Roland-Garros: «Je m’en fous un peu d’être sous-estimé ou surestimé», voici David Goffin

INTERVIEW Le numéro 10 mondial belge, qui disputera son deuxième tour mardi, s'est livré à « 20 Minutes »...

Propos recueillis par William Pereira

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David Goffin, sur le court numéro 1
David Goffin, sur le court numéro 1 — Mike Frey/Shutterstock/SIPA

« Oui, allô monsieur », quand David Goffin nous appelle pour répondre à notre demande d’interview, on cerne tout de suite le personnage. Chic type, très poli, un poil timide et fermé au premier abord mais vraiment sympa. Il y a eu le président normal, place maintenant à la  tête de série numéro 10 normale.

Demi-finaliste à Monte-Carlo en ayant tapé coup sur coup Almagro, Thiem et Djokovic avant de sombrer contre Nadal, le Belge évolue à un haut niveau depuis plusieurs mois. Demandez plutôt à  Paul-Henri Mathieu, balayé au premier tour de Roland-Garros (6-2, 6-2, 6-2). Pourtant, il reste à ce jour l’un des joueurs les plus sous-estimés du circuit, ce qui semble totalement ubuesque quand on parle d’un Top 10. Et le plus drôle, c’est qu’il s’en fiche un peu. Interview avec l’une des meilleures chances francophones de ce tournoi.

Vous avez réalisé une bonne saison sur terre battue, dans quelles conditions êtes-vous arrivé à Roland-Garros ?

Je me sens bien, j’ai vraiment de bonnes sensations sur terre battue, c’est une surface que j’apprécie donc ça me donne confiance. Je me sens en forme, c’est plutôt bon signe.

Qu’est-ce qui vous sépare aujourd’hui du lucky loser qui a fait 8e de finale et pris un set à son idole Federer en 2012 ?

J’ai beaucoup bossé pour évoluer. A l’époque j’étais le petit nouveau qui débarquait, j’étais insouciant. Etre lucky loser, je m’en souviens, j’avais vécu ça comme une vraie seconde chance. Quand j’ai atteint le quatrième tour, je ne comprenais pas vraiment ce qui était en train de m’arriver. Aujourd’hui j’ai évolué, je gère mieux ces moments de pression, j’ai beaucoup travaillé physiquement aussi.

La légende Goffin et un fan (Roland-Garros 2012)
La légende Goffin et un fan (Roland-Garros 2012) - Michel Spingler/AP/SIPA

Le fait de sortir des qualifs à l’époque, ça vous a aidé ?

Il y a des pour et des contres. Physiquement, vous arrivez à Roland avec trois matchs dans les jambes, il faut pouvoir tenir. Mais de l’autre, vous arrivez dans le tableau final avec des victoires et donc du rythme et de la confiance. Du coup, ce n’est jamais vraiment facile de sortir un gars qui est issu des qualifications.

« Novak est un peu en dessous, Murray est moins bon. Concernant Nadal, je trouve qu’il est quand même en pleine forme. »

Pour revenir au David Goffin de 2017, on a l’impression que vous êtes l’un des joueurs les plus sous-estimés du circuit. Comment vous le vivez ?

Moi, ça me va très bien. Je le vis très bien pour le moment. Je travaille de mon côté, je fais ce que j’ai à faire et… vous savez, je m’en fous un peu d’être sous-estimé ou surestimé en fait.

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Vous avez récemment fait pas mal de quarts ou demies dans des tournois importants. Qu’est-ce qu’il vous manque pour franchir un cap ? Dans quel domaine vous devez progresser selon vous ?

Il faut juste que je continue à grandir naturellement en vivant de grands événements, en disputant beaucoup de matchs. On verra où tout ça me mènera. Pour parler techniquement, il faut que je progresse dans tous les secteurs du jeu, y compris sur mes points forts. Pour mes points faibles, j’aimerais que mes services soient plus performants, pareil à la volée où j’aimerais être plus efficace et aussi sur mes retours. Mais je reste persuadé que c’est en jouant que ça viendra.

Cette année, Roland-Garros s’annonce comme étant indécis. Certains favoris ne sont pas au mieux et même Nadal s’est fait battre à Rome. C’est rassurant psychologiquement pour un outsider comme vous de savoir que finalement, c’est possible de faire un gros coup ?

Je pense en effet que ça sera une édition ouverte où les outsiders vont pouvoir se frayer un chemin en fonction de leur tableau. Novak est un peu en dessous, Murray est moins bon. Concernant Nadal, je trouve qu’il est quand même en pleine forme. De toute façon, quand on rentre sur le terrain, on se dit que c’est pour gagner. Moi je monte sur le court pour gagner, je ne suis pas battu d’avance, j’y vais toujours pour battre l’adversaire même si c’est Nadal ou Djokovic en pleine forme.

« Lucas [Pouille] est très sympa, on a plus ou moins le même âge, on s’entraîne ensemble donc on s’y retrouve. »

Est-ce que vous êtes conscients d’être l’une des plus grandes chances « françaises » à Roland-Garros cette année ?

(Il rit) C’est drôle parce que c’est la deuxième fois qu’on me pose la question, je suis assez surpris. Il y a quand même pas mal de Français présents [interview réalisée avant l’hécatombe de lundi, ndlr] qui joueront encore mieux avec l’aide de leur public genre Monfils et Tsonga. Mais je sais qu’on me soutient ça fait vraiment plaisir. Je sais qu’il y a aussi beaucoup de Belges qui feront le déplacement. C’est vrai que ça fait toujours plaisir de se sentir particulièrement encouragé sur un Grand Chelem.

En parlant des Français, il paraît que vous êtes très potes avec Lucas Pouille et que vos compagnes s’entendent également très bien…

Oui, on est un petit groupe, Lucas est très sympa, on a plus ou moins le même âge, on s’entraîne ensemble donc on s’y retrouve. Et puis on arrive à parler de plein de trucs hors tennis et c’est toujours très agréable. Lucas est super-chouette, il est toujours partant quand vous lui proposez quelque chose. Même en équipe de France j’ai entendu dire que ça se passe bien avec les gars et ça ne m’étonne pas. Il est très sociable, toujours positif et facile à vivre.