Tout ce que vous voulez savoir sur le dopage
TOUR2008•Nous répondons à vos questions...Romain Scotto
Les affaires s’enchaînent sur le Tour mais les interrogations demeurent à chaque fois les mêmes. 20minutes.fr se penche sur ces questions que tout le monde se pose.
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Peut-on gagner le Tour de France en étant propre?
D’après le palmarès de l’épreuve depuis treize ans, non. Si Lance Armstrong (vainqueur de 1999 à 2005) et Alberto Contador (2007) ont triomphé dans un climat de suspicion sans jamais être contrôlé positif, les quatre autres vainqueurs depuis 1995 ont tous été rattrapés par la patrouille.
Bjarne Riis (1996), surnommé Monsieur 60% dans le peloton en raison d’un taux d’hématocrite anormalement élevé, a récemment avoué, la larme à l’œil, s’être dopé à l’EPO. Son ancien coéquipier, Jan Ullrich, a payé cher sa consommation d’amphétamines, tout comme Floyd Landis, l’ancien lieutenant d’Armstrong, déchu pour un contrôle à la testostérone.
Quant à Marco Pantani, le vainqueur de 1998, l’année de l’affaire Festina, il a été contrôlé positif à Madonna di Campiglio, avant de décéder d’une overdose. Ces différents scandales prouvent qu’il n’est pas facile de gagner le Tour à l’eau claire.
Pourquoi les coureurs se dopent-ils à l’EPO si elle est détectée?
En 2008, compte tenu des progrès de la lutte antidopage, il peut paraître inconsidéré de s’injecter de l’EPO. Mais selon Gérard Dine, hématologue spécialiste du dopage sanguin, moins de 10% des dopés sont positifs (Lire toute l’interview en cliquant ici). Malgré le prix souvent prohibitif des cures d’EPO, le risque en vaut la chandelle. Dix ans après l’affaire Festina, les méthodes de dopage n’ont pas beaucoup évolué. Et il n’y pas de raison que ça change.
Est-ce une spécificité espagnole?
Depuis le début du Tour, deux coureurs espagnols ont été coincés. Le troisième (Ricco) appartient à une formation ibérique (Saunier Duval). Ces nouvelles affaires ternissent donc un peu plus l’image d’un pays mis à l’index depuis l’affaire Puerto(lire l’article sur ce sujet en cliquant ici). Pat Mac Quaid, le président de l’UCI affirmait ce jeudi: «Ils sont plus lents à comprendre le message». Les Français, dont le dernier cas de dopage remonte à 2006, semblent l’avoir mieux compris.
Le cyclisme est-il plus touché que les autres sports?
Tout dépend de la façon dont on pose le problème. Les cyclistes se dopent-ils plus que les autres ou la lutte antidopage est-elle plus efficace dans ce sport? D’après les dernières statistiques communiquées par l’AFLD, le cyclisme arrive largement en tête des contrôles diligentés (328 par trimestre), devant l’athlétisme (131) et le football (75).
La forte attractivité du Tour de France et la popularité du cyclisme focalisent l’intérêt des médias sur certaines affaires. Mercredi, sur l’antenne d’RTL, Vincent Lavenu, le directeur sportif de l’équipe Ag2R s’étonnait du faible écho accordé dans la presse au contrôle positif du champion d’Europe du 3000m steeple, Simon Vroemen. Un athlète de premier plan dont le palmarès est pourtant bien plus étoffé que celui de Moises Duenas. Mais un sport peu populaire.


















