Tennis: «La Coupe Davis à Brest? Pourquoi pas», répond le héros de 2001, Nicolas Escudé
INTERVIEW•On dirait le «Scud'», le temps dure longtemps...Propos recueillis par Jeremy Goujon
L'essentiel
- Le frère de l'ancien footballeur rennais Julien Escudé restera à tout jamais celui qui a terrassé les Australiens chez eux, dont le n°1 mondial de l'époque, Lleyton Hewitt.
- En parlant de Bretagne, il se pourrait que la plus prestigieuse des compétitions tennistiques par équipes fasse escale dans le 29.
Héros de la dernière campagne victorieuse de la France en Coupe Davis (2001), Nicolas Escudé est aujourd’hui directeur de l’Open Challenger de Brest, qui s’est achevé dimanche par le triomphe du jeune Tricolore Corentin Moutet (18 ans). L’occasion d’évoquer avec le « Scud' » (41 ans) la possibilité de voir, un jour, les Bleus échanger quelques balles à la Brest Arena…
Vous voyiez venir le succès de Corentin Moutet, ainsi passé de la 224e à la 160e place du classement ATP ?
Avec 32 joueurs sur la même ligne au départ du tournoi, ça faisait forcément beaucoup de vainqueurs potentiels, et lui ne faisait pas partie des favoris, puisqu’on avait huit joueurs dans les 100 premiers mondiaux. Après, au vu de son entame et sa victoire contre le tenant du titre, à savoir Norbert Gombos [éliminé dès le 1er tour], il était bien lancé. Il est monté crescendo en pression au fur et à mesure des adversaires qu’il a pu battre, et il a fait son meilleur match en finale. On est ravis pour Corentin, moi le premier. Il bénéficiait cette année d’une wild-card, et le voir arriver au bout, c’est vraiment une très bonne chose, pas mal d’années après la victoire de Jérôme [Golmard, disparu cet été et précédent Français lauréat dans le Finistère, en 1998].
Vous avez également fait référence au dernier joueur âgé de 18 ans, avant Moutet, à s’être imposé dans la cité du Ponant, autrement dit un certain Roger Federer (1999). N’est-ce pas déjà mettre un peu de pression sur les épaules du jeune Français ?
Oh, c’était juste histoire de faire un petit clin d’œil ! Je ne pense pas que beaucoup de joueurs arriveront à rééditer la carrière de Roger Federer. Mais on a déjà assisté à une première mondiale ce week-end : on n’avait jamais vu, dans l’histoire du tennis et des tournois Challenger, une finale entre deux joueurs de moins de 20 ans [le finaliste grec Stéfanos Tsitsipás, récent tombeur du Belge David Goffin, en a 19]. De par son positionnement dans le calendrier, l’Open de Brest doit servir de tremplin pour les nouvelles générations.
aCe serait également une première si Brest accueillait à l’avenir une rencontre de Coupe Davis, rêve avoué du président de l’Open, Stéphane Abjean, avec vous bien sûr comme « entremetteur »…
Disons qu’il y a l’outil, déjà, avec cette magnifique enceinte qu’est l’Arena, et ses plus de 4.000 places en configuration tennis. On a eu la visite, en début de semaine dernière, du président de la Fédération française, Bernard Giudicelli. Il est venu voir le tournoi, regarder un peu les installations… L’idée fait forcément son chemin, donc pourquoi pas ? Mais aucune date n’a encore été avancée, c’est trop frais. Et si on arrive un jour à organiser une Coupe Davis sur Brest, ce sera de toute façon un premier tour.
Cet appel du pied intervient à moins d’un mois, désormais, de la finale France-Belgique à Lille (24-26 novembre). Avec les derniers bons résultats tricolores, considérez-vous que Yannick Noah sera confronté à un casse-tête pour composer son équipe ?
Non, je ne pense pas. Il va partir avec cinq ou six joueurs en stage de préparation, avant d’annoncer les quatre qui vont être retenus sur la feuille de match. On voit effectivement que les numéros 1 et 2 français [Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille] reviennent bien en cette fin de saison, avec la victoire de Jo à Anvers et cette finale à Vienne. C’est forcément une bonne chose ! J’aurais tendance à penser que ces deux-là se détachent un peu. Et puis, à côté d’eux, on a quand même une paire de double qui a été n°1 mondiale l’année dernière [Pierre-Hugues Herbert-Nicolas Mahut], et qui est toujours dans les hauteurs de la hiérarchie.
Tous les voyants sont au vert, donc ?
Oui, même s’il peut encore se passer beaucoup de choses à l’approche du week-end lillois. On ne leur souhaite évidemment pas, mais des blessures peuvent éventuellement surgir, par exemple. Il reste le tournoi de Bercy, et je crois d’ailleurs que Jo a encore une chance d’aller au Masters [Pouille également]. Ça lui ferait deux tournois avant la finale de Coupe Davis, donc voilà… Pour l’instant, les Français sont tous en forme, et ont l’air de vraiment très bien jouer. Mais en face, ce ne sera pas non plus des manchots. David Goffin est n°10 mondial, Steve Darcis, « Monsieur Coupe Davis en Belgique », a souvent qualifié son pays lors du 5e match décisif… Ils ne sont pas arrivés là par hasard, mais la France sera, quoi qu’il arrive, favorite.


















