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Affaire Pierre-Ambroise Bosse: L'athlète devant la justice après une violente bagarre sur un parking
JUSTICE•Le champion du monde du 800 m va devoir s’expliquer, tout comme son agresseurClément Carpentier
L'essentiel
- Après une soirée arrosée, Pierre-Ambroise Bosse s'était battu en août 2017 avec un autre homme.
- Il est poursuivi pour « violence avec usage ou menace d’une arme sans incapacité. »
- Comme son adversaire, il devra assumer un casier judiciaire pas tout à fait vierge.
Ce mardi, Pierre-Ambroise Bosse ne se présentera pas comme à son habitude en chambre d’appel avant un 800 m dont il a le secret. Mais bien devant la 5e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Bordeaux. L’ambiance sera bien différente. Il ne fera pas face à des milliers de spectateurs d’un stade prêts à l’acclamer mais face à un président de tribunal (et ses deux assesseurs), à un procureur de la République et à des avocats. Ce sera l’heure de vérité pour le champion du monde. L’heure de s’expliquer sur sa violente bagarre avec Anthony Etcheverry sur le parking du casino de Gujan-Mestras en Gironde après une soirée arrosée dans la nuit du 26 au 27 août 2017.
Pierre-Ambroise Bosse devra répondre de « violence avec usage ou menace d’une arme sans incapacité » alors que son adversaire, un ancien rugbyman amateur et handicapé, est poursuivi pour « violence par une personne en état d’ivresse manifeste suivie d’incapacité supérieure à 8 jours. » Après une première confrontation dans le bureau de la juge d’instruction, les deux hommes vont de nouveau se retrouver avec le souhait pour Arnaud Dupin, l’avocat du second, « de comprendre comment cette soirée a pu basculer. »
L’athlète est-il à l’origine de la bagarre ?
L’une des principales questions sera notamment de savoir lequel des deux est à l’origine de la bagarre. Depuis le premier jour, Anthony Etcheverry, toujours sous contrôle judiciaire, affirme qu’il s’agit de PAB : « Mon client a reçu un verre sur le coin de la figure et les conséquences auraient pu être plus graves pour lui alors qu’il n’avait rien à voir dans cette histoire », affirme son défenseur tout en rappelant qu’il « a fallu se battre pour que le parquet poursuive aussi Pierre-Ambroise Bosse. »
L’athlète français n’a jamais confirmé ou infirmé clairement cette version laissant seulement entendre dans l'Equipe, il y a quelques semaines, qu’il « n’avait rien à se reprocher » alors que son avocate, Louise Antenni, se disait « sereine. » Selon sa version, il prenait simplement de photos et signait des autographes avec quelques personnes au moment où il a été agressé.
Reste que PAB a subi les coups de son adversaire pour au final une incapacité de travail de 18 jours qui a mis fin à sa saison 2017. Une violente agression que « regrette » aujourd’hui Anthony Etcheverry, auteur « d’un coup de poing et peut-être d’un coup de pied » au moment des faits selon Me Dupin. Un avocat qui compte bien insister sur l’attitude de Pierre-Ambroise Bosse depuis le pugilat :
« « On a eu le droit à un mensonge public où il s’est fait passer pour la victime dans les médias (photos à VSD, confessions intimes à RTL). On ne peut pas manipuler les gens comme ça. Mon client a subi le tribunal médiatique. C’est terrible. Il a été abasourdi sur le moment. Il aurait pu répondre mais il ne faut jamais oublier à qui on doit des comptes. C’est à la justice et non aux médias » »
Bosse va devoir « assumer » son casier judiciaire tout comme son agresseur
Et l’heure est arrivée pour les deux jeunes hommes, âgés de 26 ans. Dans cette affaire, PAB devra également faire avec son passé comme le révélait L’Equipe en mars. En effet, le champion du monde a avoué « avoir un truc au B2. » C’est-à-dire au bulletin n°2 du casier judiciaire, en dessous du B3 (celui des sanctions les plus graves). « C’est un petit délit de dégradation de scooter, une petite poussette… », laissait-il entendre.
Par le passé, il a aussi été condamné pour conduite en état d’ivresse avec au final une suspension de permis de cinq mois. Mais le Girondin originaire du Bassin d’Arcachon et aujourd’hui licencié au Lille Métropole Athlétisme ne compte pas se défiler comme sur la piste : « On a tous des antécédents, je les assume. » Et il ne sera pas le seul puisque Anthony Etcheverry est aussi connu de la justice pour des faits d’agression et d’infraction à la législation sur les stupéfiants.


















