Roland-Garros: Bâche oubliée, hommage à Liège... Aucun doute, David Goffin est le mec le plus classe du circuit

TENNIS Dommage pour nous, mais David Goffin n'est pas français. Remarque, c'est peut-être pour ça qu'il est si fort...

William Pereira

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David Goffin, dans ses oeuvres
David Goffin, dans ses oeuvres — CHINE NOUVELLE/SIPA

De notre envoyé à Roland-Garros,

Il est frêle, ne déborde pas de testostérone, a le look mainstream de l’enfant modèle (il en a longtemps eu la coiffure aussi), s’en fout d’être sous-estimé (« ça me va très bien, je le vis très bien » confiait-il l’an passé à 20 Minutes), a un surnom un peu ringard (« le géomètre, selon Gilles Simon ») et aime beaucoup le mot « chouette » :  David Goffin est-il vraiment un joueur de tennis de notre époque ?

Sa fiche Wikipédia semble dire que oui. Le Belge est né le 7 décembre 1990 et serait même, tenez-vous bien, n°9 mondial. Top 10, quoi ! Ce n’est pas encore Justine Hénin et Kim Clijsters, mais on est déjà dans le haut du panier. Corentin Moutet, qui a quitté la Porte d’Auteuil en perdant 15 jeux de rang face au Belge au tour précédent en sait quelque chose. L’équipe de France de Coupe Davis, qui aurait perdu la finale si l’avaleur de Frenchies avait joué un simple de plus, aussi. Et Gaël Monfils, son adversaire au 3e tour de Roland-Garros, risque de savoir, aussi.

Mais vous savez quoi ? David Goffin peut continuer à tartiner tous nos compatriotes qu’on ne réussira jamais à lui en vouloir. Tout simplement parce que c’est le mec le plus cool et classe du circuit ATP. La preuve par trois (quatre en fait mais la référence perd tout son sens donc on garde trois).

>> Il a des potes sur tout le circuit (et surtout des Français)

Il s’est entraîné avec tous les meilleurs de l’ATP : Federer, Thiem et plus récemment Djokovic. Et tous l’adorent. Le Serbe n’a pas tari d’éloges à son sujet mercredi après sa victoire au deuxième tour. « C’est un type sympa, on s’entend bien. Que ce soit sur le court ou hors du court, il reste un des hommes les plus talentueux qui jouent à l’heure actuelle. »

Sympa avec les uns, intime avec les autres. La proximité entre sa compagne et celles de Lucas Pouille (« on est très proches, on a plus ou moins le même âge, on s’entraîne ensemble donc on s’y retrouve », nous confiait le Belge en 2017), Jo-Wilfried Tsonga​ et Pierre-Hugues Herbert a fini par faire du quatuor une belle bande de potes, du genre à partir en vacances aux Maldives après une finale de Coupe Davis. Seul point négatif de cette escapade : les photos rappellent les plus sombres émissions de téléréalité d’NRJ 12.

>> Il n’est pas rancunier pour un sou : la bâche est oubliée

Rappelez-vous : en 2017, David Goffin était un sérieux candidat à la victoire finale (enfin candidat à se faire poutrer par Rafael Nadal quoi qu’il advienne), mais la bâche du Lenglen a décidé qu’il quitterait Roland-Garros sur abandon en 16es, le pied en vrac, après une glissade affreuse.

Un an plus tard, il revient toujours aussi ambitieux et cette bâche est le cadet de ses soucis. On a pour preuve ses chevauchées fantastiques face à Moutet sur ce même Lenglen mercredi. « C’est un court que j’aime vraiment bien, avec de bonnes sensations, j’ai de bons souvenirs sur le court, de moins bons aussi. C’est un court avec une chouette [on vous avait prévenu pour le mot chouette] atmosphère, je suis content. »

Il l’aime tellement, ce court, malgré tout le mal causé, qu’il en connaît même les dimensions. « Ils ont refait les tribunes et reculer d’un mètre je crois. Cela a été rénové. Ils ont décalé un peu tout d’un mètre je crois. Pour sortir du court, j’ai dû mettre le pied dessus [sur la bâche]. » C’est sûr, David Goffin a enterré la bâche de guerre.

>> Il n’ose pas foutre le bordel au sein de l’équipe de Belgique avant la Coupe du monde

Vous en avez sans doute entendu parler, la grosse polémica d’avant Mondial chez les Diables Rouges concerne l’absence de la star Radja Nainggolan dans le groupe du sélectionneur Roberto Martinez. Le cas Benzema à la belge, dira-t-on, où Goffin n’a pas eu envie de prendre le rôle du Booba local.

« Je ne répondrai pas à cette question parce que cela fait débat partout, il y a du pour et du contre. C’est vrai que c’est un joueur que j’adore mais je ne suis pas assez compétent pour ça. Roberto Martinez doit avoir ses raisons, ses choix tactiques et plein de choses en dehors aussi », a réagi le numéro 9 mondial. Dites, dites, amis belges, on peut vous le piquer pour dire du bien de Giroud ? On vous le rend après, promis.

>> Il a rendu un hommage très sobre à sa ville, Liège

David Goffin est né le 7 décembre 1990, on l’a déjà dit. A Liège, ville à laquelle il reste très attaché, visée cette semaine par un attentat revendiqué par le groupe de l’Etat Islamique et à qui il a rendu hommage. D’abord en signant « Liège » sur la caméra du Lenglen après son match contre Corentin Moutet. Puis en adressant un message de réconfort aux Liégeois.

« Je crois qu’il faut continuer à vivre, c’est tout. Ce n’est pas simple mais il ne faut pas s’enfermer, il faut essayer de continuer à vivre, essayer de laisser cela derrière nous, ce n’est pas cela qui va nous empêcher de continuer à vivre comme on le fait tout simplement. […] Il peut se passer des choses n’importe où, à n’importe quel moment. Mais si ça nous fait rester chez nous, enfermés avec les volets fermés, ce n’est pas une solution. »

Classe, d’autant que le bonhomme a de la famille sur place. « Mes parents habitent à 15 mètres, ça me fait un peu bizarre. Je ne connais, heureusement pour moi mais malheureusement pour la famille aucune des personnes décédées dans le drame, c’est triste et surtout ça fait bizarre que ce soit juste à côté de chez moi », a conclu Goffin, pour qui continuer à vivre passe par gagner des matchs à Roland-Garros. Gaël Monfils est prévenu.