VIDEO. Coupe du Monde 2018: Dans la foule rassemblée sur les Champs-Élysées, souvenirs et premières fois

REPORTAGE Comme des milliers de parisiens, on s’est rué sur les Champs-Elysées pour fêter la victoire des Bleus. Et c’était beau...

H.S et R.L

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Des centaines de milliers de personnes ont pris d'assaut l'avenue le soir de la victoire en demi-finale.
Des centaines de milliers de personnes ont pris d'assaut l'avenue le soir de la victoire en demi-finale. — LUCAS BARIOULET / AFP

Le match n’était pas encore terminé. Mais dans la foule rassemblée sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, déjà on anticipait. « Vous savez comment on fait pour aller sur les Champs ? », demande un jeune bordelais à un petit groupe d’adolescents pendant la mi-temps. Comme lui, c’est toute la foule qui se dirige vers les stations de métro les plus proches au coup de sifflet final. Sans concertation, comme une évidence. À chaque victoire, l’épicentre de la capitale se déplace : il faut rejoindre l’artère mythique, les Champs-Elysées.

Yohan, 8 ans, maillot de Mbappé sur le dos, est venu avec ses parents et sa petite sœur. Le match, regardé sagement à la maison, était trop « fort », il fallait partager : « J’ai ressenti pleins d’émotions. De la joie. C’était grave ! », lance-t-il en regardant les fumigènes. Les pétards claquent, le font sursauter mais ne gâchent rien. « C’est beau », souffle le petit fan de l’attaquant du PSG. Sa mère, Mélanie, était déjà là il y a 20 ans. « C’était important pour nous de les amener, de partager un moment comme celui-là. »

Quelques mètres plus loin, Aïcha 40 ans, observe en riant les centaines de milliers de personnes rassemblées après la victoire des Bleus. « Je suis venue toute seule pour partager cette joie. La France a besoin de ce moment après toutes ces années difficiles. J’étais déjà là en 1998, je passais ma licence, je suis contente de pouvoir revivre ce moment, partager ce bonheur commun qui rassemble, c’est ça la force du foot ! Maintenant on a envie que ce sentiment se propage dans toute la société. L’esprit d’équipe des Bleus, cette cohésion, elle devrait être dans l’esprit de tous les Français, tout le temps. »

De la
De la - R.Lescurieux/20minutes

« En 98 j’avais cinq ans, je pouvais pas manquer une telle occasion »

Sur les trottoirs, sous le regard placide des gendarmes dispersés le long de l’avenue, deux générations se retrouvent. Comme Mélanie et Aïcha, il y a ceux qui « y étaient » et qui n’ont rien oublié du visage immense de Zinédine Zidane incrusté sur l’Arc de Triomphe le 12 juillet 98. Et il y a toutes celles et ceux qui n’en ont aucun souvenir. Gamins, à peine nés pour certains. « En 98 j’avais 6 ans, je me souviens pas vraiment de ces moments. Mais j’ai l’image des Champs-Elysées dans le documentaire Les Yeux dans les bleus. Aujourd’hui j’ai l’âge parfait pour revivre ça, je pouvais pas manquer une telle occasion », confie Maxime, venu de Bordeaux le matin même pour regarder le match.

Pierre, 25 ans, abonde : « En 98, j’avais 5 ans, j’étais chez ma mère mais on avait pas vraiment célébré la victoire avec d’autres gens. Je regrette de pas avoir pu venir ici à ce moment-là. Aujourd’hui à 25 ans je peux le faire, on est en finale, on n’a pas encore gagné mais je veux en profiter à fond jusqu’à dimanche. Voir ces fumigènes, les gens qui chantent la Marseillaise à tue-tête, ça rend heureux, et ça donne envie de se lever le lendemain matin. »

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