Bordeaux-OM: Des (ex) maudits du sport donnent leurs secrets pour briser une série noire

SUPERSTITION Yohann Diniz, les Clermontois en 2010, les volleyeuses de Mulhouse : ils ont tous brisé une malédiction sportive. Leurs conseils pourraient aider l'OM à Bordeaux...

Jean Saint-Marc

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Les Marseillais ont quelques conseils à recevoir de Diniz ou des Clermontois de 2010...
Les Marseillais ont quelques conseils à recevoir de Diniz ou des Clermontois de 2010... — Photos AFP / SIPA
  • L'OM n'a plus gagné depuis octobre 1977 à Bordeaux en championnat de France.
  • Avant une nouvelle confrontation, ce dimanche (21 heures), «20 Minutes» a demandé conseil à des experts ès malédictions sportives. 

Chassez les chats noirs, ils reviennent au galop. A chaque fois que l’OM s’est cru capable de gagner à Bordeaux, la malchance, l’arbitre ou Anthony Modeste en ont décidé autrement. Après quarante ans, cette année, c’est la bonne ? Peut-être, oui, si l’OM suit, ces quelques conseils glanés auprès de sportifs qui ont su, eux, vaincre le signe indien.

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>> Dé-dra-ma-ti-ser. On ne conseillera pas aux Olympiens de s’enfiler un Prozac avant le coup d’envoi. Mais il est tout à fait judicieux de se détendre. Magali Magaï entraîne les volleyeuses de l’ASPTT Mulhouse. Quatre finales de Coupe de France, huit de championnat, toutes perdues, et souvent face à Cannes… Elles ont enfin remporté le titre cette année :

Mes joueuses ont toujours vu Cannes gagner, depuis qu’elles jouent au volley, depuis leur naissance, même ! Le rôle d’un coach, c’est de démonter cette croyance, ce complexe d’infériorité, démystifier Cannes… Je leur faisais dédramatiser : ce n’est qu’un match. Et ce ne sont pas des machines mais des filles comme vous ! Le fait de les avoir battues pendant la saison nous a aidé à les battre en demi-finale, évidemment.

Comptabilité avec l’OM : 99 %. Bordeaux est sur une une magnifique série de cinq matchs sans victoire (dont quatre défaites et une humiliation 6-2 à Paris). Paye ton mythe.

>> Isoler les joueurs. On reste dans l’Est, où l’on trouve les experts ès malédiction : les basketteurs de la SIG de Strasbourg. Cinq défaites consécutives en finale de Pro A, série en cours. Mais en 2015, après dix ans de disette, les Alsaciens ont tout de même remporté la Leaders Cup et la Coupe de France. Pierre Tavano, alors l’adjoint de Vincent Collet :

Il y a toujours des joueurs différents qui arrivent… Mais le problème, c’est ce qu’on leur met dans la tête. Les supporters, les médias, les dirigeants leur disent : « on n’a jamais gagné, il faut le faire cette fois ! » On crée la malédiction en en parlant. Donc on essayait d’isoler le groupe et de se concentrer sur le sportif. Je pense que si on a gagné en 2015, c’est justement parce qu’on avait pas le temps de gamberger : la Leaders Cup, c’est en trois jours, et la Coupe de France, comme on joue l’Europe et le championnat entre-temps… Tout s’enchaîne !

Compatibilité avec l’OM : 75 %. Peu d’interview cette semaine, Abdennour en conf'. A Marseille, on isole, on isole…

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>> Casser la routine. Des disqualifications cruelles, un coup de chaud, et, enfin, une gastro en Mondiovision à Rio… Yohann Diniz, c’était jusqu’à cet été une de plus grosse poisse du sport français. C’est à 39 ans qu’il a remporté son premier titre majeur, aux Mondiaux de Londres, cet été. Son entraîneur, Gilles Rocca :

J’ai réussi à le convaincre de changer la préparation, et surtout de ne pas aller à Font-Romeu. Il y a des bienfaits physiologiques indéniables mais c’est un tout petit monde, avec tous les athlètes du monde qui se préparent… Ne parler que de ça, être dans l’athlé 24 heures sur 24, ce n’était pas bon pour Yohann ! On est resté à Reims et à Soissons, c’était beaucoup plus calme, il avait la banane aux entraînements. Si un chrono ou une distance n’était pas paramétrée au mètre près (je suis un peu bordélique), ça n’avait aucune incidence ! Il était beaucoup plus tranquille que d’habitude.

Compatibilité avec l’OM : 55 %. La préparation a été tronquée par la trêve internationale, les internationaux reviennent au compte-gouttes… Quelque part, ça change.

>> Faire appel à un pro. Les Jaunards, poissards parmi les poissards. On ne pouvait faire un tel article sans appeler un rugbyman Clermontois. Treize finales de Top 14, onze défaites. Un zéro sur trois en Coupe d’Europe. Elvis Vermeulen était de la victoire 2010, premier titre de l’histoire montferrandaise :

On avait fait une grosse préparation mentale, avec Denis Troch. Il nous faisait travailler sur des petits détails, des petits rituels. Quand un joueur allait au sol, il fallait tout de suite le relever, lui donner une tape derrière l’épaule, même à l’entraînement. On se dit souvent qu’un sportif, ça doit être très fort… Mais non, on peut avoir des faiblesses psychologiques ! Le jour J, l’appréhension était là, mais on la sentait répartie sur les épaules de toute l’équipe. On avait trouvé ces leviers dans le collectif.

Compatibilité avec l’OM : 10 %. Aux dernières nouvelles, l’OM n’a toujours pas de préparateur mental. Mais Rod Fanni « l’ambianceur » n’est pas loin…