Coupe du monde 2018: Griezmann, Varane, ou Mbappé, il sera pour qui ce Ballon d’or en décembre?

FOOTBALL Le titre de champion du monde des Bleus devrait faciliter les ambitions individuelles de certains d’entre eux dans la course à la récompense suprême…

Julien Laloye

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Kylian Mbappé et Antoine Griezmann ont fait la différence face à l'Atletico Madrid.
Kylian Mbappé et Antoine Griezmann ont fait la différence face à l'Atletico Madrid. — Alexander NEMENOV / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou.

Un coup Ronaldo, un coup Messi. Dix ans que ça dure, et on s’est presque fait à l’idée que l’affaire ne les concernait plus que tous les deux. Disons-le d’emblée : Ronaldo est encore largement dans les clous pour 2018, grâce à la nouvelle Ligue des champions conquise au printemps avec le Real. Mais le Portugais a décidé d’aller tâter les pelouses italiennes la saison prochaine, et il n’est pas à exclure que même lui prenne un peu de temps à s’adapter à un nouveau championnat et une nouvelle équipe. Auquel cas cela ferait grandement l’affaire d’un trio de joueurs tricolores lancés comme des obus grâce à cette deuxième étoile.

Le favori >> Antoine Griezmann

Les statistiques d’abord : Grizou boucle son Mondial avec 4,5 buts et 4 passes décisives. Dans le détail, trois penaltys, une frappe savonnée par le gardien uruguayen, et un coup-franc assez bien tiré pour obliger Mandzukic à le catapulter dans ses propres filets. On peut mégoter sur le bilan, donc, mais pas sur la manière. Griezmann est monté en puissance tout au long de la compétition et son goût de l’effort a fini par faire contagion.

Pour le dire simplement ; ce titre a été construit sur le don du sacrifice des uns pour les autres, et c’est une façon d’assumer la conception du foot du leader offensif des Bleus. Pour le dire autrement : Les Bleus ont gagné la Coupe du monde comme l’Atletico est allé chercher la Ligue Europa. Dans la souffrance, mais la souffrance organisée. Ça fait deux titres majeurs pour Grizou, buteur lors des deux finales. Une candidature solide.

Ce qu’il en pense

« Le Ballon d'or, c’est les gens qui vont voter, on verra bien ce qui va se passer. Il me reste la Supercoupe d’Europe à jouer, j’espère la gagner avec mon club. Maintenant, c’est plus le moment de profiter, de kiffer avec tous les Français, quand on va rentrer avec nos familles. On va passer de bonnes vacances et être prêts pour la Supercoupe. Le Ballon d'or n’est pas entre mes mains »

Le challenger >> Raphaël Varane

Passons un voile discret sur la prestation du défenseur français contre la Croatie, sans doute sa plus compliquée de la compétition, même si Umtiti a colmaté les brèches pour deux. Attendu depuis (trop) longtemps comme le patron de la défense tricolore, Varane a enfin pris la dimension qu’on espérait pour lui, au micro comme sur le terrain. Sa masterclass défensive face à la Belgique restera, en ce qui nous concerne, comme l’un des moments inoubliables de cette longue aventure russe. Papa Ramos n’était pas là, et pour la première fois, on s’est dit que le petit frère s’était enfin émancipé.

Vainqueur de sa quatrième Ligue des champions, déjà, titulaire indiscutable dans le meilleur club européen des dernières années, et désormais champions du monde à 25 piges. Ça aurait été mieux de marquer en finale, mais sa tête rageuse face à l’Uruguay aura participé à la construction de l’épopée. Les journalistes espagnols ont d’ailleurs poussé la comparaison avec Cannavaro, sacré en 2006 après le titre de l’Italie

Ce qu’il en pense

« Ballon d’or comme Cannavaro ? On verra, là je pense surtout à profiter. L’un des plus beaux palmarès du foot français ? Je ne m’en rends pas compte ! C’est incroyable. Il n’y a pas de mots, c’est fantastique. Je sais qu’en France c’est la folie. Il faut juste vivre ces moments-là, je pense qu’on s’en rendra compte plus tard. Comment garder la faim de victoire ? (Rires) Il y en a qui me conseillent de prendre ma retraite ! Quand on gagne des trophées comme ça, c’est tellement beau qu’on a envie de le revivre ».

La grosse cote >> Kylian Mbappé

« Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir rechausser mes crampons… » Pelé a salué avec humour le phénomène Mbappé, plus jeune joueur à marquer en finale de Coupe du monde depuis le Brésilien en 58. Et encore, les chiffres tout à fait corrects du Parisien (4 buts en jouant à l’aile) ne rendent pas justice à l’incroyable influence qu’il a pu avoir sur les défenseurs adverses dans cette Coupe du monde.

Sans sa vitesse balle au pied, sans équivalent depuis Ronaldo le Brésilien, sans son sens du jeu en profondeur et sa capacité à éliminer même à un contre deux ou trois, la France n’aurait jamais pu poser ses fesses à 40m de ses buts en attendant l’éclair du môme de Bondy. Mbappé n’a qu’un titre de L1 à ajouter à sa candidature, mais il est le seul des trois à provoquer une électricité planétaire. Tout le monde sent qu’on tient le joueur qui va dominer la prochaine décennie, et cela peut donner envie de le récompenser dès maintenant.

Ce qu’il en pense

« Ce n’est que le début. Ce n’est pas la fin, j’ai l’intention d’aller plus loin, aller jusqu’où mon potentiel me le permet et où les limites le permettent. Gagner une Coupe du monde aussi jeune ça vous entrouvre des portes. Après, il faut continuer à travailler. Je vais faire la fête comme tout le monde. Après, on est tous dans des cas différents. Quelqu’un comme Adil (Rami) a travaillé toute sa carrière pour en arriver là. Moi, je n’en suis qu’au début. J’ai toute une histoire à écrire »