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Espagne, l’esprit de Neustift

Espagne, l’esprit de Neustift

EURO2008 – Si la sélection espagnole dispute sa première finale depuis 24 ans, elle le doit à un état d’esprit enfin irréprochable…
A Vienne, Antoine Maes

A Vienne, Antoine Maes




C’est un bled paumé accroché aux flancs des montagnes tyroliennes. Un supermarché, des hôtels (vides l’été), des loueurs de ski, et… l’équipe d’Espagne. C’est à Neustift im Stubaital que Luis Aragones a installé son squad. Et c’est là que la Seleccion s’est enfin forgé un vestiaire solide. C’est en tout cas ce que la presse du pays raconte, expliquant ce miracle par une formule: «l’esprit de Neustift».


A l’origine, une sélection espagnole sans conflits internes, c’est un doux rêve. Aragones ne s’y est pas pris par quatre chemins pour souder son groupe.

Il a d’abord commencé par virer Raul (dont c'est l'anniversaire aujourd'hui), ce qui, selon le Barcelonais Xavi, a produit son petit effet. Il a ensuite imposé Fabregas sur le banc, sans que le milieu d’Arsenal ne bronche. «Je suis là pour apporter à l’équipe, et pas réclamer quoi que ce soit», récite Cesc en boucle. Des mesures strictes qui ont assis l’autorité du «Sage d’Hortaleza».



«Ils parlaient musique»


Certains ont tout de même essayé de la tester… Pendant un jour de relâche, Sergio Ramos est allé aligner quelques bières dans un bar du coin. Rien de grave, si ce n’est que le latéral droit madrilène est tout sauf souverain sur les terrains Autrichiens. Sur le pré de Neustift, alors que les caméras tournent, les deux hommes en viennent quasiment aux mains avant un entraînement.

Il y a deux ans, cette scène aurait scellé le sort de l’équipe. Cette fois, les joueurs préfèrent en rire. «Je crois qu’ils parlaient musique», s’amuse Fernando Torres, qu’on avait envoyé s’expliquer face aux médias.


Les relations avec les medias, d’ailleurs, sont cordiales. La troupe espagnole qui suit continuellement la Seleccion à droit à trois joueurs par point presse. Pas toujours titulaires, d'ailleurs... Et qui parlent beaucoup mais ne disent rien. Et poser de vraies questions et très déconseillé. Avant d’affronter la Russie, on a demandé aux joueurs ce qu’ils préféraient: voir Aragones rester à la tête de l'équipe ou rejoindre Fenerbahce. «Next question» a coupé l’officiel espagnol. Quant aux interviews en Catalan, elles sont purement et simplement interdites. L’Espagne a une cohésion à préserver.