FC Nantes: 1984, quand les Canaris ont quitté le stade Saupin pour celui de la Beaujoire

FOOTBALL Joueur, dirigeant, supporter : ils ont vécu la fin du stade Saupin et le début de la Beaujoire…

David Phelippeau

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Loïc Amisse a vécu le déménagement de Saupin à la Beaujoire en 1984.
Loïc Amisse a vécu le déménagement de Saupin à la Beaujoire en 1984. — STF / AFP
  • Le FC Nantes a quitté le stade Saupin pour la Beaujoire, inaugurée en 1984.
  • La Beaujoire sera rasée dans le cadre d’un projet de nouveau stade en 2022.

De ce 17 août 1984, Bruno Baronchelli en garde un souvenir ému : « C’était énorme, génial même ! » Au cœur de l’été, les Canaris viennent de quitter leur nid historique et découvrent leur nouvelle adresse, en périphérie. Une révolution, y compris pour l’adversaire du jour.

« J’aimais bien Marcel-Saupin qui était en plein centre-ville, il était mignon, plus intime, plus familial, ça ressemblait un peu à Mayol », se souvient Rolland Courbis qui, ce jour-là, portait la tunique de Toulon.

La Beaujoire, dessinée par l’architecte du Parc des Princes

Désormais, c’est vers le nord-est de Nantes qu’il faut donc converger chaque week-end, dans une enceinte flambant neuve dessinée par l’architecte du Parc des Princes, Berdje Agopyan. Certains amoureux du club le vivent comme un déracinement. « On a tellement vibré ici, il y a eu des regrets, c’est sûr, développe Loïc Amisse. Des gens avaient peur de perdre leur marque dans et à l’extérieur du stade, car il y avait plein d’animations les soirs de match ».

Loin des quais Malakoff, les joueurs aussi doivent apprivoiser les lieux. « On était à Saupin depuis si longtemps, on y avait nos repères, on en connaissait le moindre détail, chaque tribune alors qu’à la Beaujoire les dimensions étaient plus grandes, on a eu un peu de mal à nous adapter au début », continue Baronchelli.

« C’était fondamental pour grandir, Saupin était devenu trop petit »

Malgré un pincement au cœur au moment de faire les cartons, tout le monde s’est pourtant rendu à l’évidence, le déménagement était devenu inéluctable. « C’était fondamental pour grandir, Saupin était devenu trop petit, et ne générait plus assez de recettes, notamment à la billetterie », rappelle Robert Budzynski, l’ancien directeur sportif d’un FCN prêt à passer dans une autre dimension.

« Je me souviens qu’avec Jean Vincent, on allait parfois voir le chantier du stade, on avait la sensation que le club franchissait un cap », confirme Loïc Amisse. « Saupin était mythique évidemment, mais en tribune Sud, les spectateurs étaient gênés par des poteaux, et les pourtours n’étaient pas terribles non plus, les gens y allaient surtout pour boire un coup, énumère Patrick Pillet, le président de l’association de supporters de l’époque. Jamais on n’aurait pu y accueillir l’Euro. »

Le musée ? « C’est la reconnaissance de ce qui a été fait avant »

De fait, un mois et demi après son inauguration, la Beaujoire célébrait la victoire des Bleus face à la Belgique le 16 juin 1984 (5-0) devant plus de 52.000 spectateurs. Une ferveur populaire qui a permis d’oublier les longs débats ayant précédé la construction du stade. « On le demandait depuis des années, ça a été une vraie bagarre, rappelle Robert Budzynski. Des gens se demandaient pourquoi mettre autant d’argent dans ce projet, si cela ne serait pas plus utile ailleurs. »

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Finalement, le nouvel écrin du FCN a été vite adopté, y compris par les plus nostalgiques qui, pour se consoler, peuvent aujourd’hui encore apprécier la tribune principale de Saupin, épargnée par les bulldozers, contrairement à la Beaujoire, appelée à être rasée à partir de 2022. « Mais il y aura un musée dans le nouveau stade, c’est important, c’est la reconnaissance de ce qui a été fait avant », se rassure Amisse.