L'ancien lieutenant de Tapie refuse de «jeter en pâture» le nom de l'arbitre qu'il aurait corrompu avant un PSG-OM

FOOTBALL Marc Fratani confirme qu'il va sortir un livre sur ses années à l'OM

J.L. avec AFP

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Bernard Tapie le 7 janvier 2019 sur un plateau de LCI.
Bernard Tapie le 7 janvier 2019 sur un plateau de LCI. — RETMEN/SIPA

Longtemps factotum de Bernard Tapie, Marc Fratani affirme avoir corrompu l'arbitre d'un Marseille-Paris SG à la demande de son patron. Mais il refuse de «jeter en pâture» son nom, a-t-il expliqué vendredi à l'AFP. «Si je donne un nom, il niera. Et je ne veux pas pourrir la fin de vie d'un type qui n'a rien fait contre moi. Au contraire, il a aidé l'OM», raconte Fratani. «Certes, il n'a pas été d'une grande moralité, mais je ne veux pas le jeter en pâture, qu'il se rassure.»

Dans un entretien au Monde daté de samedi, l'ex-homme à tout faire de «BT» a raconté, entre autres mauvaises pratiques, cette affaire de corruption d'arbitre quand son patron présidait l'OM (1986-1994). «Je ne parle pas pour l'accabler avant son procès» qui s'ouvre lundi dans l'affaire du Crédit Lyonnais, assure Fratani, ajoutant qu'il avait l'intention de parler dès 2016, avait rédigé un livre en 2017, mais en a retardé la publication quand Tapie a annoncé être atteint d'un cancer. Non, s'il a décidé de parler, c'est parce que son ancien mentor «a renié ses engagements».

«Tapie m'a assassiné»

Lesquels ? Pourquoi ? Selon des sources concordantes, Tapie aurait fait capoter une affaire de son ancien homme de confiance en 2016. Mais Fratani n'en dira pas plus. «C'est à cause d'une immense déception que je me suis confié, pas pour me venger mais pour faire comprendre (à Tapie) que ce qu'il a fait est inadmissible. Je ne me sens pas trahi mais assassiné».

Son livre est aujourd'hui «en stand-by». Maintenant que l'ancien président de l'OM «a repris du poil de la bête», Fratani prévoit de le sortir fin 2019. «S'il est dans une bonne condition, surtout s'il gagne son procès, ce que je lui souhaite».Il insiste: il ne s'agit «pas d'une vengeance. Mon intention était de lui rappeler tout ce qui a été fait pour lui pendant 25 ans», évoquant outre la corruption autour de matches de football «des compromissions politiques pas très démocratiques que j'ai cautionnées et auxquelles j'ai participé.»