Nikola Karabatic: «Pour aller à Pékin, on a besoin d’un Bercy comble»
HANDBALL – A deux jours du tournoi de qualification olympique à Bercy, le joueur phare de l’équipe de France se confie sur 20minutes.fr…Propos recueillis par Romain Scotto
Pour les joueurs de l’équipe de France de handball, les calculs sont simples. La route qui mène aux Jeux olympiques passe dès vendredi par Bercy. Les Bleus y disputent jusqu’à dimanche un tournoi de qualification avec la Tunisie, l’Espagne et la Norvège. Les deux premiers iront à Pékin.
Si vous ne vous qualifiez pas, il n’y aura aucun sport collectif masculin aux Jeux. C’est une pression supplémentaire?
Non, parce qu’on en a déjà assez comme ça. La qualification, on y pense depuis quatre ans. Et on est déjà très motivés. La pression, on la ressent. Pour le hand comme pour le sport français en général, on sait que cette qualif est très importante. On va tout donner pour l’obtenir. On ne s’est pas dits entre nous qu’on était le dernier espoir des sports co, mais on sait qu’en allant à Pékin, le hand aurait une exposition maximale. Ce serait une belle vitrine pour le hand français.
Vous êtes attendus, mais sentez-vous vraiment le soutien du public français?
Oui et non… Jouer à Bercy, à domicile devrait être un avantage. Mais quand j’entends que la salle sera à moitié vide, je ne sais pas où est l’avantage. C’est un événement hyper important et personne n’est au courant. C’est décevant. J’ai l’impression qu’on n’a pas assez communiqué là-dessus. Pour aller à Pékin, on a besoin d’un Bercy comble. Si ce n’est pas le cas, ça peut même être un désavantage.
Pourquoi la France est-elle contrainte de passer par ce tournoi de qualification?
Tout simplement parce qu’on n’est pas devenus champions du monde (la France a terminé 4e). Le format de qualification a changé. Il est devenu beaucoup plus sélectif. On n’a pas été mauvais, au contraire, mais il y a tellement peu de places pour aller aux Jeux, qu’on est obligés de jouer notre place à travers ce tournoi.
Lequel de vos trois adversaires avez-vous le plus à craindre?
En termes de qualité d’effectif, c’est l’Espagne bien entendu, mais sur la forme du moment, c’est la Tunisie. C’est notre premier adversaire, ils sont vice-champions d’Afrique, la plupart de leurs joueurs évoluent dans le championnat de France. On les craint parce qu’ils sont très agressifs, mais aussi très truqueurs. Ils aiment bien donner des coups et on doit s’attendre à un match très difficile.
Sur quoi la France s’appuiera-t-elle pour passer cet obstacle?
Comme souvent, sur sa défense et ses individualités. Dans l’équipe, on a quasiment les meilleurs joueurs au monde à chaque poste. Après, il faut être présent mentalement dès le début de la compét'. Sinon on sera en difficulté. On peut vite devenir une équipe moyenne si notre état d’esprit n’est pas le bon. On n’aimerait pas vivre le France-Argentine des rugbymen lors de la dernière Coupe du Monde…»



















