Luzenac: Le club ariégeois réclamait 39,5 millions d’euros, la LFP lui en versera... 2.000

JUSTICE Le tribunal administratif de Toulouse a condamné la LFP à réparer le préjudice moral subi par le club de Luzenac, interdit d’accession en Ligue 2 en 2014…

Nicolas Stival

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Le logo du Luzenac Ariège Pyrénées en juillet 2014.
Le logo du Luzenac Ariège Pyrénées en juillet 2014. — F. Lancelot / Sipa
  • Luzenac va toucher 2.000 euros de préjudice moral, après les 15.000 euros versés par la FFF, bien loin de ce que le LAP réclamait.
  • Le tribunal toulousain estime que Frédéric Thiriez, alors président de la LFP, avait manqué à son droit de réserve.
  • Aujourd’hui, le club ariégeois évolue en sixième division, la Régional 1.

Oui, la Ligue de football professionnel (LFP) a commis des fautes, deux exactement, au moment de traiter la demande d’accession du Luzenac Ariège Pyrénées (LAP) en Ligue 2, au printemps et à l’été 2014. Mais non, ces fautes « ne sont pas la cause du défaut de participation au championnat de L2 » du club ariégeois, qui avait gagné sportivement sa place dans l’antichambre de l’élite.

Tel est le jugement rendu ce jeudi par le tribunal administratif de Toulouse, lors du énième épisode de la saga judiciaire qui oppose depuis quatre ans le LAP aux instances du foot français. La LFP s’en sort avec 2.000 euros d’indemnité à verser au club du président Jérôme Ducros, jadis épaulé par Fabien Barthez, « en réparation du préjudice moral causé par le manquement au devoir de réserve du président de la Ligue » de l’époque, selon le tribunal.

Jérôme Ducros, Fabien Barthez et Christophe Rodriguez, les dirigeants de Luzenac lorsque le club était aux portes de la Ligue 2, le 25 avril 2017 au Tribunal administratif de Toulouse.
Jérôme Ducros, Fabien Barthez et Christophe Rodriguez, les dirigeants de Luzenac lorsque le club était aux portes de la Ligue 2, le 25 avril 2017 au Tribunal administratif de Toulouse. - N. Stival / 20 Minutes

Ledit président, Frédéric Thiriez, s'était publiquement positionné contre une Ligue 2 à 21 clubs au lieu de 20. Châteauroux ayant été repêché, cette position équivalait à fermer les portes de la L2 au LAP. Cette faute est la deuxième reprochée à la LFP.

17.000 euros de dédommagement au total

La première, selon la justice, la commission de contrôle des clubs professionnels n’aurait pas dû « prononcer une mesure d’interdiction d’accession à l’encontre du club », le 5 juin 2014, car elle n’était pas compétente pour le faire.

Cependant, le tribunal toulousain juge que le préjudice moral causé par cette première faute a été déjà réparé, lorsqu’il a condamné la Fédération française (FFF) à verser 15.000 euros à Luzenac le 16 mai 2017.

Au total, le club aura donc récupéré 17.000 euros auprès de la FFF et de la LFP, acteurs majeurs du feuilleton sportivo-judiciaire de l’été 2014, qui avait passionné, et parfois atterré, les amateurs de foot. La décision de jeudi, susceptible d’appel, ne satisfera pas le club qui réclamait… 39,5 millions d’euros d’indemnités.

Autre motif de contrariété pour le LAP : le tribunal administratif de Toulouse indique que s’il n’est pas monté en L2 voici quatre ans, ce n’est pas à cause des deux fautes de la LFP. Mais bien parce qu’il « n’a pas su se mettre en conformité avec les exigences réglementaires de la FFF en termes d’infrastructures et d’équipements sportifs ». Faute de stade adapté en Ariège, à Luzenac ou Foix, le LAP avait tenté de se rabattre, en vain, sur Ernest-Wallon, le fief du Stade Toulousain.

Joint par 20 Minutes, Christophe Rodriguez, directeur sportif du club à l’époque, désormais président de l'association, s’avoue « déçu, écœuré, abattu »:

En fait, la justice dit que la LFP est fautive, mais qu’on ne va pas la sanctionner et qu’on ne va pas dédommager le club. Je ne comprends pas du tout. Au quotidien, on s’investit pour essayer de faire tourner l’association, des bénévoles œuvrent pour que les jeunes puissent s’épanouir à travers le foot, et ce travail n’est pas récompensé… »

L’épopée judiciaire n’est pas tout à fait terminée, puisque la cour administrative d’appel de Bordeaux doit examiner un appel formé par le club suite à la décision du 16 mai 2017. Le tribunal administratif de Toulouse avait alors rejeté sa demande de casser la décision de refus de participation au championnat de L2 prise à l’été 2014.

Reparti de septième division voici deux ans, Luzenac avait grimpé de deux échelons avant d’être relégué cet été en Régional 1 (ex-Division d’Honneur, sixième niveau national).