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Pékin: pas de motif pour le meurtrier d’un Américain proche de l’équipe américaine
FAIT DIVERS•Les attaques d’étrangers sont très rares et toutes les hypothèses sont envisageables...A Pékin, Caroline Dijkhuis
Un Chinois a poignardé un couple d’Américains et leur guide chinoise samedi midi dans un des lieux les plus touristiques de Pékin, la Tour du Tambour, puis il s’est suicidé en se jetant du deuxième étage du bâtiment. Les touristes attaqués sont les parents de l’un des quatre entraîneurs de l’équipe américaine de volley-ball.
La nouvelle, relayée seulement par l’agence officielle Chine Nouvelle, a consterné la ville qui vient de fêter en beauté le coup d’envoi des Jeux olympiques. Sur le parvis de la tour, une télévision hongkongaise a installé un satellite – dispositif autorisé uniquement pendant les Jeux – et retransmet la nouvelle en direct.
La première histoire politique des Jeux malgré elle
L’événement a de l’importance : la violence envers les étrangers est très rare en Chine. Le père poignardé – son identité n’a pour l’instant pas été dévoilée – est décédé, la mère était toujours en soins intensifs samedi soir à l’hôpital Xiehe, l’un des plus réputés de Pékin. Une guide chinoise a elle aussi été blessée.
A l’hôpital, la surveillance a été renforcée et les portes de l’étage des soins intensifs sont bloquées par des gardes privés. George W. Bush, qui doit rencontrer dimanche le président chinois Hu Jintao, a été prévenu et a adressé ses pensées à la famille. Le Comité international olympique a dit être «profondément attristé» par le «tragique accident» et a présenté ses condoléances aux familles des victimes et à la délégation sportive américaine. Mais pour l’instant, le geste de Tong Yangming, l’assaillant, demeure inexpliqué.
Plusieurs pistes envisageables
Selon une organisation hongkongaise, le centre d’information pour les droits de l’homme et la démocratie, Tong Yangming, 47 ans, originaire de Hangzhou dans le sud du pays, serait venu à Pékin pour se plaindre à l’administration centrale de son gouvernement local.
Cette piste, non confirmée, est probable: ils sont des milliers de «shangfang» (« visiteurs qui montent ») chaque année à faire le trajet pour transmettre leur requête de propre voix; mais les Jeux olympiques approchant, ils ont été chassés de la capitale, et les administrations leur ont fermé leurs portes.
Interpol, qui collabore avec Pékin le temps des JO, enquête en ce moment sur Tong Yangming et cherche à déterminer s’il a des liens avec une quelconque organisation terroriste ou criminelle. Selon l’organisation internationale, l’homme venait de divorcer et n’avait pas été pas été vu par ses proches depuis deux mois.
Silence et discrétion dans le voisinage
En tous cas, dans les hutongs, les allées du vieux-Pékin qui entourent la Tour du Tambour, personne ne se permet de commenter le drame qui pourrait entâcher les JO.
Les volontaires de sécurité, ces retraités qui habitent le quartier et sont habitués à la surveillance systématique du temps de Mao, veillent et tancent leurs voisins qui se permettent de donner la moindre indication aux journalistes.



















