VIDEO. FC Nantes: «Incarnation du jeu à la nantaise», «boss», «bon vivant»... Le FCN pleure Henri Michel

FOOTBALL L'ancien milieu de terrain nantais (1966-1982) est décédé à l'âge de 70 ans... Ses anciens partenaires témoignent...

David Phelippeau

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Henri Michel.
Henri Michel. — AFP
  • Henri Michel est décédé ce mardi à 70 ans des suites d’un cancer.
  • Ses anciens partenaires sont peinés et racontent l’immense joueur et le grand homme qu’il était.
  • Certains n’ont pas oublié le goût prononcé pour la fête qu’avait Henri Michel.

Comme un symbole. Vendredi soir, lors des 75 ans du FCN, Henri Michel n’était pas présent pour recevoir le titre de « Légende des Légendes du club ». Rongé par une sale maladie depuis des mois et condamné par les médecins depuis fin décembre, « Mickey », comme beaucoup le surnommaient, ne se déplaçait plus beaucoup. Son fils a bien failli venir pour le représenter au stade de la Beaujoire vendredi, mais il a finalement dû se désister… L’essentiel est ailleurs. Avant qu’il ne parte définitivement ce mardi à l’âge de 70 ans, Henri Michel aura donc reçu le plus bel hommage du peuple nantais : le titre de meilleur joueur de l’histoire du club.

Un leader intimidant pour les plus jeunes

Cent fois mérité à entendre tous ceux qui ont eu la chance d’évoluer à ses côtés de 1966 à 1982. « C’était le boss, se souvient Loïc Amisse. Un leader. Un grand Monsieur. » L’ailier de poche a commencé en pro en 1973 alors qu’Henri Michel était déjà capitaine et bien installé dans l’équipe. « Il avait un tel charisme qu’on n’osait pas l’aborder, poursuit Amisse. C’était le capitaine idéal. Quand il disait quelque chose, il fallait l’écouter et faire ce qu’il disait. Et il avait raison en plus… » Bruno Baronchelli ne contredit pas Loïc Amisse : « C’était presque notre père. C’était la personne qu’on admirait le plus, tous sans exception. C’était un exemple. Moi, j’avais dix ans de moins, j’avoue qu’il m’intimidait un peu… »

Henri Michel aurait pu jouer, voire abuser, de son aura, mais ça n’était visiblement pas son style. « Il était toujours très réconfortant avec les moins bons que lui, estime l’ancien coach Jean-Claude Suaudeau, au micro de RTL. Il n’écrasait pas la personnalité des autres. » Patrice Rio, ancien défenseur des Canaris très proche de « Mickey », ne lui voit « aucun défaut, mais que des qualités ». « Outre sa classe de footballeur, il dégageait une élégance naturelle dans la vie de tous les jours… »

L’incarnation du jeu à la nantaise

Bernard Blanchet était joueur lorsque Henri Michel a débarqué à la Jonelière. « José Arribas [coach de l’époque] était allé le chercher alors qu’il jouait à Aix. Il lui a très vite donné le brassard de capitaine. C’était un gagneur, une grosse personnalité. Je ne l’ai jamais vu passer à côté d’une rencontre… » Henri Michel en jouera 532 en D1 entre 1966 et 1982, le record au club (avec Jean-Paul Bertrand-Demanes), et compilera 3 titres de champion de France et 1 Coupe de France.

« Il savait jouer sans ballon, il était toujours en mouvement, poursuit Blanchet. Pour moi, il a incarné le jeu à la nantaise, c’est d’ailleurs pour ça qu’Arribas est allé le chercher… » Henri Michel personnifia tellement ce fameux jeu à la nantaise qu’il ne connut qu’un seul club de D1 : le FC Nantes. « Peut-être aurait-il amélioré son potentiel et eu une carrière [notamment en Bleu] encore plus exceptionnelle s’il était parti, mais à cette époque-là, Nantes dominait le foot français et il se sentait très bien dans ce club », explique Loïc Amisse.

Du champagne dans le sauna

Un joueur « top niveau », selon Michel Der Zakarian, et un homme admirable… avec quelques travers évidemment. « Il savait faire la fête, sourit Blanchet. Mais, le lendemain, à l’entraînement, il était toujours en tête du footing. » Der Zakarian, qui ne tarit pas d’éloges sur le joueur (« un monstre physique, très intelligent dans le jeu »), décrit aussi Henri Michel comme « un bon vivant ». « Il aimait bien vivre et faire la fête. Je me souviens des décrassages, les lendemains de match, avec Henri dans le sauna avec du champagne ! Il rentrait chez lui le dimanche pas avant 14 heures. »

Les « éloges » de la fin sont signées Coco Suaudeau : « J’aurais aimé être élégant comme lui sur le terrain. Tout était facile pour lui au foot comme dans d’autres activités. Il était en avance sur son temps. Pour moi, il était aussi grand que Platini. »

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