Platini espère que «la Fifa aura la décence de lever» sa suspension

JUSTICE Michel Platini a été blanchi par la justice suisse...

L.B. avec AFP

— 

Michel Platini le 28 août 2015, à Monaco.
Michel Platini le 28 août 2015, à Monaco. — VALERY HACHE / AFP

« Je ne peux plus être banni du football ». Comme il l’a dit samedi à l’AFP, Michel Platini​ souhaite que la Fifa annule sa suspension après avoir été blanchi par la justice suisse. « J’espère que la Fifa aura le courage et la décence de lever ma suspension, puisque la justice a établi qu’il n’y avait pas de paiement déloyal », a encore indiqué l’ancien président de l’UEFA (2007-2015).

Dans un courrier transmis aux avocats de l’ex-star de la Juventus, révélé vendredi par Le Monde, la justice suisse indique que la procédure pénale ouverte en septembre 2015 visait Sepp Blatter, président déchu de la Fifa, à l’origine d’un paiement controversé en 2011 de 1,8 million d’euros, sans contrat écrit, à Platini, pour un travail de conseiller achevé en 2002.

Platini suspendu de toute activité liée au football

« Nous vous confirmons que la présente procédure n’est pas menée à l’encontre de votre mandant, Michel Platini, peut-on lire dans cette lettre. Nous pouvons également vous confirmer que votre mandant ne sera pas incriminé dans le cadre de la présente procédure ». Mais parallèlement à cette procédure pénale, la Fifa a suspendu Platini de toute activité liée au football, sanction qui court jusqu’en octobre 2019. Ce qui a empêché le Français de 62 ans de se présenter à la présidence de la Fifa.

« Ca a été très difficile. La Fifa n’a communiqué que pour me massacrer médiatiquement. J’en ai pris plein la gueule, a confié Platini. Mais quand ma peine a été réduite par les instances sportives (Fifa puis Tribunal arbitral du sport) de 8 ans de suspension de toute activité liée au football à 6 ans, puis à 4 ans, qu’aucun fait de corruption n’a été établi contre moi, les gens ont compris : tout était fait pour m’écarter de la présidence de la Fifa ».

La Fifa va-t-elle bouger après l’annonce de la justice suisse ? Non, à en croire un communiqué de l’instance suprême du foot transmis samedi matin.

Confiant pour la suite

« Il a toujours été très clair pour la Fifa et le TAS que Michel Platini n’a jamais été la cible d’une enquête criminelle en Suisse », peut-on lire. Et la Fifa ajoute que le TAS a reconnu que Michel Platini a contrevenu au « code éthique de la Fifa ». Le calendrier des instances sportives est intéressant : la prochaine élection à la présidence de la Fifa est programmée en juin 2019 à Paris. Platini voudrait-il voir sa suspension levée pour se présenter ?

« J’ai le temps de réfléchir, assure-t-il. Pour l’instant, je profite de cette décision. Elle me permet de redresser la tête ». Le triple Ballon d'or situe pour l’heure son combat sur un autre plan, plus personnel. « Ce qui me gêne plus que tout, c’est que mes petits enfants, en tapant mon nom dans Wikipédia, peuvent lire à la dernière ligne : "Michel Platini, banni du football par les instances pour paiement indu". Après tout ce que j’ai fait pour le football… » Il reste confiant pour la suite : « Il y a un proverbe italien qui dit : "Quand les portes se referment, les portails s’ouvrent" ».

>> A lire aussi : Michel Platini sort d'un an de silence et allume Sepp Blatter