XV de France: Des calculs, des jeunes et pas trop de pression… Ce qu'on a retenu de la liste de Guy Novès

RUGBY Le sélectionneur de l'équipe de France a donné sa liste pour les tests de novembre…

Antoine Huot de Saint Albin
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Quatre hommes pour un coup fin
Quatre hommes pour un coup fin — AFP / Montage Fotor - 20 Minutes

Ça sentait les pneus neufs. Non, pas ceux que les joueurs de l’équipe de France vont s’amuser à soulever à Marcoussis, pour préparer les tests de novembre, mais ceux des grosses cylindrées présentes dans la concession BMW du quinzième arrondissement parisien, où Guy Novès a annoncé, mercredi, les 32 joueurs retenus pour cette belle tournée automnale. De grosses cylindrées, les Bleus vont justement en affronter pendant trois semaines : la Nouvelle-Zélande, par deux fois, puis l’Afrique du Sud et le Japon. Après un Tournoi des VI Nations bien morose et une tournée d’été chez les Springboks catastrophique, Guy Novès doit refaire chanter le coq français, sous peine d’avoir la tête coupée avant les fêtes de fin d’année. Alors il a tranché.

>> Cédric Villani nous aurait bien aidés

Si les chiffres ne vous bottent pas des masses, il ne fallait pas trop suivre la liste de l’ancien entraîneur du Stade Toulousain. Des joueurs, des dates, des mouvements, il y avait toutes les équations, sans inconnues. Résumons : avec quatre matchs en trois semaines, Novès a fait deux listes. La première, la principale, de 32 joueurs, pour affronter la Nouvelle-Zélande, le 11 novembre au Stade de France. Dans la deuxième liste, 14 joueurs qui, eux, se rendront le 11 novembre... à Lyon, pour y préparer le deuxième match face à la Nouvelle-Zélande trois jours plus tard. La deuxième liste sera renflouée par huit joueurs qui ne figureront pas sur la feuille de match à Saint-Denis. Si vous arrivez pas à suivre, n'hésitez pas à contacter le matheux-député Cédric Villani sur le site de l'Asssemblée. « Le point positif de ces matchs rapprochés, c’est qu’on va pouvoir observer le réservoir du rugby français. On va pouvoir faire une belle évaluation pour l’avenir », analyse Guy Novès, deux feuilles A3 en main.

Avec quelle organisation pour le staff ? « Les conditions sportives ne sont pas simples, reconnaît-il. Tout le staff sera présent lors des douze premiers jours, pour préparer le premier match contre les Blacks. Certains iront à Lyon dès le vendredi, d’autres le samedi. Il y aura un staff complet pour préparer ce deuxième match. » Novès, de son côté, se rendra dans la capitale des Gaules uniquement le jour du match, car « à l’issue du premier test, il y aura le débriefing, puis la préparation du match face à l’Afrique du Sud. » Ça va faire un paquet de Miles tout ça.



>> Place aux jeunes

Bernard Laporte, le président de la fédération, avait poussé Guy Novès il y a quelques jours à prendre plus de jeunes dans son équipe. Le sélectionneur des Bleus est sans doute assez grand pour prendre des décisions tout seul, mais le fait est que parmi les 32 joueurs, quatre ont 21 ans (Belleau, Cancoriet, Dupont et Jelonch), dix autres n’ont pas passé le quart de siècle, et plusieurs (Tauleigne, Lambey, Lacroix ou Gabrillagues) pourraient fêter leur première sélection. « C’est maintenant qu’il faut faire les choix, pas demain, a expliqué le sélectionneur. On tient compte des performances des jeunes joueurs depuis le début de la saison. C’est pour ça qu’on se retrouve avec une sélection avec un visage nouveau. »

Et on ne vous parle même pas des Barbarians, cette équipe de France N°2, composée à 99% de jeunes joueurs pour « préparer l’avenir du rugby français ».



>> Raka a un soutien de poids

Et si les ailes françaises devenaient fidjiennes ? Après Virimi Vakatawa, Alivereti Raka pourrait également faire son apparition en Bleu dans les prochains mois. En attente d’une naturalisation française, l’ailier de Clermont a, en tout cas, eu le soutien du sélectionneur mercredi. « Il y a 54 % d’étrangers dans le Top 14, seulement 46 % de Français et si on enlève les très jeunes, les très vieux et les blessés, ça limite le choix. Pourquoi empêcherait-on un garçon qui a un enfant avec une Française, qui fait les efforts pour parler français et qui est très bon de jouer avec nous ? », a jugé Novès, dans des propos rapportés par Rugbyrama.

En attendant le tout puissant Raka, le rapide Gabriel Lacroix fait, lui sa première apparition. L’ailier de La Rochelle, auteur de dix essais la saison dernière, est toujours aussi chaud cette année.

>> La porte n’est pas fermée pour Maestri et Atonio

C’est la phrase typique de tous les sélectionneurs de toutes les équipes nationales du monde entier : « Personne, absolument personne n’est écarté. Mais on est obligé de faire des choix », a répété Guy Novès pour répondre à l’absence de ces listes du pilier Uini Atonio et la relégation de l'ancien vice-capitaine Yoann Maestri dans « l’équipe B ». Les 32 joueurs présents dans cette liste ne devraient d'ailleurs pas être tous là lors du Tournoi des VI Nations en 2018. En cause, aussi, les nombreuses blessures qui touchent, notamment, la troisième ligne française. Chouly, Camara, Ollivon, Goujon, Sanconnie… La liste des internationaux sur le flanc est longue.

« Quand on a cinq troisièmes lignes blessés, on est obligé de permettre à des joueurs de nous rejoindre. On laisse l’équipe de France aux mains de tous les joueurs, qui ont une carte importante à jouer », a résumé Novès. 

>> La pression, quelle pression ?

Oui, Bernard Laporte a demandé des résultats impératifs à Guy Novès en novembre. « Il faut gagner trois matchs sur quatre, expliquait le président de la Fédé à RMC.
Si un président et un sélectionneur ne sont pas ambitieux, ce n’est pas la peine d’y aller. » Mercredi, devant la presse et les bolides, Guy Novès semblait pourtant très éloigné de tout ça. « L’ambition, c’est d’être le meilleur possible, d’essayer de gagner face à des nations qui n’ont plus rien à prouver. Notre but, c’est de respecter notre maillot, de sentir qu’il y a une progression et de répondre à l’attente du public français », a assuré Guy Novès.

Du côté de la Fédération, Bernard Laporte, qui était en train de faire campagne pour que la France accueille la Coupe du monde 2023, était absent de cette petite réunion de famille. Serge Simon, le numéro 2 de la FFR, était là pour le remplacer. Deux-trois mots sans trop d’importance, avant de passer la parole à Novès. Pas de pression directe, donc. Mais le Toulousain sait très bien qu’en cas de contre-performance cet automne, il pourrait être démis de ses fonctions.