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Les Mexicains aux anges après avoir battu l’Allemagne

Coupe du monde 2018 : «On avait imaginé un plan depuis six mois», les Mexicains aux anges après avoir battu l’Allemagne

FOOTBALLTrès critiqué pour sa préparation extra-sportive, le Mexique a obtenu la victoire la plus probante de son histoire face à l’Allemagne (1-0)…
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial à Moscou,

Quitte à paraître vulgaire, on va le dire quand même. Une bonne partouze ferait du bien à nos Bleus si ça les faisait jouer comme le Mexique. Non pas que ce soit une nouveauté que le Mexique joue bien, c’est sa marque de fabrique et son grand désespoir à la fois. « Jugamos como nunca y perdimos como siempre » [« On a joué comme jamais et on a perdu comme toujours] est la phrase qui colle à la peau de la Tri depuis mille ans, celle que les Mariachis chantent en pleurant tous les quatre ans après une défaite crève-cœur contre une puissance de ce jeu en 8e de finale. Cette fois, le Mexique a tenu son exploit jusqu’au bout, au moment où on s’y attendait le moins, et les millions de supporters qui ont fait le voyage jusqu’en Russie (oui, ils donnaient l’impression d’être des millions), pouvaient entonner un Cielito lindo d’anthologie pour célébrer leurs héros.

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Le contexte, pour les païens. Les joueurs convoqués pour la Russie se sont fait gauler pour un very bad trip de 24h avec champagnes et prostituées à volonté avant de partir. Au début, il s’agissait de neuf joueurs qui n’avaient pas la permission du grand chef, et puis très vite, il s’est avéré que c’était toute l’équipe et que la Fédération savait. Certaines épouses n’ont pas aimé, et le pauvre Herrera a dû faire un détour par le Portugal pour éteindre l’incendie. Mais il faut croire que ça lui a donné des forces. Herrera a été éblouissant pendant une heure, comme l’ensemble de ses équipiers, avant de souffrir autant qu’il le fallait pour ne pas gâcher un résultat historique.

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Osorio peut savourer

C’est une immense victoire pour le football mexicain, « peut-être la plus importante de son histoire », comme l’a reconnu le buteur « Chucky » Lozano, et c’est une immense victoire pour Juan Carlos Osorio. « El Profe », très respecté en Amérique Latine, en prend plein la figure depuis un an dans les médias pour son projet de jeu trop optimiste. Dimanche, nos collègues mexicains se sont étranglés quand ils ont vu une feuille de match avec quatre attaquants pour défier la grande Allemagne. Le risque a été payant, mais Osorio a eu le triomphe modeste en expliquant les clés d’un succès soigneusement préparé.

« « On avait imaginé un plan depuis six mois, qu’on a adapté à cause de blessures importantes. On voulait des joueurs rapides sur les côtés, et Lozano est le joueur le plus rapide qu’on ait, avec cette qualité de pouvoir revenir à l’intérieur et marquer. En première mi-temps, on a eu beaucoup d’occasions de marquer avant, et je crois qu’on a été supérieurs. Après, on savait que le champion du monde allait réagir. J’ai fait les changements en anticipant la rentrée de Mario Gomez en 9, et on s’était entraînés pour finir à trois défenseurs et quatre milieux sur la largeur. J’avais aussi travaillé les renvois sur les centres parce que je savais qu’il y en aurait beaucoup en fin de match. Je veux partager ce résultat avec nos supporters, avec ceux qui ont cru en moi, et même à ceux qui n’y ont pas cru ». »

Depuis notre pupitre, c’est une révélation. On vous épargne la suite de la démonstration (la sortie de Vela prévue à la minute près), mais on vous reparlera d’Osorio.

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A Mexico, ils ne doivent parler que de lui, tellement fort qu’un tremblement de terre a été ressenti dans la capitale au moment du but de Lozano. C’est une forme d’avertissement, d’ailleurs. La joie des Mexicains à la fin du match, joueurs, journalistes et supporters, ressemblait à la fin de l’histoire alors qu’il reste tout à écrire. Ce serait dommage de tout gâcher pour tomber sur le Brésil après les poules, non ?