VIDEO. JO 2018: Un haut dirigeant nord-coréen se rendra au Sud pour une visite historique

PENINSULE CORENNE Kim Yong-nam, qui est sur le papier le chef de l'Etat nord-coréen, sera le plus haut dirigeant de Corée du Nord à s'être jamais rendu au Sud...

M.C. avec AFP

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Le chef de l'Etat nord-coréen Kim Yong-nam (à g.) et le dirigeant Kim Jong-un à Pyongyang, le 15 avril 2017. Ni l'un ni l'autre n'ont le titre de président de la Corée du Nord.

Le chef de l'Etat nord-coréen Kim Yong-nam (à g.) et le dirigeant Kim Jong-un à Pyongyang, le 15 avril 2017. Ni l'un ni l'autre n'ont le titre de président de la Corée du Nord. — Wong Maye-E/AP/SIPA

Un signe supplémentaire de la « détente » sur la péninsule coréenne. Le chef de l’Etat de la Corée du Nord, Kim Yong-nam - dont la fonction est largement honorifique -, assistera cette semaine à la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver de Pyeongchang (9-25 février) en Corée du Sud.

D’un point de vue protocolaire, Kim Yong-nam sera le plus haut responsable nord-coréen à s’être rendu au sud de la Zone démilitarisée (DMZ), cette frontière qui divise la péninsule depuis la Guerre (1950-1953).

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Ces Jeux olympiques ont permis une amélioration inattendue des relations intercoréennes depuis début janvier, après deux années de tensions liées aux programmes nucléaire et balistiques de Pyongyang. La visite de Kim Yong-nam sera, sur le plan diplomatique, le point d’orgue du rapprochement opéré entre les deux camps. Mais on ignore si cette « détente » ira au-delà de la trêve olympique.

Le plus haut dirigeant de Corée du Nord à se rendre au Sud

Kim Yong-nam, qui n’a pas de liens du sang avec Kim Jong-un, est le « président du présidium » de l’Assemblée populaire suprême - le Parlement contrôlé par le parti unique. Il occupe les fonctions honorifiques de chef de l’Etat. Ce très haut dignitaire arrivera vendredi pour une visite de trois jours, en compagnie de trois autres dirigeants et de 18 conseillers, a précisé le ministère en relayant ce que Pyongyang lui avait annoncé.

Etant sur le papier le chef de l’Etat nord-coréen, Kim Yong-nam sera le plus haut dirigeant de Corée du Nord à avoir jamais mis les pieds au Sud. Mais son poids politique est difficile à déterminer. Il avait déjà conduit la délégation nord-coréenne aux jeux de Pékin en 2008 et à ceux de Sotchi en 2014, mais il n’a pas le titre de président de Corée du Nord.

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Kim Jong-un ne l’a pas non plus, car c’est son grand-père, Kim Il-Sung, le fondateur du régime, qui, 24 ans après sa mort, demeure le « Président éternel de la Répoublique populaire et démocratique de Corée ».

Le président sud-coréen bientôt invité par Kim Jong-un ?

Le rang protocolaire de Kim Yong-nam commande théoriquement qu’il soit reçu par le président sud-coréen Moon Jae-in, estime Cheong Seong-chang, politologue à l’Institut Sejong. « Dans la hiérarchie du parti, Kim Yong-nam arrive deuxième, juste après Kim Jong-un », explique-t-il. « Je l’interpréterais comme un signe de la volonté de Kim Jong-un d’améliorer les relations intercoréennes. » S’ils se rencontrent, Kim Yong-nam pourrait inviter Moon Jae-in à Pyongyang pour un prochain sommet avec Kim Jong-un, a-t-il ajouté.

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Un des autres invités de marque de cet événement sera le vice-président américain Mike Pence. Ce qui n’est pas anodin, au vu des échanges d’insultes des derniers mois entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un.