Coupe du monde 2018: Plus d’Allemagne en vue? Les Brésiliens tentent de nous faire croire que le Mexique est meilleur

FOOTBALL Les joueurs brésiliens ont tous annoncé se méfier du Mexique, qu’ils affronteront en 8es de finale…

Julien Laloye

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Thiago Silva dans les bras de Neymar après son but contre la Serbie.
Thiago Silva dans les bras de Neymar après son but contre la Serbie. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

La vie ne nous mérite pas toujours. Prenez mercredi soir dans les entrailles du Spartak Stadium. Presque trois heures à faire le pied de grue en zone mixte pour écouter la bonne parole des joueurs brésiliens, tranquilles premiers de leur groupe après une victoire convaincante contre la Serbie (2-0). Et devinez quoi ? Pas une seule petite vacherie sur l’Allemagne à se mettre dans le cornet. On pensait que les gars allaient se moquer un peu, ce qui est bien humain après le traumatisme du 7-1 d’il y a quatre ans. Et ben chou blanc cassé sur toute la ligne.

Une qualification sans soucis

On a pourtant essayé avec Thiago Silva dans toutes les langues. En Français ? « Je ne suis pas là pour vous parler de l’Allemagne, je vous parle du Brésil ». En portugais ? On n’a rien compris mais c’est allé vite. En Italien. « C’est une élimination surprenante, mais le Mexique mérite sa qualification ». Le Mexique, adversaire en 8e de finale (lundi) fortement redouté par la Seleçao, si on en croit ce que les gars nous ont raconté. Thiago encore :

« Il faut être conscient qu’on va affronter une très bonne équipe contre laquelle on doit être préparés. On a vu le match qu’ils ont réalisé contre l’Allemagne, ils auraient mérité de l’emporter par un écart encore plus important. C’est toujours difficile de jouer contre une autre nation sud-américaine [oui on sait, le Mexique est en Amérique Centrale, merci les profs de géo], ils sont toujours très motivés contre nous ».

Même air de mandoline chez Willian, l’attaquant de Chelsea : « Les Mexicains ont un très grand courage, ils ont su souffrir contre l’Allemagne, ils ont été très dangereux en contre-attaque. On sait contre qui on va jouer. Je pense que ce sera un match très équilibré ». Faut donc croire que personne leur a dit que le même Mexique s’est fait broyer les os bien comme il faut contre la Suède (3-0), qu’il n’a plus passé les 8es de finale depuis la fin des Incas, et qu’il n’a plus battu le grand Brésil depuis le début des Mayas.

Et le grand Brésil, on n’en est pas loin. Archi-solide derrière avec son trio Thiago Silva-Miranda-Casemiro à vous empêcher d’apercevoir la surface de réparation auriverde à part à la jumelle, et plus talentueuse devant que tout ce qu’on a vu d’autres à part la Belgique, avec un Neymar « qui monte en puissance dans la compétition », comme le dit Miranda. Le Parisien a touché 119 ballons, une stat énorme à ce niveau, et s’il en a salopé une partie non négligeable, il a montré que les jambes étaient bien revenues, à défaut de la finition.

Encore une blessure, cette fois pour Marcelo

Un ou deux petits bémols quand même, en cherchant bien. Coutinho est bien le seul milieu de terrain de la liste de Tite à ne pas rentrer dans la case « déménageur de fête foraine ». C’est lui qui apporte du liant à cette équipe (quel ballon pour Paulinho sur le premier but), et il n’y en a pas un qui lui arrive à la cheville en cas de pépin. Or, des pépins, le Brésil en connaît beaucoup, pour un prétendant au titre. Après Douglas Costa, sur le flanc pour tout le reste du Mondial, sans doute, c’est Marcelo qui a dû sortir très vite en raison de spasmes musculaires dans le dos. Des douleurs récurrentes chez le latéral madrilène, selon Thiago Silva, qui n’avait pas l’air plus rassuré que ça. « Ce n’est pas la première fois que ça lui arrive, je crois qu’il s’est bloqué le dos. Le docteur l’a manipulé, ça va déjà mieux, mais il faudra voir jeudi ».

Son remplaçant connaît la maison (Felipe Luis), mais le système brésilien a été en partie conçu pour mettre en valeurs ses deux latéraux, peut-être les meilleurs du monde avec le ballon. Tite en a perdu un en route, Dani Alvès, remplacé par un certain Fagner tout à fait insipide, et Marcelo n’a aucun équivalent dans ce qu’il peut proposer à gauche. Sans lui, c’est encore un peu plus d’imagination qui fiche le camp. Et le Brésil n’en a pas tant que ça en magasin.