens. Leur président, Jacques-Henri Eyraud​, en est conscient, et promet, avant le choc face à Lyon dimanche, des changements. Même si pour lui, l’heure du bilan n’est pas tout à fait venue.

Cette saison est-elle un échec ?

Je suis extrêmement déçu de cette saison, on a tous conscience que les résultats ne sont absolument pas à la hauteur de nos attentes, surtout avec cette équipe-là, donc on va en tirer les conclusions.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Ce n’est pas le moment de faire le bilan, on le fera dans quelques semaines. Je peux dire en revanche que nos choix en début de saison sont la conséquence de la saison passée, exceptionnelle, avec la première finale européenne de l’OM depuis 14 ans. Nous avons fait le choix de la stabilité, pensant qu’une telle équipe ayant vécu ces 62 matchs devait montrer encore plus de capacité à combattre, mais ça ne c’est pas passé comme ça.

Qu’en pense le propriétaire Frank McCourt ?

Il aura l’occasion de s’exprimer à l’issue de la saison, mais il est, comme moi, extrêmement déçu.

Quelles sont les conséquences financières si vous n’allez pas en coupe d'Europe ?

Quand nous sommes arrivés, il a fallu beaucoup investir, cela entraîne plusieurs saisons de résultats d’exploitation négatifs financés sur les fonds propres de Frank McCourt. Cela a toujours été prévu. Nous avons fait ce que nous avions dit que nous ferions, scrupuleusement. Ce serait très malhonnête de nous reprocher de ne pas avoir fait les investissements qu’on s’était engagés à réaliser. Et si cette saison sera encore déficitaire, nous avons prévu d’atteindre l’équilibre sur les deux, trois années qui viennent. La pérennité financière est un de nos objectifs principaux, le fair-play financier nous le demande, et on le fera. On n’avait certainement pas prévu de ne pas être européen, si c’est bien ce qui se passe : il reste trois matchs pour accrocher une place européenne.

Faute de l’argent des coupes d’Europe, Frank McCourt va-t-il réinvestir de l’argent ?

L’OM a la chance d’avoir un entrepreneur qui s’inscrit dans la durée, parce qu’il aime Marseille et il aime ce club, profondément, et il fera tout pour le ramener au plus haut niveau. Tout le monde doit en être convaincu. Nous nous adapterons à cette nouvelle donne et nous afficherons dès l’année prochaine des ambitions élevées.

Rater l’Europe serait-il un accident industriel ?

Non, les entreprises qui les subissent ne s’en relèvent pas, ce n’est pas notre cas.

Le public est en colère, sera-t-il difficile à reconquérir ?

Une victoire contre Lyon serait un signal fort des joueurs, ils montreraient qu’ils ne lâchent rien. Quant au public, c’est le même qui, il y a presque un an jour pour jour, vibrait comme jamais face à Leipzig et Salzbourg. Il doit se rappeler que peu ou prou c’est cette même équipe qui l’a fait vibrer tellement fort, même si je comprends leur colère et leur déception.

Êtes-vous déçu par Rudi Garcia ou Andoni Zubizarreta ? Pourraient-ils quitter le club ?

On fera un bilan à la fin de la saison. Ce n’est absolument pas le moment de distribuer des bons et des mauvais points à qui que ce soit, on a tous une responsabilité dans la saison qui vient de s’écouler, il est important de regarder la réalité dans les yeux et de faire en sorte que l’année prochaine l’équipe montre un autre visage.

Êtes-vous déçu par les joueurs ?

Les joueurs ont évidemment une grande responsabilité, c’est eux qui sont sur le terrain et qui décident ou pas de faire passer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts individuels.

Vous avez déjà évoqué pour l’équipe une fin de cycle…

Avec la saison qu’on a connue, on procédera à des changements importants pour rebondir et afficher un autre visage. Les maîtres mots seront le respect de l’institution et la responsabilité qu’on doit ressentir en portant ce maillot, parce que ce n’est pas un maillot comme un autre, ce n’est pas un club comme les autres.