Bernard Sainz, le «Dr Mabuse» du cyclisme, devant la justice

DOPAGE Epilogue d'une affaire de dix ans…

© 2008 AFP

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Bernard Sainz, jugé près de dix ans après les faits pour trafic et administration de substances dopantes, s'est présenté mercredi comme un "spécialiste de l'antidopage" ayant tenté de contrecarrer les effets délétères des produits "massivement prescrits" par les médecins des équipes cyclistes.
Bernard Sainz, jugé près de dix ans après les faits pour trafic et administration de substances dopantes, s'est présenté mercredi comme un "spécialiste de l'antidopage" ayant tenté de contrecarrer les effets délétères des produits "massivement prescrits" par les médecins des équipes cyclistes. — Pierre Verdy AFP/Archives

L'ex-soigneur Bernard Sainz et son complice présumé, l'avocat Bertrand Lavelot, comparaissent à partir de mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour trafic de «substances vénéneuses et de produits dopants» dans le milieu cycliste. Une affaire qui dure depuis près de dix ans.

Bernard Sainz, surnommé «Dr Mabuse», est soupçonné d'avoir administré ces produits, prescrit des analyses sanguines et effectué des consultations sans avoir le titre de médecin. Il sera également jugé pour «exercice illégal de la médecine».

«Défenseur d'une autre médecine»

L'affaire débute pendant le Tour de France 1998, marqué par le scandale Festina. Soupçonnés pendant de longs mois par la brigade des stupéfiants de se livrer à des trafics, placés sur écoute et filés, les deux hommes sont arrêtés en mai 1999.

Avocat de sportifs, notamment de cyclistes convaincus de dopage qu'il défendait devant les instances fédérales, à l'instar de Richard Virenque, Bertrand Lavelot aiguillait les sportifs en quête de produits vers Sainz, éleveur de chevaux, autoproclamé homéopathe et «défenseur d'une autre médecine» après avoir échoué à obtenir son diplôme de médecin.

Témoignages

Parmi les substances délivrées, des corticoïdes, des stéroïdes anabolisants, de l'érythropoïétine (EPO). Les enquêteurs retrouvent aussi des seringues, des produits, de l'argent liquide et des documents expliquant comment échapper aux contrôles au cabinet de Bertrand Lavelot.

Trois coureurs (Philippe Gaumont, Yvon Ledanois et Pascal Peyramaure), soupçonnés d'avoir participé au trafic, avaient été mis en examen dans ce dossier avant de bénéficier d'un non-lieu. C'est sur leurs témoignages que repose l'essentiel des charges, puisque les produits découverts lors des perquisitions chez Sainz n'ont jamais permis de corroborer leurs dires.

Dopage de chevaux

Placé sous contrôle judiciaire depuis les faits, Bernard Sainz a été brièvement écroué en 2002, après avoir été arrêté en excès de vitesse en Belgique en possession de produits destinés, selon lui, au coureur belge Frank Vandenbroucke.

Il a par ailleurs été mis en examen en juin 2005 dans une enquête sur le dopage présumé de chevaux dans l'Orne.

Bertrand Lavelot relaxé

Par un jugement du Tribunal de Grande instance de Paris du 11 avril 2008, Bertrand Lavelot a été définitivement relaxé des faits qui lui étaient reprochés.