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Maintenant qu’on a soldé le Mondial, c’est quoi la suite pour les Bleus?

Equipe de France: Maintenant qu’on a soldé le Mondial, c’est quoi la suite?

FOOTBALLLe revers logique face aux Pays-Bas a montré que les Bleus devaient se réinventer quatre mois après le sacre de champion du monde…
Julien Laloye

Julien Laloye

Dimanche, Didier Deschamps était l’invité de Téléfoot, en vertu du contrat qui lie l’équipe de France et son principal diffuseur. Deux jours après le pire match des Bleus depuis la restauration, le sélectionneur des Bleus est apparu plus roc monolithique que jamais, loin de l’ébauche d’autocritique lâchée à chaud vendredi soir à Rotterdam (« On est peut-être tombés dans un certain confort, et je ne m’exclus pas de cette réflexion »). Cette fois, il était question de simples « difficultés ponctuelles ». « Si nous on a des problèmes pour un mauvais match aux Pays-Bas, il ne fait pas oublier tout ce qu’on a fait de bien. Je ne veux pas dramatiser non plus. »

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Un modèle de jeu au bord de l’épuisement

Plus conservateur que le conservateur du Louvre, DD ? En apparence. Le sélectionneur aime raconter qu’il ne lit rien, alors qu’il sait tout des débats qui entourent sa personne. La petite musique du moment ? La France championne du monde bâtie sur le sens du sacrifice de 12 ou 13 joueurs maximum (les autres ont vu tout ça du banc) et le talent offensif d’un ou deux (Mbappé et Griezmann), a vécu. Une sélection de cette envergure et de ce statut ne peut pas continuer à jouer comme l’Atletico Madrid, sous peine d’imploser quand la pression et l’exigence d’une grande compétition n’est plus là pour rappeler les bienfaits d’un repli défensif pour les ressorts de la cause collective.

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Une fois n’est (vraiment) pas coutume, on se permettra même de citer Pierre Ménès, qui sait parfois trouver la bonne formule entre deux saillies sur Mediapart : « Une équipe qui s’emmerde et qui gagne, elle oublie qu’elle s’emmerde. Une équipe qui s’emmerde et qui perd, elle se souvient très vite qu’elle s’emmerde ». Quatre mois après le sacre indélébile de Moscou, l’équipe de France en est là, et c’est peu de dire qu’on a été surpris de voir Kylian Mbappé débarquer en conf’à Clairefontaine dimanche. Malgré son jeune âge, le Parisien est le seul franc-tireur du groupe tricolore avec Pogba. Capable de lâcher une bombinette à n’importe quel moment. On a attendu avec gourmandise, mais Kylian est resté dans les rails jusqu’au bout.

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Sur le style de jeu des Bleus ? « Si vous jouez une défense qui laisse des espaces, c’est mieux de jouer avec l’équipe de France. Si c’est une équipe qui vous attend, c’est mieux avec le PSG, avoir la possession et les user. Je prends du plaisir avec les deux. Tant que je suis sur le terrain, ça va. » Sur son envie mesurée de défendre alors que les Bleus refusent volontairement d’avoir le ballon. « Il faut forcer son naturel si l’équipe en a besoin. Parfois il y a des manques, ça se travaille, faut continuer, un jour je pourrai le faire plus constamment. »

Et le plaisir, là-dedans ?

Si Didier Deschamps voulait vérifier que personne ne bronchait dans les rangs, c’est réussi. Enfin presque. On a trouvé un petit truc à grignoter en rembobinant les paroles du Bondynois, interrogé sur la colère froide du sélectionneur immédiatement après la rencontre, suivie d’une sorte de sanction informelle, puisque les Bleus ont bossé samedi alors qu’ils auraient dû avoir quartier libre en soirée selon un deal passé avec le staff en amont. « Le coach il envoie des messages, peut-être qu’il a ressenti qu’on était trop trop détendus. Il faut prendre en compte cet avertissement et se remettre d’aplomb pour montrer un meilleur visage. »

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Comprendre que le garçon, et à travers lui le groupe, n’est pas convaincu que tout ça soit une simple affaire d’engagement. Les Bleus ont trop souvent été à la limite depuis la rentrée pour ne pas voir qu’ils sont arrivés au bout de la logique mondialiste. Deschamps l’a constaté aussi, mais il serait injuste de lui reprocher son attachement à des hommes et à une tactique qui l’ont porté tout en haut. Le voilà forcé de changer, même s’il a beaucoup plus changé qu’on ne le pense depuis son arrivée en 2012, les joueurs et les systèmes. Au hasard : DD ne jurait que par Benzema jusqu’en 2015, avant de passer pour le dernier rempart entre Giroud et les gilets jaunes du foot français depuis l’Euro.

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Plusieurs idées au débotté. Réinstaurer de la concurrence parmi les mondialistes en premier lieu. Un exemple parmi d’autres ? Dembélé n’a pas vocation à gâcher éternellement les opportunités qui lui sont données de faire basculer les matchs. Aller chercher des idées neuves en dehors. Plusieurs joueurs ont été laissés de côté par le staff ces dernières saisons parce qu’ils ne collaient pas à la logique de jeu ou de groupe, on ne sait pas trop.

Changer les hommes et le jeu ?

Si l’on enlève Benzema, un dossier classé depuis longtemps par la FFF, Lacazette est le meilleur avant-centre tricolore « pur », habitué à évoluer dans des équipes qui ont le ballon. Il ne changerait pas le jeu des Bleus à lui tout seul, mais c’est un profil qui laisse entrevoir d’autres choses. Sa dernière apparition, avec Anthony Martial, avait débouché sur l’un des matchs les plus aboutis des Bleus sur le plan offensif ces dernières saisons. Aouar ou Guendouzi, milieux créateurs prometteurs des Espoirs, ne feraient pas tâche non plus, en ces temps de disette, quand Pogba, Tolisso ou Rabiot ne sont pas là pour des raisons diverses.

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« Ce n’est pas tout de superviser l’évolution des joueurs, rétorque Deschamps, C’est plus de voir ces joueurs-là au niveau international en sachant les exigences qu’il y a. Il y a des étapes à franchir. » Message subliminal : les nouveaux doivent aller chercher leur place avec les dents parce que personne ne leur donnera. On pense à Ferland Mendy, convoqué pour la première fois cette semaine, et sa réponse quand il est interrogé sur ce qu’il pourrait apporter aux Bleus sur le terrain : « J’espère apporter ma détermination et mon envie. Après, je ne vais pas parler football, je ne vois pas ce que je pourrais apporter sur le terrain qu’ils n’ont pas. »

Pourtant, cela saute aux yeux : un arrière-gauche avec un pied droit pareil doit pouvoir jouer à droite tranquillement, ce qui ne ferait pas du mal à un Pavard au bord du burn-out. Autre avantage, c’est une solution concrète applicable dès mardi face à l’Uruguay. Ce serait un peu fou selon les standards du sélectionneur ? Un peu de folie nous ferait du bien pour finir l’année.