Bordeaux: Un coach mental aux Girondins? Denis Troch nous explique à quoi ça sert
INTERVIEW•Le club va faire appel à un coach mental dans les prochaines semaines...Propos recueillis par Clément Carpentier
L'essentiel
- Les Girondins vont bientôt collaborer avec un préparateur mental.
- Denis Troch, expert en la matière, nous parle du rôle de cette personne dans un club.
- S’il n’est pas « le sauveur », il apporte des outils pour permettre aux joueurs de s’en sortir par eux-mêmes.
Les Girondins de Bordeaux auront donc tout tenté cette saison pour sortir de la sinistrose ambiante. Prochaine tentative : s’attacher les services d’un coach mental. Si la direction affirme « être en réflexion et ne pas avoir encore reçu les candidats », ça ne saurait tarder ! 20 Minutes a donc joint Denis Troch, ancien entraîneur de Ligue 1 qui a créé sa propre société de coaching mental, pour tenter de comprendre ce que peut apporter à une équipe ce genre de personne.
Pourquoi les clubs font à des personnes comme vous ?
Parfois, les entraîneurs n’ont plus de ressorts pour faire réagir leur groupe. Ils décident alors de faire venir quelqu’un de l’extérieur pour tenter quelque chose de nouveau. Mais le coach doit à tout prix participer à ce processus car il doit rester maître de son vestiaire peu importe la situation.
Quelle est votre place ?
Déjà, on peut faire un suivi annuel d’une équipe (2-3 visites par mois) ou être juste appelé pour une mission « commando » sur quelques semaines dirons-nous.
« Après on ne doit pas faire partie du staff ! Il faut être totalement libre. On ne doit pas baigner dans le club sinon on n’est pas juste et précis. »
Comment travaillez-vous avec les joueurs ?
Je ne parle jamais directement avec eux. Je passe toujours par le coach. Après avec son feu vert, je prends la température auprès des joueurs en travaillant en petit groupe. Ensuite, ils peuvent aussi venir me voir de façon individuelle.
Justement, comment ils réagissent ?
Ça varie beaucoup. Il y a trois catégories. Ceux qui sont favorables car ils connaissent déjà un peu le coaching mental. Ceux qui sont ni pour ni contre. Et ceux qui ne veulent en entendre parler car ils ont l’impression d’être malades. Moi ce que je demande avant tout, c’est d’écoute. Après, chacun en fait ce qu’il veut. Ils doivent entendre le même discours.
Que feriez-vous aux Girondins ?
Ce n’est pas spécifique à Bordeaux. Mon premier message quand j’arrive dans un club est :
« Il faut un alignement entre la direction, l’entraîneur et les joueurs ! Tout le monde doit aller vers le même objectif. Il faut créer une envie commune. C’est primordial. »
Il doit aussi y avoir une prise de conscience collective et individuelle de la situation et surtout, on ne juge pas.
Ça suffit à redresser la barre ?
Ce qu’il faut comprendre c’est qu’on n’est pas des sauveurs. On apporte juste des outils pour retrouver plaisir et envie. Moi, je suis là pour aider la personne à trouver les solutions toute seule et à s’en sortir par elle-même. On est là pour écouter et faire parler et tout se fait dans une grosse confidentialité.


















