Affaire Laporte-Altrad: Le boss de la FFR attaque «L'Equipe» en diffamation

RUGBY Bernard Laporte va poursuivre le quotidien « L'Equipe » pour diffamation devant le tribunal de Paris...

W.P., avec AFP
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Bernard Laporte et Mohed Altrad, lors du match entre  Montpellier et Toulouse le 19 février 2017.
Bernard Laporte et Mohed Altrad, lors du match entre Montpellier et Toulouse le 19 février 2017. — Franck PENNANT / AFP

Un nouveau chapitre s’ouvre dans l’affaire Laporte-Altrad. Le président de la FFR a annoncé par la voix de son avocat qu’il poursuivrait  L’Equipe pour diffamation devant le tribunal de Paris. Le quotidien soupçonne l’ancien sélectionneur français de favoritisme envers le club de Montpellier, propriété de l’homme d’affaires Mohed Altrad.

Une « accusation dénuée de tout fondement »

Bernard Laporte fait citer à comparaître le directeur de la publication du quotidien sportif pour « diffamation publique envers un citoyen chargé d’un service public », ainsi que le journaliste Frédéric Bernes, auteur de quatre articles publiés entre le 30 août et le 18 octobre sur cette affaire.

Dans ces publications, intitulées notamment « Laporte, le coup de fil piège » ou « Le jour où on a soufflé à l’oreille de Laporte », le journal affirme que le président de la FFR est intervenu auprès de la commission d’appel fédérale qui, le 30 juin, a diminué des sanctions prises en première instance contre Montpellier.

« Cette citation directe était inéluctable après une série d’articles qui répètent une accusation dénuée de tout fondement », a expliqué Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. Depuis la révélation de l’affaire mi-août par le JDD puis par L’Equipe, sept membres sur treize ont démissionné de la commission d’appel de la FFR.

Le ministère des Sports a diligenté une enquête administrative

Bernard Laporte a certes reconnu avoir téléphoné à Jean-Daniel Simonet, président de cette commission, mais dément toute pression en faveur du club héraultais. « Il a téléphoné car il pensait que la décision avait été prise, mais il n’a en aucun cas voulu la modifier », selon Me Versini-Campinchi, précisant que ce coup de téléphone a eu lieu le 30 au matin. La commission d’appel s’est réunie le 29 juin et a rendu sa décision le lendemain.

Le ministère des Sports a diligenté une enquête administrative pour faire la lumière sur cette affaire, très embarrassante en pleine candidature de la France pour l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Le vote final est fixé au 15 novembre. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont terminé leurs auditions.

La procédure de la citation directe assure aux plaignants la tenue d’un procès. Une audience de procédure préalable a été fixée au 13 décembre, selon l’avocat de Bernard Laporte, qui réclame 20.000 euros de dommages et intérêts aux prévenus.