Ligue 1: Avant Strasbourg-Angers, ce que le Racing peut apprendre du SCO pour s'installer dans l'élite

FOOTBALL Le Racing club de Strasbourg reçoit Angers au stade de la Meinau samedi à 20h, pour le compte de la 11e journée de Ligue 1...

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Stéphane Bahoken, buteur lors de la victoire du RCS contre l'ASSE en Coupe de la Ligue
Stéphane Bahoken, buteur lors de la victoire du RCS contre l'ASSE en Coupe de la Ligue — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Strasbourg affronte Angers ce samedi à 20h au stade de la Meinau dans le cadre de la 11e journée de Ligue 1.
  • Le Racing, promu, pourrait s'inspirer du SCO pour s'établir durablement dans l'élite du foot français.

Le travail effectué pour permettre à Strasbourg de retrouver l’élite a souvent été cité en exemple ces derniers mois pour Bastia, depuis la relégation du club corse. A l’inverse, de quel club pourrait bien s’inspirer le promu alsacien pour, maintenant qu’il l’a retrouvée, durer en Ligue 1 ? Début de réponse avec son prochain adversaire.

Oui, pourquoi ne pas prendre pour modèle Angers, que le Racing affronte ce samedi (20h) à la Meinau pour le compte de la 11e journée de Ligue 1 ? Avec toujours l’un des plus petits budgets du championnat, le SCO joue sa troisième saison consécutive dans l’élite. Un parcours ponctué, outre de maintiens tranquilles, par une finale de Coupe de France.

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A cette question, la réponse du défenseur strasbourgeois Pablo Martinez, arrivé d’Angers cet été, est sans détour : « Je pense que c’est l’exemple à suivre. C’est leur troisième saison en Ligue 1. Ils ne font pas de bruit mais ils sont là ! Donc si on veut pérenniser le Racing à ce niveau, je pense qu’il faut s’y prendre de cette manière ; »

Cette manière ? On connaît la « dalle angevine », mais le modèle angevin pour performer avec des moyens modestes, ça ressemble à quoi ?

Budget. A hauteur d’environ 28 millions d’euros désormais, le budget du SCO, le 17e de Ligue 1 cette saison, reste limité. Et même derrière le promu strasbourgeois (30 millions d’euros). « Mais on s’accommode de cette rudesse. On n’a pas de marge, on fait toujours partie du grupetto qui doit lutter. Ça force à l’humilité, sans nous enlever pour autant nos ambitions », juge Olivier Pickeu, manager général d’Angers. Pour disposer à l’avenir d’un budget plus proche de la moyenne dans l’élite, les Angevins comptent notamment sur la prime de notoriété, versée au club après cinq ans passés dans l’élite.

Structures. Lorsqu’il était encore en Ligue 2, le SCO s’était attaché à construire de nouvelles structures pros. Dont un centre de formation des plus récents, depuis sa construction en 2013, « pour passer un cap du point de vue athlétique », dixit le manager général. Pablo Martinez confirme : « Pour un joueur pro, c’était exceptionnel parce qu’on avait tout sur place, tout à disposition. Strasbourg a de très belles infrastructures aussi, on n’a pas à se plaindre. C’est juste un peu vieillissant. Je pense que quelques retouches feraient du bien (Sourire). »

A noter que la ville de Strasbourg a lancé au printemps une étude avec plusieurs pistes pour les restructurer, agrandir et moderniser (aucune date n’est avancée pour le résultat de l’étude), tandis que le président du Racing Marc Keller souhaite voir la capacité de la Meinau portée à 33.000 places d’ici 4 ans. De son côté, Angers est, lui, devenu gestionnaire de son stade pour 35 ans.

Effectif. Olivier Pickeu rappelle : « Quand on est monté en 2015, on avait 0 euro pour acheter. J’ai donc misé sur des joueurs en fin de contrat, avec des Cheick Ndoye, Billy Ketkeophomphone, Gilles Sunu, Ludovic Butelle, Romain Saïss… Après avoir surperformé, on s’est maintenu avec eux. Et puis on a fait des ventes qui nous ont permis de réinvestir une partie dans le recrutement, et ainsi de suite. »

« De joueurs en fin de contrat, on est passé à des achats en Ligue 2, puis à d’autres, en Ligue 1, avec des jeunes comme Enzo Crivelli et Baptiste Guillaume qui, aujourd’hui, viennent eux aussi franchir un palier chez nous. On veut être le club qui fait passer un cap, grâce à notre staff de qualité. »

 

Formation. Le centre de formation angevin attaque sa cinquième année seulement, des joueurs recommencent petit à petit à en sortir. « Nicolas Pépé est le premier joueur vendu (à Lille) de cette génération passé par notre centre », indique encore le directeur sportif. Ce qui permet au club de gagner de l’argent (10 millions d’euros dans ce cas), réinvesti à 33 % pour ses fonds propres, 33 % pour ses infrastructures et 33 % pour son recrutement, preuve d’un développement voulu global. Quant au centre de formation strasbourgeois, il tente également de rattraper son retard après l’obtention de l’agrément de la fédération début 2017.

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Staff. Mot-clé au SCO, la stabilité se retrouve aussi dans la gestion de son staff : « Désormais à Troyes, Jean-Louis Garcia est resté cinq ans à nos côtés, puis Stéphane Moulin, qui a pris sa place d’entraîneur après cinq années passées avec l’équipe réserve, est en poste depuis 2011, liste Olivier Pickeu. Bien imbriqués, les hommes et les compétences permettent de réussir. » Fin juillet, Strasbourg prolongeait son coach Thierry Laurey d’une saison, engagé désormais jusqu’en 2019.

La découverte de Ligue 1. « Strasbourg risque de connaître des phases que nous avons vécues en 2015, comme le plan du rythme par exemple. Car, lorsqu’on demande beaucoup à un effectif sur ce plan, on peut avoir des blessures. Cela nous avait demandé une grosse réflexion. » Eh bien, coach Laurey doit déjà composer avec une infirmerie bien pleine. Et ne cesse de répéter que l’équipe qui commence la saison est rarement celle qui la poursuit et la termine. « Je ne pense pas que Strasbourg puisse se permette d’avoir une équipe type. On aura besoin de tout le monde pour se maintenir », a ajouté le tacticien alsacien mercredi après la victoire de ses hommes contre Saint-Etienne en Coupe de la Ligue.